Parole du Très-Haut :
« Et elles dirent : ḥâchâ-Lillâh ! », c’est-à-dire : « Qu’Allah nous en préserve ! »
Al-Aṣmaʿî rapporta de Nāfiʿ qu’il récitait – tout comme Abû ʿAmr b. al-ʿAlâʾ – : « wa-qulna ḥâsha Lillâh », en maintenant l’alif, forme originelle ; celui qui la retranche considère que la lâm de « lillâh » en tient lieu.
On relève quatre formes dialectales : ḥâshâka, ḥâshâ laka, ḥâsha laka et ḥashâ laka.
On dit également : ḥâshâ Zayd-in et ḥâshâ Zayd-an.
An-Naḥḥâs a dit : J’ai entendu ʿAlî b. Sulaymân raconter qu’il avait entendu Muḥammad b. Yazîd déclarer : l’accusatif est préférable, car il est établi qu’il s’agit d’un verbe, comme dans l’expression « ḥâshâ li-Zayd » ; or la particule, elle, ne subit pas l’élision. Le poète al-Nâbigha a d’ailleurs dit :
« Je n’exclus personne parmi les gens… »
D’aucuns ont toutefois soutenu que « ḥâshâ » est une particule, tandis que « uḥâshî » est un verbe. Le fait même qu’un complément introduit par la préposition li- se place après « ḥâshâ » prouve qu’elle fonctionne comme verbe.
Abû Zayd rapporte d’un bédouin : « Ô Allah, pardonne-moi, ainsi qu’à quiconque entend [cette invocation], à l’exception du Diable et d’Abû al-Aṣbaġ », où il emploie « ḥâshâ » en régissant l’accusatif.
Al-Ḥasan a récité : « wa-qulna ḥâsh Lillâh », en immobilisant la šîn ; on rapporte également de lui : « ḥâsh al-Ilâh ».
Ibn Masʿûd et Ubayy lisent : « ḥâshâ Allah », sans lâm. De même le poète a dit :
« Hâchâ mon père Thawbân ; il se montre avare en reproches et en injures. »
Az-Zajjâj dit : l’origine du terme se rattache à « ḥâšiya » (le bord) ; « ḥashâ » signifie « côté, marge ». On dit : « j’étais au ḥashâ de quelqu’un », c’est-à-dire à son côté. Ainsi, « ḥâshâ li-Zayd » signifie : « Zayd s’est écarté de cela et s’en est éloigné ». Or, l’exclusion (istithnâʾ) consiste précisément à extraire et à mettre à l’écart un élément du groupe évoqué.
Abû ʿAlî ajoute : c’est la forme faʿil dérivée de « al-muḥâšâh » ; ainsi « ḥâshâ Yûsuf » veut dire : Yûsuf se tint à la marge, éloigné de ce dont il était accusé, ou à l’écart du fait même d’être un simple mortel. Par conséquent, « ḥâshâ » et « ḥâsh », lorsqu’ils expriment l’exception, sont – selon Sîbawayh – une préposition, tandis que, selon al-Mubarrad et Abû ʿAlî, un verbe.
Parole du Très-Haut :
« Ce n’est point un être humain. »
Al-Khalîl et Sîbawayh ont dit : « fa-lammâ » se comporte comme « laysa » ; on dit : « laysa Zaydun qâʾiman », de même : « mâ hâdhâ basharan » et « mâ hunna ummahâtihim » (al-Mujâdilah, 2). Les grammairiens de Kûfa dirent : lorsqu’on a retranché la bâʾ