Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

un argument fondé sur la chemise ; cela eût constitué une rupture de l’ordre habituel et une forme de miracle – et Allah demeure le plus Savant. Nous évoquerons, si Allah le veut, dans la sourate « al-Bouroudj » ceux des enfants qui parlèrent dans le berceau.

Troisièmement – Si nous admettons que le témoin fût un petit enfant, il ne se dégagerait de là aucune indication autorisant l’application des présomptions (al-amârât) comme nous l’avons expliqué ; mais s’il s’agit d’un homme, il devient recevable qu’il serve de preuve permettant de juger au moyen du signe, pour l’objet trouvé (al-luqaṭa) et dans de nombreux autres cas.

Ainsi Mâlik a dit, à propos des voleurs : « Lorsque l’on découvre sur eux des effets et qu’un groupe vient les revendiquer sans produire de preuve décisive, l’autorité temporise à leur égard ; si nul autre ne se présente pour les réclamer, elle les leur remet. »

Muḥammad (ibn al-Ḥasan) a statué au sujet des biens domestiques lorsque l’épouse et l’époux s’en disputent : « Ce qui concerne exclusivement les hommes revient à l’homme ; ce qui concerne exclusivement les femmes revient à la femme ; et ce qui est d’usage commun à l’homme et à la femme revient à l’homme. »

Chourayḥ et Iyâs ibn Muʿâwiya rendaient eux aussi leurs sentences en se fondant sur les indices, et l’origine de cela se trouve dans ce verset – et Allah est plus Savant.

Parole du Très-Haut : « S’il se trouve que sa chemise est déchirée par devant… »

Le verbe « kâna » figure ici à la place d’un présent soumis à la particule conditionnelle, ce qui soulève une difficulté syntaxique car, d’ordinaire, les particules de condition renvoient le passé à une valeur de futur, ce qui n’est pas le cas du verbe « kâna ». Al-Mubarrid (Muḥammad ibn Yazîd) a dit : « C’est en raison de la vigueur de “kâna” ; on l’emploie pour exprimer tous les actes. »

Az-Zajjâj a dit : « Le sens est : ‘s’il advient’, c’est-à-dire : s’il est établi ; or la connaissance n’est pas encore advenue, et l’événement non plus, puisqu’il rend compte de la connaissance. »

« … est déchirée par devant » constitue le prédicat de « kâna » sous la forme d’un verbe au passé, comme l’a dit Zuhayr :
« Et il avait replié son flanc sur un secret dissimulé…
Il ne le révéla point et ne s’en dispensa pas auparavant. »

Yahyâ ibn Yaʿmar et Ibn Abî Isḥâq ont lu : « min qubulُ » avec la damma sur le qâf, le bâ et le lâm, et de même « duburُ ». Az-Zajjâj dit : il les considère comme deux frontières, à l’instar de « qablُ » et « baʿdُ » ; c’est comme s’il avait dit : « de son devant et de son derrière ». Lorsque le terme annexé est omis – bien qu’implicite – le mot annexant est devenu, par lui-même, la limite après qu’il tenait pour limite le terme dont il dépendait.

Il est également permis de dire : « min qubla » et « min dubra », avec la voyelle fatḥa sur le r et sur le l, par assimilation aux noms d’état qui ne se déclinent pas, car il s’agit d’un nom défini sorti de son paradigme.

Maḥbûb a rapporté d’après Abû ʿAmr la forme allégée et régie : « min qabl » et « min dabr ».

