Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et lorsqu’il en parlait, la chose advenait, comme cela est rapporté dans ses récits, lesquels sont nombreux. Parmi ces récits :
– Un homme entra auprès de lui et lui dit : « Je pense que tu es un devin », et l’affaire se réalisa comme il l’avait pensé – rapporté par al-Bukhârî.
– Il interrogea un autre homme sur son nom et y trouva tous les noms liés au Feu. Il lui dit alors : « Rattrape ta famille, car ils ont brûlé. » La chose se produisit exactement comme il l’avait annoncée – rapporté dans le Muwaṭṭaʾ.
Un éclaircissement supplémentaire sera donné à ce propos dans la sourate al-Ḥijr, si Allah – Très-Haut soit-Il – le veut.

[Coran, sourate Yûsuf (12), verset 42]
« Il dit à celui dont il savait avec certitude qu’il serait sauvé : “Évoque-moi auprès de ton seigneur.” Mais le Diable lui fit oublier de mentionner son Seigneur, et il demeura en prison quelques années. »

Ce passage comporte cinq questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut : « Il dit à celui dont il avait la certitude… ». Ici, le verbe « ẓanna » (« penser ») signifie « être certain », selon la plupart des exégètes. Qatâda l’a toutefois expliqué par le sens ordinaire de « conjecturer », disant : « Yûsuf n’a fait que supposer sa délivrance, car l’interprète conjecture tandis que ton Seigneur crée ce qu’Il veut. » La première explication est la plus correcte et la plus conforme à la condition des prophètes : ce que Yûsuf annonça aux deux jeunes gens quant à l’interprétation du rêve provenait de la Révélation. Ce n’est qu’une conjecture aux yeux des hommes ; quant aux prophètes, leur jugement est véridique quelles que soient les circonstances.

Deuxièmement – La parole du Très-Haut : « Évoque-moi auprès de ton seigneur », c’est-à-dire auprès de ton maître. En arabe, il est courant d’appeler le maître « rabb ». Al-Aʿshâ a dit :
« Mon seigneur est généreux, jamais il n’altère un bienfait ;
Et lorsque l’on récite (un poème) sur les parchemins, il répond. »
Autrement dit : rappelle-lui ce que tu as vu et l’interprétation que j’ai donnée du rêve, et informe-le que je suis injustement emprisonné sans aucune faute.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim et ailleurs, d’après Abû Hurayra, le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Que nul d’entre vous ne dise : “Abreuve ton rabb, nourris ton rabb, fais briller la demeure de ton rabb” ; que personne ne dise : “mon rabb”, mais qu’il dise : “mon seigneur, mon maître”. De même, que nul ne dise : “mon esclave, ma servante”, mais qu’il dise : “mon garçon, ma jeune fille, mon domestique”. »

Et dans le Coran : « Évoque-moi auprès de ton seigneur… »

وَإِذَا تَكَلَّمَ بِهِ وَقَعَ، عَلَى مَا وَرَدَ فِي أَخْبَارِهِ، وَهِيَ كَثِيرَةٌ، مِنْهَا- أَنَّهُ دَخَلَ عَلَيْهِ رَجُلٌ فَقَالَ لَهُ: أَظُنُّكَ كَاهِنًا فَكَانَ كَمَا ظَنَّ، خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ. وَمِنْهَا- أَنَّهُ سَأَلَ رَجُلًا عَنِ اسْمِهِ فَقَالَ لَهُ فِيهِ أَسْمَاءَ النَّارِ كُلِّهَا، فَقَالَ لَهُ: أَدْرِكْ أَهْلَكَ فَقَدِ احْتَرَقُوا، فَكَانَ كَمَا قَالَ: خَرَّجَهُ الْمُوَطَّأُ. وَسَيَأْتِي لِهَذَا مَزِيدُ بَيَانٍ فِي سُورَةِ " الْحِجْرِ" «١» إِنْ شاء الله تعالى. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٤٢]] وَقالَ لِلَّذِي ظَنَّ أَنَّهُ ناجٍ مِنْهُمَا اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ فَأَنْساهُ الشَّيْطانُ ذِكْرَ رَبِّهِ فَلَبِثَ فِي السِّجْنِ بِضْعَ سِنِينَ (٤٢) فِيهِ خَمْسُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَقالَ لِلَّذِي ظَنَّ) "" ظَنَّ " هُنَا بِمَعْنَى أَيْقَنَ، فِي قَوْلِ أَكْثَرِ الْمُفَسِّرِينَ وَفَسَّرَهُ قَتَادَةُ عَلَى الظَّنِّ الَّذِي هُوَ خِلَافُ الْيَقِينِ، قَالَ: إِنَّمَا ظَنَّ يُوسُفُ نَجَاتَهُ لِأَنَّ الْعَابِرَ يَظُنُّ ظَنَّا وَرَبُّكَ يَخْلُقُ مَا يَشَاءُ، وَالْأَوَّلُ أَصَحُّ وَأَشْبَهُ بِحَالِ الْأَنْبِيَاءِ وَأَنَّ مَا قَالَهُ لِلْفَتَيَيْنِ فِي تَعْبِيرِ الرُّؤْيَا كَانَ عَنْ وَحْيٍ، وَإِنَّمَا يَكُونُ ظَنًّا فِي حُكْمِ النَّاسِ، وَأَمَّا فِي حَقِّ الْأَنْبِيَاءِ فَإِنَّ حُكْمَهُمْ حَقٌّ كَيْفَمَا وَقَعَ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: " (اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ) " أَيْ سَيِّدِكَ، وَذَلِكَ مَعْرُوفٌ فِي اللُّغَةِ أَنْ يُقَالَ لِلسَّيِّدِ رَبٌّ، قَالَ الْأَعْشَى: رَبِّي كَرِيمٌ لَا يُكَدِّرُ نِعْمَةً ... وَإِذَا تُنُوشِدَ «٢» فِي المهارق أَنْشَدَا أَيِ اذْكُرْ مَا رَأَيْتَهُ، وَمَا أَنَا عَلَيْهِ مِنْ عِبَارَةِ الرُّؤْيَا لِلْمَلِكِ، وَأَخْبِرْهُ أَنِّي مَظْلُومٌ مَحْبُوسٌ بِلَا ذَنْبٍ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَغَيْرِهِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَا يَقُلْ أحدكم اسق ربك أطعم ربك وضي رَبّكَ وَلَا يَقُلْ أَحَدُكُمْ رَبِّي وَلْيَقُلْ سَيِّدِي مَوْلَايَ وَلَا يَقُلْ أَحَدُكُمْ عَبْدِي أَمَتِي وَلْيَقُلْ فَتَايَ فَتَاتِي غُلَامِي ". وَفِي الْقُرْآنِ: " اذْكُرْنِي عِنْدَ رَبِّكَ "" إلى
(١). راجع ج ١٠ ص ٤٢. (٢). ويروى: (يناشد بالمهارق) يقول: إذا نوشد بما في الكتب أجاب، أي إذا سئل أعطى. والمهرق: الصحيفة.

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