[Sourate Yûsuf (12) : versets 26 à 29]
- Il dit : « C’est elle qui a voulu me séduire contre ma propre personne. » Et un témoin, issu de sa propre famille, attesta : « Si sa tunique est déchirée par-devant, alors elle a dit vrai et lui est du nombre des menteurs ;
- mais si sa tunique est déchirée par-derrière, alors elle a menti et lui est du nombre des véridiques. »
- Lorsqu’il vit que la tunique était effectivement déchirée par-derrière, il dit : « Voilà bien une ruse de votre part, ô femmes ! Votre ruse est certes immense. »
- « Yûsuf, détourne-toi de cette affaire ; et toi, implore le pardon pour ta faute, car tu as été parmi les fautives. »
Paroles du Très-Haut : « Il dit : “C’est elle qui a voulu me séduire…” »
Il y a, à ce propos, trois questions :
Premièrement : Les savants ont dit : lorsqu’elle se disculpa et qu’elle ne se montra pas sincère dans son amour – car la nature de l’amant véritable est de préférer l’être aimé –, Yûsuf déclara : « C’est elle qui a voulu me séduire contre ma personne », proclamant ainsi la vérité face à son imposture et à son mensonge. Nauf al-Shâmî et d’autres ont rapporté que, comme si Yûsuf, – paix sur lui – s’était abstenu de dévoiler le fond de l’affaire, lorsqu’elle se montra injuste envers lui, il se mit en colère et exposa la vérité.
Deuxièmement : « Un témoin de sa propre famille attesta », c’est-à-dire qu’après que leurs propos se furent contredits, l’époux eut besoin d’un arbitre pour distinguer le véridique du menteur ; ainsi un témoin, appartenant à sa famille, déposa. Autrement dit : un arbitre de ses proches prononça un jugement, ce qui relève d’un arrêt judiciaire plutôt que d’un témoignage au sens strict.
Les avis divergent quant à l’identité de ce témoin et se répartissent en quatre opinions :
- Il s’agirait d’un nourrisson encore dans son berceau qui parla. Al-Suhaylî dit : c’est l’opinion correcte, conformément au hadith rapporté du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui –, où il déclare : « Personne ne parla dans son berceau si ce n’est trois » et il y mentionne le témoin de Yûsuf.
Abû Nasr al-Qushayrî rapporte également qu’on a dit : c’était un bébé dans la maison, fils de sa tante maternelle.
Saʿîd ibn Jubayr transmet, d’après Ibn ʿAbbâs, d’après le Prophète – paix et bénédictions sur lui – : « Quatre parlèrent alors qu’ils étaient encore enfants », et il cite parmi eux le témoin de Yûsuf. Telle est la première opinion.
- Le témoin serait la tunique elle-même, son déchirement faisant foi ; cela est rapporté par Ibn Abî Najîh d’après Mujâhid. Il s’agit d’une métaphore linguistiquement valable, car le langage de la situation est plus éloquent que celui des paroles.