« On a également rapporté que ces songes n’étaient que des visions mensongères qu’ils lui avaient exposées à titre d’épreuve ; tel est l’avis d’Ibn Masʿûd et d’as-Sudî.
D’autres ont dit que celui des deux qui fut crucifié était l’auteur du mensonge tandis que l’autre disait vrai ; c’est l’opinion d’Abû Mijlez.
At-Tirmidhî rapporte, d’après Ibn ʿAbbâs, que le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – a dit :
« Quiconque feint un rêve qu’il n’a pas vu sera astreint, le Jour de la Résurrection, à nouer deux grains d’orge l’un à l’autre, sans jamais y parvenir. »
Abû ʿÎsâ (at-Tirmidhî) dit : « Ce hadith est bon et authentique. »
Il est également rapporté d’après ʿAlî, que le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – a dit :
« Celui qui ment à propos de son rêve sera astreint, le Jour de la Résurrection, à nouer un grain d’orge. »
Et Abû ʿÎsâ de commenter : « C’est un hadith bon. »
Ibn ʿAbbâs rapporte : Lorsque tous deux eurent fait leur songe, ils se réveillèrent accablés de tristesse. Yûsuf leur dit alors : « Pourquoi vous vois-je si affligés ? »
Ils répondirent : « Ô notre maître, nous avons vu quelque chose qui nous répugne. »
Il leur dit : « Racontez-le-moi. » Ils le lui narrèrent et dirent : « Informe-nous de l’interprétation de ce que nous avons vu. » Cela prouve qu’il s’agissait bien d’un songe nocturne.
« Nous te voyons au nombre des bienfaisants (inna narâka mina l-muḥsinîn). »
Sa bienfaisance consistait à visiter les malades, à les soigner et à réconforter les affligés. Ad-Ḍaḥḥâk dit : « Lorsque l’un des détenus tombait malade, il se chargeait de lui ; lorsqu’il était à l’étroit, Yûsuf lui procurait de l’aisance ; quand il manquait de quelque chose, il rassemblait pour lui et sollicitait en sa faveur. »
D’autres ont expliqué « parmi les bienfaisants » comme signifiant « parmi les savants qui ont excellé dans la science », ainsi l’a rapporté al-Farrâ’. Ibn Isḥâq, pour sa part, dit : « Parmi les bienfaisants envers nous si tu nous l’interprètes », à la manière de l’expression : « Fais telle chose, tu seras alors bienfaisant. »
Il leur demanda : « Qu’avez-vous donc vu ? »
Le boulanger dit : « J’ai vu comme si j’avais cuit du pain dans trois fours, puis l’avais placé dans trois corbeilles que j’ai posées sur ma tête ; alors les oiseaux sont venus en manger. »
L’autre déclara : « Moi, j’ai vu comme si je cueillais des grappes de raisin blanc, que j’ai pressées dans trois coupes, puis filtrées pour en faire boire le roi, comme je le fais d’ordinaire. » C’est à cela que fait référence Sa parole : « Je me suis vu en train de presser du khamr », c’est-à-dire du raisin, dans le dialecte dʿOmân, selon ad-Ḍaḥḥâk.
Ibn Masʿûd a lu : « Je me suis vu presser du raisin. »
Al-Aṣmaʿî rapporte d’al-Muʿtamir b. Sulaymân que celui-ci rencontra un bédouin porteur de raisin et lui demanda : « Qu’as-tu avec toi ? » Il répondit : « Du khamr. »
D’après une autre explication, l’expression « presser du khamr » signifie : presser du raisin, le mot qualifié ayant été omis. On dit khamrah, khamr et khumûr comme on dit tamrah, tamr et tumûr.
Yûsuf leur dit alors : « Il ne vous viendra pas de nourriture dont vous soyez pourvus… »