Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La demeure se trouve ainsi pourvue d’ameublement, c’est-à-dire parée d’ornements ; son pluriel est « nujūd », d’après Abū ʿUbayd, et le verbe « tanjīd » signifie également l’embellissement. Elle envoya alors un message aux femmes afin qu’elles assistent à son repas, ajoutant : « Qu’aucune d’entre vous, parmi celles que j’ai nommées, ne fasse défaut. »

Wahb Ibn Munabbih rapporte qu’elles étaient quarante femmes ; elles vinrent malgré leur répugnance. À leur sujet, Umayya Ibn Abī al-Ṣalt a composé ces vers :
« Lorsqu’elles furent amenées chez elle de force,
Elle leur étendit coussins superposés et brochettes rôties. »
Dans une autre version, on lit : « anmaṭan » (tapis épais). Wahb Ibn Munabbih ajoute : « Elles arrivèrent et prirent place chacune à son siège. »

« Elle leur avait préparé un muttakaʾ », c’est-à-dire qu’elle leur avait disposé des divans sur lesquels elles pouvaient s’adosser. Ibn Jubayr précise : « Sur chaque siège se trouvait un plateau contenant du miel, du cédrat et un couteau bien aiguisé. »

Mujāhid et Saʿīd Ibn Jubayr ont lu « mutkan » (allégé, sans hamza) ; « mutk » désigne le cédrat dans la langue copte, explication qu’a également reprise Mujāhid. Sufyān rapporte, d’après Manṣūr, d’après Mujāhid : « Le “muttakaʾ” (avec intensification) désigne le repas lui-même, tandis que le “mutk” (forme allégée) est le cédrat. »

Le poète a dit :
« Au grand jour nous buvons le péché dans des coupes gravées,
Et tu vois le mutk circuler parmi nous, emprunté. »
Les Azd de Shanūʾah disent encore : « l’utrujja al-mutka » (le cédrat mutka).

Selon al-Jawharī, le « mutk » est ce que laisse l’exciseuse (après la taille), et l’origine du mot est « zumāward » (un végétal aromatique). La « matkāʾ » parmi les femmes est celle qui n’a pas été excisée. Al-Farāʾ rapporte : « Un cheikh digne de confiance parmi les gens de Baṣrah m’a informé que “mutk”, dans sa forme légère, signifie “zumāward”. » D’autres, cités par al-Aḵfash, soutiennent qu’il s’agit du cédrat.

Ibn Zayd dit : « Du cédrat et du miel avec lequel on le consomme », et le poète a chanté :
« Nous sommes restés comblés de bienfaits, nous nous sommes accoudés ;
Nous avons bu le licite puisé dans ses jarres profondes. »
— c’est-à-dire : nous avons mangé.

Al-Naḥḥās commente la parole du Très-Haut : « Wa-aʿtadat » — dérivé de « ʿadād », toute chose que l’on apprête en guise de provision ou d’instrument. Quant au terme « muttakaʾ », l’explication la plus correcte est celle transmise par ʿAlī Ibn Abī Ṭalḥa d’après Ibn ʿAbbās : il signifie « un lieu de séance ». Pour ceux des exégètes qui y voient la nourriture, on peut le comprendre par ellipse : « un repas prêt à être consommé en s’accoudant », à l’instar de la tournure : « Interroge donc la ville », etc., ce qui montre

