Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et de ‘Abd ar-Raḥmân al-A‘raj ainsi que de Ya‘qūb ; c’est en effet le nom verbal du verbe « sajana / sijnan », « emprisonner / emprisonnement ».

« Et si Tu ne détournes de moi leur ruse » : c’est-à-dire la ruse des femmes.

On a dit : il s’agit de la ruse des femmes qui l’avaient vu, car elles l’exhortèrent à se soumettre à l’épouse de l’Aʿzîz, en lui disant : « C’est elle la lésée, et c’est toi qui l’as lésée. »

On a dit aussi : chacune d’elles demanda à s’isoler avec lui, soi-disant pour le conseiller au sujet de l’épouse de l’Aʿzîz. Leur intention était de le blâmer à son propos, de lui ordonner de la seconder, espérant ainsi qu’il obéirait. Elles se retrouvaient donc tour à tour seules avec lui et lui disaient : « Ô Yūsuf ! Assouvis mon besoin, je vaux mieux pour toi que ta maîtresse. » Ainsi, chacune l’appelait à elle-même et le sollicitait. Alors il dit : « Ô Seigneur ! Elle n’était qu’une seule, les voilà devenues plusieurs ! »

D’autres ont dit : il s’agit de la ruse de l’épouse de l’Aʿzîz dans l’invitation qu’elle lui lança à la turpitude ; le texte emploie le pluriel, soit pour magnifier son rang dans le discours, soit pour passer de l’expression directe à l’allusion. Le terme « kayd » signifie stratagème, artifice, effort ; c’est pourquoi la guerre est appelée « kayd », à cause de la ruse que les hommes y déploient. ʿUmar b. Lajaʾ a dit :
« Elle s’est montrée afin de te dresser un piège, Ummu Bishr ;
quelle ruse, par ses parures, ne prépare-t-elle pas ! »

« Je pencherai vers elles » est la réponse de la proposition conditionnelle ; c’est-à-dire : je m’inclinerai vers elles, du verbe « ṣabā yasbū » lorsqu’il penche et désire – « ṣabwan, ṣabwah ». Le poète a dit :
« Vers Hind mon cœur s’est penché,
et telle Hind incline (séduit). »
C’est-à-dire : si Tu n’es pas bienveillant avec moi pour m’éloigner du péché, j’y tomberai.

« Et je serai du nombre des ignorants » : c’est-à-dire de ceux qui commettent la faute et méritent le blâme, ou de ceux qui agissent comme les ignorants. Ces paroles indiquent que nul ne se préserve de la désobéissance à Allâh si ce n’est par l’assistance d’Allâh, et montrent également la laideur de l’ignorance et le blâme qui en découle.

Parole exaltée :
« Son Seigneur l’exauça » pour ce qu’il venait de dire. En prononçant « Si Tu ne détournes de moi leur ruse… », il s’était implicitement tourné en invocation ; comme s’il avait dit : « Ô Allâh, détourne de moi leur stratagème. » Allâh exauça donc sa supplication, Lui accorda Sa douceur et Le protégea de tomber dans la fornication.

« Leur ruse » : on a dit – parce qu’elles étaient un groupe – qu’elles l’avaient toutes sollicité. D’autres ont dit : cela désigne la ruse des femmes en général. D’autres enfin : il s’agit exclusivement de la ruse de l’épouse de l’Aʿzîz, comme cela a été mentionné plus haut ; toutefois, le sens général reste préférable.

