[Sourate Yûsuf (12), versets 36 à 38]
« Deux jeunes gens entrèrent avec lui en prison. L’un d’eux dit : “Je me vois en train de presser du vin”, et l’autre dit : “Je me vois portant sur ma tête du pain dont les oiseaux se nourrissent. Informe-nous de son interprétation ; nous te voyons au nombre des bienfaisants.”
Il répondit : “Il ne vous arrivera aucune nourriture dont vous serez pourvus sans que je vous en donne l’interprétation avant qu’elle ne vous parvienne. Cela fait partie de ce que mon Seigneur m’a enseigné. J’ai délaissé la croyance d’un peuple qui ne croit pas en Allah – et ils nient, eux, la vie dernière –
et j’ai suivi la voie de mes pères : Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous sied point d’associer quoi que ce soit à Allah. Voilà une grâce d’Allah envers nous et envers les gens ; mais la plupart des gens ne rendent pas grâce. »
Sa parole, exalté soit-Il : « Et deux jeunes gens entrèrent avec lui en prison. »
« Fatayân » est le duel de « fatâ » (jeune homme), terme appartenant aux noms qui prennent le yâ’ dans leurs dérivés ; l’usage du pluriel al-futū est irrégulier.
Wahb et d’autres rapportent : Yûsuf fut emmené au cachot, entravé, juché sur un âne, tandis que l’on faisait circuler autour de lui cette proclamation : « Voici le sort de celui qui désobéit à sa maîtresse ! » — et lui répétait : « Ceci est plus facile que les lambeaux de feu, les tuniques de bitume, la boisson brûlante et la nourriture du zaqqûm. »
Lorsque Yûsuf parvint en prison, il y trouva des gens dont tout espoir était anéanti et l’épreuve extrême. Il leur disait : « Soyez patients et réjouissez-vous, vous serez rétribués. » Ils lui dirent : « Ô jeune homme, que tes propos sont beaux ! Qu’Allah bénisse notre voisinage avec toi. Qui es-tu donc, ô jeune homme ? » Il répondit : « Je suis Yûsuf, fils de l’intime d’Allah, Ya‘qûb, fils de l’égorgé pour Allah, Is-hâq, fils de l’ami d’Allah, Ibrâhîm. »
Ibn ‘Abbâs raconte : Lorsque la femme dit à son époux : « Cet esclave hébreu m’a déshonorée ; je veux que tu l’emprisonnes », on l’incarcéra. Dans sa détention, Yûsuf consolait l’affligé, visitait le malade, pansait le blessé ; il passait toute la nuit en prière, pleurant tant que les murs, les toits et les portes pleuraient avec lui. La prison fut purifiée par sa présence et ses occupants s’attachèrent à lui ; si bien que lorsqu’un détenu sortait, il revenait s’asseoir de nouveau dans la prison