On voit clairement cela dans Son propos : « pour eux » et non « pour elles ». Il a donc rapporté les faits au sujet des femmes et de leurs auxiliaires, et a fait prévaloir le masculin ; c’est l’explication d’Abû ʿAlî.
As-Suddî rapporte : la raison de l’emprisonnement de Yûsuf fut que l’épouse de l’Azîz se plaignit auprès de son mari en prétendant qu’il l’avait diffamée et avait divulgué son histoire ; le pronom « pour eux » renverrait alors au roi.
Troisièmement – Au sujet de la parole du Très-Haut : « jusqu’à un certain temps », c’est-à-dire pour une période indéterminée, selon l’avis de nombreux exégètes. Ibn ʿAbbâs dit : jusqu’à ce que cesse la rumeur qui circulait dans la ville. Saʿîd ibn Jubayr estime la durée à six mois. Al-Kiyâ rapporte l’opinion de treize mois. ʿIkrima parle de neuf ans, al-Kalbî de cinq ans et Muqâtil de sept ans. Dans la sourate « Al-Baqarah » on a déjà abordé le terme « hîn » et les règles qui s’y rattachent. Wahb affirme que Yûsuf demeura douze ans en prison. Le mot « hatta » a ici le sens de « jusqu’à », comme dans : « …jusqu’à l’apparition de l’aube » (Al-Qadr, 5).
Allah fit de l’incarcération une purification pour Yûsuf – paix et salut sur lui – afin de l’absoudre de la pensée qu’il avait eue envers la femme. Quant à l’Azîz, bien qu’il eût reconnu l’innocence de Yûsuf, il obéit néanmoins à son épouse et le fit jeter en prison.
Ibn ʿAbbâs dit : Yûsuf trébucha en trois occasions : lorsqu’il eut l’intention (de céder à la tentation) et fut alors emprisonné ; lorsqu’il dit au jeune homme : « Évoque-moi auprès de ton seigneur » (Yûsuf, 42) et qu’il demeura ensuite quelques années en prison ; et lorsqu’il déclara à ses frères : « Vous êtes bel et bien des voleurs » (Yûsuf, 70), ce à quoi ils répondirent : « S’il a volé, un frère à lui avait déjà volé auparavant » (Yûsuf, 77).
Quatrièmement – Yûsuf, paix sur lui, fut menacé de débauche sous la contrainte du cachot, et y passa cinq années, mais il ne consentit jamais, compte tenu de son rang élevé et de sa noble valeur. Si un homme était contraint, en prison, à commettre la fornication, cela ne lui serait jamais permis, selon l’unanimité. S’il est contraint par les coups, les savants divergent : l’avis le plus juste est que, si la violence est accablante, le péché comme la peine légale de la fornication sont levés.
Quelques-uns de nos savants ont soutenu que la peine ne s’efface pas ; c’est une opinion faible, car Allah, le Très-Haut, ne réunit pas deux châtiments pour Son serviteur, ni ne le ballotte entre deux épreuves : ce serait une des formes les plus graves de gêne dans la religion – « et Il n’a placé sur vous aucune gêne dans la religion » (Al-Hajj, 78). L’explication de cela viendra, si Allah le veut, dans la sourate « An-Nahl ». Yûsuf patienta, chercha refuge auprès d’Allah contre leurs manigances ; Allah exauça sa prière, comme il a été mentionné plus haut.