Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’était leur idiome – ainsi l’a affirmé ʿIkrima.

Mujâhid et d’autres ont dit : « C’est une expression arabe par laquelle elle l’appelait vers elle‐même ; c’est un terme d’exhortation et d’incitation à se tourner vers quelque chose. »

Al-Jawharî explique : « On dit : hawwata bihî ou hayyata bihî lorsqu’on élève la voix sur quelqu’un pour l’interpeller et l’appeler. » Il a cité ces vers :
« Il m’a paru suspect que le chamelier ait gardé le silence…
Si l’affaire l’avait concerné, il aurait crié : “Hayyatâ !” » – c’est-à-dire : il aurait appelé.
Un autre a chanté :
« Tout jeune cavalier mène la caravane en répétant : “Hayyât !” »

Parole du Très-Haut :
« Il dit : ‟Maʿâdh Allâh !” (Que Dieu me protège !) »
C’est-à-dire : Je cherche refuge auprès d’Allah et sollicite Sa sauvegarde contre ce à quoi tu m’invites. Le mot maʿâdh est un nom verbal ; on sous-entend le verbe : (aʿûdhu billâhi maʿâdhan). Le complément d’objet est omis et le masdar est mis à l’accusatif par le verbe supprimé ; on y adjoint le nom d’Allah comme on associe habituellement le masdar à son objet, de même que l’on dit : « Je suis passé auprès de Zayd d’un passage comparable à celui d’ʿAmr », c’est-à-dire semblable à mon passage auprès d’ʿAmr.

« Il est mon seigneur » – c’est-à-dire son mari : il est mon maître, il m’a honoré, je ne puis donc le trahir ; telle est l’explication de Mujâhid, Ibn Isḥâq et al-Suddî.

Al-Zajjâj a dit : « C’est plutôt : “Allah est mon Seigneur, Il m’a prise en charge par Sa grâce ; jamais je ne commettrai ce qu’Il a interdit.” »

« En vérité, les injustes ne réussissent pas. »

Le hadith rapporte qu’elle lui dit :
– Ô Yûsuf ! Que ton visage est beau !
Il répondit :
– C’est dans le sein maternel que mon Seigneur m’a façonné.
– Ô Yûsuf ! Que tes cheveux sont magnifiques !
– Ce sera la première chose de moi à se consumer dans ma tombe.
– Ô Yûsuf ! Que tes yeux sont ravissants !
– C’est avec eux que je contemple mon Seigneur.
– Ô Yûsuf ! Lève les yeux et regarde mon visage.
– Je crains d’être aveuglé dans l’Au-delà.
– Ô Yûsuf ! Je m’approche de toi et tu t’éloignes de moi ?
– C’est que je recherche par là la proximité de mon Seigneur.

Elle ajouta :
– Ô Yûsuf ! Le qayṭûn (l’alcôve) – je l’ai préparé pour toi ; entre donc avec moi.
Il répondit :
– L’alcôve ne saurait me cacher de mon Seigneur.
– Ô Yûsuf ! Le lit de soie est prêt pour toi ; lève-toi et satisfais mon désir.
– Si je le faisais, la part que je possède au Paradis s’envolerait.

Ainsi continua-t-elle à parler, tandis qu’il lui répondait, jusqu’à ce qu’il ressentît quelque inclination envers elle.

Certains ont rapporté que les femmes n’ont cessé d’être attirées par Yûsuf, d’un désir charnel, jusqu’à ce qu’Allah le missionna comme prophète ; Il fit alors descendre sur lui l’autorité redoutable de la prophétie, si bien que l’appréhension qu’il inspirait détourna quiconque le voyait de la contemplation de sa beauté.

Les savants ont divergé sur la nature de l’intention qu’il éprouva. Il n’y a, en revanche, aucun désaccord sur le fait que son intention à elle était de commettre le péché ; quant à Yûsuf, il en eut l’idée