بِهِ الْبَيْتُ مِنَ الْمَتَاعِ أَيْ يُزَيَّنُ، وَالْجَمْعُ نُجُودٌ عَنْ أَبِي عُبَيْدٍ «١» ، وَالتَّنْجِيدُ التَّزْيِينُ، وَأَرْسَلَتْ إِلَيْهِنَّ أَنْ يَحْضُرْنَ طَعَامَهَا، وَلَا تَتَخَلَّفْ مِنْكُنَّ امْرَأَةٌ مِمَّنْ سَمَّيْتُ. قَالَ وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ: إِنَّهُنَّ كُنَّ أَرْبَعِينَ امْرَأَةً فَجِئْنَ عَلَى كُرْهٍ مِنْهُنَّ، وَقَدْ قَالَ فِيهِنَّ أُمَيَّةُ بْنُ أَبِي الصَّلْتِ: حَتَّى إِذَا جِئْنَهَا قَسْرًا ... وَمَهَّدَتْ لَهُنَّ أَنْضَادًا وَكَبَابَا «٢» وَيُرْوَى: أَنْمَاطًا. قَالَ وَهْبُ بْنُ [مُنَبِّهٍ] » : فَجِئْنَ وَأَخَذْنَ مَجَالِسَهُنَّ. (وَأَعْتَدَتْ لَهُنَّ مُتَّكَأً) أَيْ هَيَّأَتْ لَهُنَّ مَجَالِسَ يَتَّكِئْنَ عَلَيْهَا. قَالَ ابْنُ جُبَيْرٍ: فِي كُلِّ مَجْلِسٍ جَامٌ فِيهِ عَسَلٌ وَأُتْرُجٌّ وَسِكِّينٌ حَادٌّ. وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ " مُتْكًا" مُخَفَّفًا غَيْرَ مَهْمُوزٍ، وَالْمُتْكُ هُوَ الْأُتْرُجُّ بِلُغَةِ الْقِبْطِ، وَكَذَلِكَ فَسَّرَهُ مُجَاهِدٌ. رَوَى سُفْيَانُ عَنْ مَنْصُورٍ عَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ: الْمُتَّكَأُ مُثَقَّلًا [هُوَ] «٤» الطَّعَامُ، وَالْمُتْكُ مُخَفَّفًا [هُوَ] «٥» الْأُتْرُجُّ، وَقَالَ الشَّاعِرُ: نَشْرَبُ الْإِثْمَ بِالصُّوَاعِ جِهَارًا ... وَتَرَى الْمُتْكَ بَيْنَنَا مُسْتَعَارًا وَقَدْ تَقُولُ أَزْدُ شَنُوءَةَ: الْأُتْرُجَّةُ الْمُتْكَةُ، قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: الْمُتْكُ مَا تُبْقِيهِ الْخَاتِنَةُ. وَأَصْلُ الْمُتْكِ الزُّمَاوَرْدُ «٦» . وَالْمَتْكَاءُ مِنَ النِّسَاءِ الَّتِي لَمْ تُخْفَضْ «٧» . قَالَ الْفَرَّاءُ: حَدَّثَنِي شَيْخٌ مِنْ ثِقَاتِ أَهْلِ الْبَصْرَةِ أَنَّ الْمُتْكَ مُخَفَّفًا الزُّمَاوَرْدُ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: إِنَّهُ الْأُتْرُجُّ، حَكَاهُ الْأَخْفَشُ. ابْنُ زَيْدٍ: أُتْرُجًّا وَعَسَلًا يُؤْكَلُ بِهِ، قال الشاعر «٨» : فظلنا بِنِعْمَةٍ وَاتَّكَأْنَا ... وَشَرِبْنَا الْحَلَالِ مِنْ قُلَلِهِ أَيْ أَكَلْنَا. النَّحَّاسُ: قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَأَعْتَدَتْ" مِنَ الْعَتَادِ، وَهُوَ كُلُّ مَا جَعَلْتَهُ عُدَّةً لِشَيْءٍ. " مُتَّكَأً" أَصَحُّ مَا قِيلَ فِيهِ مَا رَوَاهُ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: مَجْلِسًا، وَأَمَّا قَوْلُ جَمَاعَةٍ مِنْ أَهْلِ التَّفْسِيرِ إِنَّهُ الطَّعَامُ فَيَجُوزُ عَلَى تَقْدِيرٍ: طَعَامٌ مُتَّكَأٌ، مثل: " وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ" ، ودل على
(١). كذا في الأصول: ولعل الصواب أبو عبيدة كما يؤخذ من اللسان. (٢). كذا البيت في الأصول. (٣). من ع. (٤). من ع. (٥). من ع. [ ..... ] (٦). الزماورد: الرقاق الملفوف باللحم وغيره، أو هو شي يشبه الأترج. (٧). خفض الجارية: ختنها، وكذا الصبى، والعرف أن الخفض للجارية خاصة والختان للصبي. (٨). هو جميل ابن معمر، والقلل جمع قلة، والقلة الحب العظيم. وقيل: الجرة الكبيرة. وقيل: الكوز الصغير. وقيل غير ذلك.

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