Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il arrive que les Arabes attribuent la parole aux objets inanimés et les décrivent conformément aux qualités qui leur conviennent ; c’est là une tournure fréquente dans leur poésie et leur prose.

Parmi les exemples les plus plaisants, on rapporte ces vers :
— Le mur dit au piquet : « Pourquoi me fends–tu ? »
— Il lui répondit : « Demande plutôt à celui qui me frappe. »

Cependant, la parole d’Allah — Exalté soit-Il — qui suit : « …parmi les siens » (min ahlihā) réfute l’idée que le témoin fût la chemise.

Troisièmement, on a avancé qu’il s’agissait d’une créature d’Allah — ni humaine ni djinn — propos rapporté également de Mujāhid ; mais cette hypothèse est annulée par la parole divine : « …parmi les siens ».

Quatrièmement, il s’agissait d’un homme sage et doué de raison que le ministre consultait dans ses affaires et qui appartenait à la famille de la femme. Se trouvant avec son mari, il déclara : « J’ai entendu derrière la porte un mouvement précipité et du tumulte, puis la déchirure de la chemise ; on ne sait donc lequel de vous deux faisait face à l’autre. Si la chemise est déchirée par devant, c’est toi qui dis vrai ; si elle l’est par derrière, c’est lui qui est véridique. » Ils regardèrent la chemise et virent qu’elle était déchirée par l’arrière. Tel est l’avis de al-Ḥasan, ʿIkrima, Qatāda, ad-Ḍaḥḥāk, Mujāhid également, et as-Suddī.

As-Suddī dit : « Il était son cousin paternel », propos rapporté aussi d’Ibn ʿAbbās, et c’est là l’opinion correcte sur la question ; Allah est plus savant.

On rapporte encore d’Ibn ʿAbbās — transmis par Isrāʾīl, d’après Simāk, d’après ʿIkrima — qu’il a dit : « C’était un homme à la barbe fournie. »

Sufyān rapporte de Jābir, d’après Ibn Abī Mulayka, d’après Ibn ʿAbbās : « Il faisait partie des proches du roi. »

ʿIkrima déclara : « Ce n’était pas un enfant, mais un homme sage. »

Sufyān transmit de Manṣūr, d’après Mujāhid : « C’était un homme. »

Abū Jaʿfar an-Naḥḥās dit : « Ce qui concorde le mieux avec le sens — Allah sait mieux — est qu’il s’agissait d’un homme raisonnable et avisé que le roi consulta, et qui eut recours à cet indice. Si ç’avait été un enfant, son témoignage en faveur de Yūsuf — paix sur lui — eût suffi sans qu’il soit besoin de recourir à une preuve relevant de l’usage, car la parole d’un enfant est un signe miraculeux, plus manifeste encore qu’un raisonnement fondé sur l’habitude.

Cela n’est pas contraire au ḥadīth : « Quatre parlèrent alors qu’ils étaient tout jeunes, dont le compagnon de Yūsuf », car le sens est : « jeune, non vieillard ».

Autre argument : Ibn ʿAbbās — qu’Allah l’agrée, lui et son père — a rapporté ce ḥadīth du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, et la chaîne de transmission la plus fiable venant de lui affirme que le compagnon de Yūsuf n’était pas un enfant.

Je dis : Il a toutefois été rapporté d’Ibn ʿAbbās, Abū Hurayra, Ibn Jubayr, Hilāl ibn Yasāf et ad-Ḍaḥḥāk qu’il s’agissait d’un nourrisson au berceau ; cependant, si c’était un enfant qui avait parlé, la preuve aurait résidé dans sa propre parole, sans qu’il fût besoin de