لُغَتُهُمْ، وَبِهِ قَالَ عِكْرِمَةُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ وَغَيْرُهُ: هِيَ لُغَةٌ عَرَبِيَّةٌ تَدْعُوهُ بِهَا إِلَى نَفْسِهَا، وَهِيَ كَلِمَةُ حَثٍّ وَإِقْبَالٍ عَلَى الْأَشْيَاءِ، قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: يُقَالُ هَوَّتَ بِهِ وَهَيَّتَ بِهِ إِذَا صَاحَ بِهِ وَدَعَاهُ، قَالَ: قَدْ رَابَنِي أَنَّ الْكَرِيَّ أَسْكَتَا ... لَوْ كَانَ مَعْنِيًّا بِهَا لَهَيَّتَا أَيْ صَاحَ، وَقَالَ آخَرُ: يَحْدُو بِهَا كُلُّ فَتًى هَيَّاتِ قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ مَعاذَ اللَّهِ) أَيْ أَعُوذُ بِاللَّهِ وَأَسْتَجِيرُ بِهِ مِمَّا دَعَوْتِنِي إِلَيْهِ، وَهُوَ مَصْدَرٌ، أَيْ أَعُوذُ بِاللَّهِ مَعَاذًا، فَيُحْذَفُ الْمَفْعُولُ وَيَنْتَصِبُ الْمَصْدَرُ بِالْفِعْلِ الْمَحْذُوفِ، وَيُضَافُ الْمَصْدَرُ إِلَى اسْمِ اللَّهِ كَمَا يُضَافُ الْمَصْدَرُ إِلَى الْمَفْعُولِ، كَمَا تَقُولُ: مَرَرْتُ بِزَيْدٍ مُرُورَ عَمْرٍو أَيْ كَمُرُورِي بِعَمْرٍو. (إِنَّهُ رَبِّي) يَعْنِي زَوْجَهَا، أَيْ هُوَ سَيِّدِي أَكْرَمَنِي فَلَا أَخُونُهُ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ وَابْنُ إِسْحَاقَ وَالسُّدِّيُّ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ إِنَّ اللَّهَ رَبِّي تَوَلَّانِي بِلُطْفِهِ، فَلَا أَرْتَكِبُ مَا حَرَّمَهُ. (إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ) وَفِي الْخَبَرِ أَنَّهَا قَالَتْ لَهُ: يَا يُوسُفُ! مَا أَحْسَنَ صُورَةَ وَجْهِكَ! قَالَ: فِي الرَّحِمِ صَوَّرَنِي رَبِّي، قَالَتْ: يَا يُوسُفُ مَا أَحْسَنَ شعرك! قال: هو أول شي يَبْلَى مِنِّي فِي قَبْرِي، قَالَتْ: يَا يُوسُفُ! مَا أَحْسَنَ عَيْنَيْكَ؟ قَالَ: بِهِمَا أَنْظُرُ إِلَى رَبِّي. قَالَتْ: يَا يُوسُفُ! ارْفَعْ بَصَرَكَ فَانْظُرْ فِي وَجْهِي، قَالَ: إِنِّي أَخَافُ الْعَمَى فِي آخِرَتِي. قَالَتْ يَا يُوسُفُ! أَدْنُو مِنْكَ وَتَتَبَاعَدُ مِنِّي؟ ! قَالَ: أُرِيدَ بِذَلِكَ الْقُرْبَ مِنْ رَبِّي. قَالَتْ: يَا يُوسُفُ! الْقَيْطُونُ «١» [فَرَشْتُهُ لَكَ «٢» ] فَادْخُلْ مَعِي، قَالَ: الْقَيْطُونُ لَا يَسْتُرُنِي مِنْ رَبِّي. قَالَتْ: يَا يُوسُفُ! فِرَاشُ الْحَرِيرِ قَدْ فَرَشْتُهُ لَكَ، قُمْ فَاقْضِ حَاجَتِي، قَالَ: إِذًا يَذْهَبُ مِنَ الْجَنَّةِ نَصِيبِي، إِلَى غَيْرِ ذَلِكَ مِنْ كَلَامِهَا وَهُوَ يُرَاجِعُهَا، إِلَى أَنْ هَمَّ بِهَا. وَقَدْ ذَكَرَ بَعْضُهُمْ مَا زَالَ النِّسَاءُ يَمِلْنَ إِلَى يُوسُفَ مَيْلَ شَهْوَةٍ حَتَّى نَبَّأَهُ اللَّهُ، فَأَلْقَى عَلَيْهِ هَيْبَةَ النُّبُوَّةِ، فَشَغَلَتْ هَيْبَتُهُ كُلَّ مَنْ رَآهُ عَنْ حُسْنِهِ. وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي هَمِّهِ. وَلَا خِلَافَ أَنَّ هَمَّهَا كَانَ الْمَعْصِيَةَ، وأما يوسف فهم بها
(١). القيطون: المخدع، أعجمي، وقيل: بلغة أهل مصر والبربر. (٢). من ى. [ ..... ]

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