Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Ô Yûsuf ! » – Il se détourna alors et s’enfuit.

Sufyân rapporte, d’après Abû Ḥuṣayn, d’après Saʿîd ibn Jubayr : « Il lui fut représenté (en vision) Yaʿqûb ; celui-ci frappa Yûsuf sur la poitrine et son désir s’échappa par le bout de ses doigts. »

Mujâhid dit : « Chacun des fils de Yaʿqûb eut douze garçons, à l’exception de Yûsuf ; il ne lui naquit que deux fils, parce que ce désir lui ôta une partie de sa descendance » – mais on a aussi rapporté une autre version.

En somme, ce “signe” fut un des signes d’Allah ; Allah le montra à Yûsuf afin que sa foi se raffermît et qu’il se gardât du péché.

Parole du Très-Haut :

« Ainsi (كَذَٰلِكَ) Nous détournâmes de lui le mal et la turpitude. »

La kâf de « kadhâlika » peut être au nominatif et constituer le prédicat d’un sujet sous-entendu : « Les preuves sont ainsi. » Elle peut aussi être attribut d’un masdar implicite : « Nous lui avons montré les preuves d’une vision telle. »

• Le « mal » (as-sû’) désigne le désir, et « la turpitude » (al-faḥshâ’) le passage à l’acte.
• D’autres ont dit : le mal est la mauvaise renommée, la turpitude l’adultère.
• D’autres encore : le mal est la trahison envers son maître, la turpitude la commission de l’acte abominable.
• Il a aussi été dit : le mal est le châtiment du roi al-ʿAzîz.

Ibn Kathîr, Abû ʿAmr et Ibn ʿÂmir ont lu « al-mukhliṣîn » (avec kasra sur le lâm) : « ceux qui vouent sincèrement leur obéissance à Allah ». Les autres ont lu « al-mukhlaṣîn » (avec fatḥa) : « ceux qu’Allah a élus pour Sa mission ». Yûsuf – paix sur lui – réunissait ces deux qualités : il était sincère dans l’obéissance à Allah et choisi pour porter Son message.

[Coran, Sûrat Yûsuf, v. 25]

« Ils se précipitèrent tous deux vers la porte ; elle déchira sa tunique par-derrière ; ils trouvèrent son maître près de la porte. Elle s’écria : “Quelle sanction pour celui qui a voulu du mal à ta famille, sinon qu’il soit emprisonné ou qu’il subisse un châtiment douloureux ?” »

Parole du Très-Haut :

« Ils se précipitèrent vers la porte et elle déchira sa tunique par-derrière. »

Deux questions se posent.

Premièrement : « Ils se précipitèrent vers la porte. » Les savants disent : c’est là une des concisions miraculeuses du Coran, où les significations se condensent. Lorsqu’il vit le signe de son Seigneur, il s’enfuit loin d’elle ; elle, cherchant à le ramener à elle, et lui, à s’en échapper. Elle le rattrapa avant qu’il ne sorte.

« Elle déchira sa tunique par-derrière » : c’est-à-dire dans son dos. Elle saisit le haut de sa tunique, qui se déchira à l’encolure, la déchirure descendant jusqu’à l’extrémité inférieure du vêtement.

