Cela signifie : « Il ne vous arrivera pas demain de nourriture provenant de votre demeure sans que je ne vous en aie exposé l’interprétation* – afin que vous sachiez que je maîtrise bien l’exégèse de vos songes. »
Ils répondirent : « Fais-le ! » Alors il leur annonça : « Il vous parviendra telle ou telle sorte de nourriture », et la réalité se révéla conforme à sa parole. Ce savoir relevait de l’invisible qu’Allâh avait accordé en privilège à Yûsuf. Il montra ainsi que c’est Allâh qui l’avait favorisé de cette science parce qu’il s’était détourné de la religion d’un peuple qui ne croit pas en Allâh – c’est-à-dire la religion du roi.
Selon moi, le sens général du propos est le suivant : il s’agit (1) de la science de l’interprétation de vos songes, (2) de la connaissance de la nourriture qui vous sera apportée, et (3) de la science de la religion d’Allâh. Écoutez donc d’abord ce qui touche à la foi afin de vous mettre sur la bonne voie. C’est pourquoi il ne leur donna pas l’explication de leurs rêves avant de les convier à l’islam, en leur disant :
« Ô mes compagnons de prison ! Des divinités éparpillées valent-elles mieux, ou Allâh, l’Unique, le Dominateur suprême ? Que servez-vous donc en dehors de Lui ? » (Yûsuf, v. 39-40), toute l’ayah comme on le verra plus loin.
On a dit : il sut que l’un d’eux serait exécuté, et il les invita à l’islam afin qu’ils soient heureux grâce à cette foi. D’autres ont dit : Yûsuf répugnait à interpréter leurs rêves, sachant ce qu’ils recelaient de funeste pour l’un d’eux ; il détourna donc l’entretien vers un autre sujet et dit :
« Il ne vous viendra pas de nourriture [que l’on vous destine] pendant votre sommeil sans que je vous en expose la signification à l’état de veille. » Ainsi l’expliqua As-Suddî.
Ils lui dirent alors : « Ceci relève des pratiques des devins et des astrologues. » Yûsuf – que la paix soit sur lui – leur répondit : « Je ne suis point devin ; cela fait partie de ce que mon Seigneur m’a enseigné. Je ne vous en informe ni par conjecture ni par astrologie ; c’est plutôt une révélation d’Allâh, le Puissant, le Majestueux. »
Ibn Jurayj rapporte : Le roi, lorsqu’il voulait mettre quelqu’un à mort, lui faisait préparer un plat bien connu qu’il lui envoyait. Le sens serait donc : « Il ne vous viendra pas de nourriture que vous recevez à l’état de veille » ; ainsi, « que vous recevez » signifie : qui vous parvient de la part du roi ou d’un autre ; il se peut aussi que ce soit Allâh qui vous pourvoie.
Al-Hasan a dit : il les informait de ce qui était caché, à l’instar de ‘Îsâ – paix sur lui.
On a également avancé que, par cette annonce, il les conviait à l’islam et faisait du dévoilement de l’invisible le signe miraculeux sur lequel ils pourraient se fonder.
Parole d’Allâh : « Et j’ai suivi la voie de mes pères : Ibrâhîm, Is-hâq et Ya‘qûb », car tous trois étaient des prophètes de vérité. « Il ne nous sied pas d’associer quoi que ce soit à Allâh » ; la particule « min » renforce la négation, comme dans : « Il ne m’est venu personne. » Puis Il – Très-Haut – dit : « Cela est de la grâce d’Allâh sur nous » : allusion à la protection dont Il le préserva contre la fornication. « Et sur les gens » : c’est-à-dire les croyants qu’Allâh a préservés du polythéisme.
D’autres expliquent : « Cela est de la grâce d’Allâh sur nous » : en nous établissant comme prophètes ; « et sur les gens » : en nous envoyant comme messagers auprès d’eux. « Mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants » pour la bénédiction de l’unicité et de la foi.
*interprétation : c’est-à-dire ce à quoi elle correspondra effectivement (NDE).