وَقَدْ تُضِيفُ الْعَرَبُ الْكَلَامَ إِلَى الْجَمَادَاتِ وَتُخْبِرُ عَنْهَا بِمَا هِيَ عَلَيْهِ مِنَ الصِّفَاتِ، وَذَلِكَ كَثِيرٌ فِي أَشْعَارِهَا وَكَلَامِهَا، وَمِنْ أَحْلَاهُ قَوْلُ بَعْضِهِمْ: قَالَ الْحَائِطُ لِلْوَتَدِ لِمَ تَشُقُّنِي؟ قَالَ لَهُ: سَلْ مَنْ يَدُقُّنِي. إِلَّا أَنَّ قَوْلَ اللَّهِ تَعَالَى بَعْدُ " مِنْ أَهْلِها" يُبْطِلُ أَنْ يَكُونَ الْقَمِيصَ. الثَّالِثُ- أَنَّهُ خَلْقٌ مِنْ خَلْقِ اللَّهِ تَعَالَى لَيْسَ بِإِنْسِيٍّ وَلَا بِجِنِّيٍّ، قَالَهُ مجاهد أيضا، وهذا يرده قول تَعَالَى: " مِنْ أَهْلِها" . الرَّابِعُ- أَنَّهُ رَجُلٌ حَكِيمٌ ذُو عَقْلٍ كَانَ الْوَزِيرُ يَسْتَشِيرُهُ فِي أُمُورِهِ، وَكَانَ مِنْ جُمْلَةِ أَهْلِ الْمَرْأَةِ، وَكَانَ مَعَ زَوْجِهَا فَقَالَ: قَدْ سَمِعْتُ «١» الِاسْتِبْدَارَ وَالْجَلَبَةَ مِنْ وَرَاءِ الْبَابِ، وَشَقَّ الْقَمِيصِ، فَلَا يُدْرَى أَيُّكُمَا كَانَ قُدَّامَ صَاحِبِهِ، فَإِنْ كَانَ شَقُّ الْقَمِيصِ مِنْ قُدَّامِهِ فَأَنْتِ صَادِقَةٌ، وَإِنْ كَانَ مِنْ خَلْفِهِ فَهُوَ صَادِقٌ، فَنَظَرُوا إِلَى الْقَمِيصِ فَإِذَا هُوَ مَشْقُوقٌ مِنْ خَلْفٍ، هَذَا قَوْلُ الْحَسَنِ وَعِكْرِمَةَ وَقَتَادَةَ وَالضَّحَّاكَ وَمُجَاهِدٍ أَيْضًا وَالسُّدِّيِّ. قَالَ السُّدِّيُّ: كَانَ ابْنُ عَمِّهَا، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، وَهُوَ الصَّحِيحُ فِي الْبَابِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ- رَوَاهُ [عَنْهُ] «٢» إِسْرَائِيلُ عَنْ سِمَاكٍ عَنْ عِكْرِمَةَ- قَالَ: كَانَ رَجُلًا ذَا لِحْيَةٍ. وَقَالَ سُفْيَانُ عَنْ جَابِرٍ عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنَّهُ قَالَ: كَانَ مِنْ خَاصَّةِ الْمَلِكَ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: لَمْ يَكُنْ بِصَبِيٍّ، وَلَكِنْ كَانَ رَجُلًا حَكِيمًا. وَرَوَى سُفْيَانُ عَنْ مَنْصُورٍ عَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ: كَانَ رَجُلًا. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ النَّحَّاسُ: وَالْأَشْبَهُ بِالْمَعْنَى- وَاللَّهُ أَعْلَمُ- أَنْ يَكُونَ رَجُلًا عَاقِلًا حَكِيمًا شَاوَرَهُ الْمَلِكُ فَجَاءَ بِهَذِهِ الدَّلَالَةِ، وَلَوْ كَانَ طِفْلًا لَكَانَتْ شَهَادَتُهُ لِيُوسُفَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تُغْنِي عَنْ أَنْ يَأْتِيَ بِدَلِيلٍ مِنَ الْعَادَةِ، لِأَنَّ كَلَامَ الطِّفْلِ آيَةٌ مُعْجِزَةٌ، فكادت أَوْضَحَ مِنَ الِاسْتِدْلَالِ بِالْعَادَةِ، وَلَيْسَ هَذَا بِمُخَالِفٍ لِلْحَدِيثِ " تَكَلَّمَ أَرْبَعَةٌ وَهُمْ صِغَارٌ" مِنْهُمْ صَاحِبُ يُوسُفَ، يَكُونُ الْمَعْنَى: صَغِيرًا لَيْسَ بِشَيْخٍ، وَفِي هَذَا دَلِيلٌ آخَرُ وَهُوَ: أَنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا رَوَى الْحَدِيثَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَقَدْ تَوَاتَرَتِ الرِّوَايَةُ عَنْهُ أَنَّ صَاحِبَ يُوسُفَ لَيْسَ بِصَبِيٍّ. قُلْتُ: قَدْ رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَابْنِ جُبَيْرٍ وَهِلَالِ بْنِ يَسَافٍ «٣» وَالضَّحَّاكِ أَنَّهُ كَانَ صَبِيًّا فِي الْمَهْدِ، إِلَّا أَنَّهُ لَوْ كَانَ صَبِيًّا تَكَلَّمَ لَكَانَ الدَّلِيلُ نَفْسَ كَلَامِهِ، دون أن يحتاج إلى
(١). في ع: سمعنا. (٢). من ع وى. (٣). هو بالكسر وقد يفتح.

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