وَعَبْدِ الرَّحْمَنِ الْأَعْرَجِ وَيَعْقُوبَ، وَهُوَ مَصْدَرُ سَجَنَهُ سَجْنًا. (وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ) أَيْ كَيْدَ النِّسْوَانِ. وَقِيلَ: كَيْدُ النِّسْوَةِ اللَّاتِي رَأَيْنَهُ؟ فَإِنَّهُنَّ أَمَرْنَهُ بِمُطَاوَعَةِ امْرَأَةِ الْعَزِيزِ، وَقُلْنَ لَهُ: هِيَ مَظْلُومَةٌ وَقَدْ ظَلَمْتَهَا. وَقِيلَ: طَلَبَتْ كُلُّ وَاحِدَةٍ أَنْ تَخْلُوَ بِهِ لِلنَّصِيحَةِ فِي امْرَأَةِ الْعَزِيزِ، وَالْقَصْدُ بِذَلِكَ أَنْ تَعْذِلَهُ فِي حَقِّهَا، وَتَأْمُرَهُ بِمُسَاعَدَتِهَا، فَلَعَلَّهُ يُجِيبُ، فَصَارَتْ كُلُّ وَاحِدَةٍ تَخْلُو بِهِ عَلَى حِدَةٍ فَتَقُولُ لَهُ: يَا يُوسُفُ! اقْضِ لِي حَاجَتِي فَأَنَا خَيْرٌ لَكَ مِنْ سَيِّدَتِكَ، تَدْعُوهُ كُلُّ وَاحِدَةٍ لِنَفْسِهَا وَتُرَاوِدُهُ، فَقَالَ: يَا رَبِّ كَانَتْ وَاحِدَةً فَصِرْنَ جَمَاعَةً. وَقِيلَ: كَيْدُ امْرَأَةِ الْعَزِيزِ فِيمَا دَعَتْهُ إِلَيْهِ مِنْ الْفَاحِشَةِ، وَكَنَّى عَنْهَا بِخِطَابِ الْجَمْعِ إِمَّا لِتَعْظِيمِ شَأْنِهَا فِي الْخِطَابِ، وَإِمَّا لِيَعْدِلَ عَنِ التَّصْرِيحِ إِلَى التَّعْرِيضِ. وَالْكَيْدُ الِاحْتِيَالُ وَالِاجْتِهَادُ، وَلِهَذَا سُمِّيَتِ الْحَرْبُ كَيْدًا لِاحْتِيَالِ النَّاسِ فِيهَا، قَالَ عُمَرُ بْنُ لَجَأٍ: تَرَاءَتْ كَيْ تَكِيدَكَ أُمُّ بِشْرٍ ... وَكَيْدٌ بِالتَّبَرُّجِ مَا تَكِيدُ (أَصْبُ إِلَيْهِنَّ) جَوَابُ الشَّرْطِ، أَيْ أَمِلْ إِلَيْهِنَّ، مِنْ صَبَا يَصْبُو إِذَا مَالَ وَاشْتَاقَ صَبْوًا وَصَبْوَةً، قَالَ «١» : إِلَى هِنْدَ صَبَا قَلْبِي ... وَهِنْدُ مِثْلُهَا يُصْبِي أَيْ إِنْ لَمْ تَلْطُفْ بِي فِي اجْتِنَابِ الْمَعْصِيَةِ وَقَعْتُ فِيهَا. (وَأَكُنْ مِنَ الْجاهِلِينَ) أَيْ مِمَّنْ يَرْتَكِبُ الْإِثْمَ وَيَسْتَحِقُّ الذَّمَّ، أَوْ مِمَّنْ يَعْمَلُ عَمَلَ الْجُهَّالِ، وَدَلَّ هَذَا عَلَى أَنَّ أَحَدًا لَا يَمْتَنِعُ عَنْ مَعْصِيَةِ اللَّهِ إِلَّا بِعَوْنِ اللَّهِ، وَدَلَّ أَيْضًا عَلَى قُبْحِ الْجَهْلِ وَالذَّمِّ لِصَاحِبِهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَاسْتَجابَ لَهُ رَبُّهُ) لِمَا قَالَ. " وَإِلَّا تَصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ" تَعَرَّضَ لِلدُّعَاءِ، وَكَأَنَّهُ قَالَ: اللَّهُمَّ اصْرِفْ عَنِّي كَيْدَهُنَّ، فَاسْتَجَابَ لَهُ دُعَاءَهُ، وَلَطَفَ بِهِ وَعَصَمَهُ عَنِ الْوُقُوعِ في الزنى. " كَيْدَهُنَّ" قِيلَ: لِأَنَّهُنَّ جَمْعٌ قَدْ رَاوَدْنَهُ عَنْ نَفْسِهِ. وَقِيلَ: يَعْنِي كَيْدَ النِّسَاءِ. وَقِيلَ: يَعْنِي كَيْدَ امْرَأَةِ الْعَزِيزِ، عَلَى مَا ذُكِرَ فِي الآية قبل، والعموم أولى.
(١). هو زيد بن ضبة.

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