اسْتِدْلَالٍ بِالْقَمِيصِ، وَكَانَ يَكُونُ ذَلِكَ خَرْقَ عَادَةٍ، وَنَوْعَ مُعْجِزَةٍ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَسَيَأْتِي مَنْ تَكَلَّمَ فِي الْمَهْدِ مِنَ الصِّبْيَانِ فِي سُورَةِ " الْبُرُوجِ" «١» إن شاء الله. الثالثة- وإذا تَنَزَّلْنَا عَلَى أَنْ يَكُونَ الشَّاهِدُ طِفْلًا صَغِيرًا فَلَا يَكُونُ فِيهِ دَلَالَةٌ عَلَى الْعَمَلِ بِالْأَمَارَاتِ كَمَا ذَكَرْنَا، وَإِذَا كَانَ رَجُلًا فَيَصِحُّ أَنْ يَكُونَ حُجَّةً بِالْحُكْمِ بِالْعَلَامَةِ فِي اللُّقَطَةِ وَكَثِيرٍ مِنَ الْمَوَاضِعِ، حَتَّى قَالَ مَالِكٌ فِي اللُّصُوصِ: إِذَا وُجِدَتْ مَعَهُمْ أَمْتِعَةٌ فَجَاءَ قَوْمٌ فَادَّعَوْهَا، وَلَيْسَتْ لَهُمْ بَيِّنَةً فَإِنَّ السُّلْطَانَ يَتَلَوَّمُ «٢» لَهُمْ فِي ذَلِكَ، فَإِنْ لَمْ يَأْتِ غَيْرُهُمْ دَفَعَهَا إِلَيْهِمْ. وَقَالَ مُحَمَّدٌ فِي مَتَاعُ الْبَيْتِ إِذَا اخْتَلَفَتْ فِيهِ الْمَرْأَةُ وَالرَّجُلُ: إِنَّ مَا كَانَ لِلرِّجَالِ فَهُوَ لِلرَّجُلِ، وَمَا كَانَ لِلنِّسَاءِ فَهُوَ لِلْمَرْأَةِ، وَمَا كَانَ لِلرَّجُلِ وَالْمَرْأَةِ فَهُوَ لِلرَّجُلِ. وَكَانَ شُرَيْحٌ وَإِيَاسُ بْنُ مُعَاوِيَةَ يَعْمَلَانِ عَلَى الْعَلَامَاتِ فِي الْحُكُومَاتِ، وَأَصْلُ ذَلِكَ هَذِهِ الْآيَةُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنْ كانَ قَمِيصُهُ قُدَّ مِنْ قُبُلٍ) كَانَ فِي مَوْضِعِ جَزْمٍ بِالشَّرْطِ، وَفِيهِ مِنَ النَّحْوِ مَا يُشْكِلُ، لِأَنَّ حُرُوفَ الشَّرْطِ تَرُدُّ الْمَاضِيَ إِلَى الْمُسْتَقْبَلِ، وَلَيْسَ هَذَا فِي كَانَ، فَقَالَ الْمُبَرِّدُ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ: هَذَا لِقُوَّةِ كَانَ، وَأَنَّهُ يُعَبَّرُ بِهَا عَنْ جَمِيعِ الْأَفْعَالِ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: الْمَعْنَى إِنْ يَكُنْ، أَيْ إِنْ يُعْلَمْ، وَالْعِلْمُ لَمْ يَقَعْ، وَكَذَا الْكَوْنُ لِأَنَّهُ يُؤَدِّي عَنِ الْعِلْمِ. " قُدَّ مِنْ قُبُلٍ" فَخَبَرٌ عَنْ " كانَ" بِالْفِعْلِ الْمَاضِي، كَمَا قَالَ زُهَيْرٌ: وَكَانَ طَوَى كَشْحًا عَلَى مُسْتَكِنَّةٍ ... فَلَا هُوَ أَبْدَاهَا وَلَمْ يَتَقَدَّمِ «٣» وَقَرَأَ يَحْيَى بْنُ يَعْمَرَ وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ " مِنْ قُبُلُ" بِضَمِّ الْقَافِ وَالْبَاءِ وَاللَّامِ، وَكَذَا " دُبُرُ" قَالَ الزَّجَّاجُ: يَجْعَلُهُمَا غَايَتَيْنِ كَقَبْلُ وَبَعْدُ، كَأَنَّهُ قَالَ: مِنْ قُبُلِهِ وَمِنْ دُبُرِهِ، فَلَمَّا حَذَفَ الْمُضَافَ إِلَيْهِ- وَهُوَ مُرَادٌ- صَارَ الْمُضَافُ غَايَةَ نَفْسِهِ بَعْدَ أَنْ كَانَ الْمُضَافُ إِلَيْهِ غَايَةً لَهُ. وَيَجُوزُ " مِنْ قُبُلَ" " وَمِنْ دُبُرَ" بِفَتْحِ الرَّاءِ وَاللَّامِ تَشْبِيهًا بِمَا لَا يَنْصَرِفُ، لِأَنَّهُ مَعْرِفَةٌ وَمُزَالٌ عَنْ بَابِهِ. وَرَوَى مَحْبُوبٌ عَنْ أبي عمرو " من قبل" و "- من دبر" مخففان مجروران.
(١). راجع ج ١٩ ص ٢٨٧. (٢). التلوم: التنظر للأمر تريده. (٣). الكشح: الجنب، ويقال طوى كشحه على كذا إذا أضمره. والمستكنة: الحقد. ويروى: (ولم يتجمجم).

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