يَا يُوسُفَ! فَوَلَّى هَارِبًا. وَرَوَى سُفْيَانُ عَنْ أَبِي حُصَيْنٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ قَالَ: مُثِّلَ لَهُ يَعْقُوبُ فَضَرَبَ صَدْرَهُ فَخَرَجَتْ شَهْوَتُهُ مِنْ أَنَامِلِهِ، قَالَ مُجَاهِدٌ: فَوُلِدَ لِكُلٍ وَاحِدٍ مِنْ أَوْلَادِ يَعْقُوبَ اثْنَا عَشَرَ ذَكَرًا إِلَّا يُوسُفَ لَمْ يُولَدْ لَهُ إِلَّا غُلَامَانِ، وَنَقَصَ بِتِلْكَ الشَّهْوَةِ وَلَدُهُ، وَقِيلَ غَيْرُ هَذَا. وَبِالْجُمْلَةِ: فَذَلِكَ الْبُرْهَانُ آيَةٌ مِنْ آيَاتِ اللَّهِ أَرَاهَا اللَّهُ يُوسُفَ حَتَّى قَوِيَ إِيمَانُهُ، وَامْتَنَعَ عَنِ الْمَعْصِيَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَذلِكَ لِنَصْرِفَ عَنْهُ السُّوءَ وَالْفَحْشاءَ) الْكَافُ مِنْ " كَذلِكَ" يَجُوزُ أَنْ تَكُونَ رَفْعًا، بِأَنْ يَكُونَ خَبَرَ ابْتِدَاءٍ مَحْذُوفٍ، التَّقْدِيرُ.: الْبَرَاهِينُ كَذَلِكَ، وَيَكُونُ نَعْتًا لِمَصْدَرٍ مَحْذُوفٍ، أَيْ أَرَيْنَاهُ الْبَرَاهِينَ رُؤْيَةً كَذَلِكَ. وَالسُّوءُ الشَّهْوَةُ، وَالْفَحْشَاءُ المباشرة. وقيل: السوء الثناء القبيح، والفحشاء الزنى. وَقِيلَ: السُّوءُ خِيَانَةُ صَاحِبِهِ، وَالْفَحْشَاءُ رُكُوبُ الْفَاحِشَةِ. وقيل: السوء عقوبة الملك العزيز. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَأَبُو عَمْرٍو وَابْنُ عَامِرٍ " الْمُخْلِصِينَ" بِكَسْرِ اللَّامِ، وَتَأْوِيلُهَا الَّذِينَ أَخْلَصُوا طَاعَةَ اللَّهِ. وَقَرَأَ الْبَاقُونَ بِفَتْحِ اللَّامِ، وَتَأْوِيلُهَا: الَّذِينَ أَخْلَصَهُمُ اللَّهُ لِرِسَالَتِهِ، وَقَدْ كَانَ يُوسُفُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِهَاتَيْنِ الصِّفَتَيْنِ، لِأَنَّهُ كَانَ مُخْلِصًا فِي طَاعَةِ اللَّهِ تَعَالَى، مُسْتَخْلَصًا لِرِسَالَةِ الله تعالى. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٢٥]] وَاسْتَبَقَا الْبابَ وَقَدَّتْ قَمِيصَهُ مِنْ دُبُرٍ وَأَلْفَيا سَيِّدَها لَدَى الْبابِ قالَتْ مَا جَزاءُ مَنْ أَرادَ بِأَهْلِكَ سُوءاً إِلاَّ أَنْ يُسْجَنَ أَوْ عَذابٌ أَلِيمٌ (٢٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاسْتَبَقَا الْبابَ وَقَدَّتْ قَمِيصَهُ مِنْ دُبُرٍ) . فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تعالى: (وَاسْتَبَقَا الْبابَ) قال الْعُلَمَاءُ: وَهَذَا مِنَ اخْتِصَارِ الْقُرْآنِ الْمُعْجِزِ الَّذِي يَجْتَمِعُ فِيهِ الْمَعَانِي، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا رَأَى بُرْهَانَ رَبِّهِ هَرَبَ مِنْهَا فَتَعَادَيَا، هِيَ لِتَرُدَّهُ إِلَى نَفْسِهَا، وَهُوَ لِيَهْرُبَ عَنْهَا، فَأَدْرَكَتْهُ قَبْلَ أَنْ يَخْرُجَ. " وَقَدَّتْ قَمِيصَهُ مِنْ دُبُرٍ" أَيْ مِنْ خَلْفِهِ، قَبَضَتْ فِي أَعْلَى قَمِيصِهِ فَتَخَرَّقَ الْقَمِيصُ عِنْدَ طَوْقِهِ، وَنَزَلَ التَّخْرِيقُ إِلَى أَسْفَلِ القميص.

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