Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

L’ouverture (al-fatḥ) est légère, car la lettre qui précède le tā’ est un yā’, comme dans les mots « ay­na » et « kayfa ». Celui qui a mis le tā’ en kasra l’a fait parce que la voyelle d’origine est la kasra ; en effet, lorsqu’une consonne muette est vocalisée, elle l’est premièrement par la kasra. Quant à celui qui l’a vocalisée par la ḍamma, c’est parce que le mot renferme l’idée de finalité : autrement dit, elle a dit : « Mon appel t’est destiné. » Lorsque le complément d’annexion (iḍāfa) a été omis, le mot a été bâti sur la ḍamma, à l’instar des mots « ḥaythu » et « baʿdu ».

Pour la lecture des gens de Médine, deux opinions sont rapportées :

  1. La première : la fatha est motivée par la rencontre de deux consonnes non vocalisées, comme il a été expliqué plus haut.
  2. La seconde : il s’agit d’un verbe dérivé de « hā’a – yuhayyī », sur le même schème que « jā’a – yajī’ ». Ainsi, le sens de « hī’tu » serait : « Ta tenue est belle ! », et « laka » appartiendrait à une phrase distincte, comme lorsque l’on dit : « Laka aʿnī » (c’est à toi que je m’adresse).

Celui qui a prononcé le hamza et mis le tā’ en ḍamma y voit un verbe signifiant : « Je me suis préparée pour toi », de même que celui qui a lu : « hītu laka ».

Abū ʿAmr a rejeté cette lecture. Abū ʿUbayda Maʿmar ibn al-Muthannā rapporte qu’on interrogea Abū ʿAmr au sujet de la lecture où l’on casse le hā’ et l’on fait suivre le tā’ d’un ḍamma avec hamza ; il répondit : « C’est infondé ; on en fait un dérivé de “tahayya’tu”. Va donc interroger les Arabes jusqu’au Yémen : connais-tu quelqu’un qui dise cela ? »

Al-Kisā’ī a également affirmé : « La forme “hi’ta” n’est pas attestée chez les Arabes. »

ʿIkrima a dit : « “Hayta laka” signifie : “Je me suis préparée pour toi, je me suis parée, je me suis embellie.” » Cependant, il s’agit d’une lecture non agréée, puisqu’elle n’est pas attestée dans la langue arabe.

Al-Naḥḥās observe au contraire qu’elle est correcte selon les grammairiens de Baṣra, car on dit : « hā’a ar-rajulu yahā’u wa-yuhayyī hay’atan », sur le modèle de « jā’a yajī’ » ; ainsi, « hayta » se comporte comme « ji’tu ».

Le fait de casser le hā’ dans « hayta » est la langue d’une tribu qui préfère le kasr du hā’ à sa fatha.

Al-Zajjāj déclare que la meilleure des lectures est « hayta », avec fatha sur le hā’ et le tā’. Tarafa a dit :
« Notre clan n’est pas des plus éloignés lorsque…
— et un homme de la tribu lança l’appel : “hayta !” »
avec fatha sur le hā’ et le tā’.

Un autre poète, à propos de ʿAlī ibn Abī Ṭālib — qu’Allāh l’agrée —, a récité :
« Transmets donc à l’Émir des croyants…
Ô frère d’Irāk, lorsque tu viendras,
Sache que l’Irāk et ses habitants
Sont en paix avec toi ; hayta, haytā ! »

Ibn ʿAbbās et al-Ḥasan ont dit : « “Hayta” est un mot syriaque par lequel elle l’a appelé à elle. »

Al-Suddi affirme que, dans la langue copte, il signifie : « Viens donc à moi. »

Abū ʿUbayd rapporte qu’al-Kisā’ī disait : « C’est une langue propre aux gens de Ḥawrān qui s’est transmise aux habitants du Ḥijāz ; son sens est : “Viens !”. »

Abū ʿUbayd ajoute : « J’ai interrogé un shaykh savant originaire de Ḥawrān, lequel m’a confirmé que… »

وَالْفَتْحُ خَفِيفٌ، لِأَنَّ قَبْلَ التَّاءِ يَاءً مِثْلُ، أَيْنَ وَكَيْفَ، وَمَنْ كَسَرَ التَّاءَ فَإِنَّمَا كَسَرَهَا لِأَنَّ الْأَصْلَ الْكَسْرُ، لِأَنَّ السَّاكِنَ إِذَا حُرِّكَ حُرِّكَ إِلَى الْكَسْرِ، وَمَنْ ضَمَّ فَلِأَنَّ فِيهِ مَعْنَى الْغَايَةِ، أَيْ قَالَتْ: دُعَائِي لَكَ، فَلَمَّا حُذِفَتِ الْإِضَافَةُ بُنِيَ عَلَى الضَّمِّ، مِثْلُ حَيْثُ وَبَعْدُ. وَقِرَاءَةُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ فِيهَا قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنْ يَكُونَ الْفَتْحُ لِالْتِقَاءِ السَّاكِنَيْنِ كَمَا مَرَّ. والآخر- أن يكون فعلا من هاء يهيئ مثل جاء يجئ، فَيَكُونُ الْمَعْنَى فِي " هِئْتُ" أَيْ حَسُنَتْ هَيْئَتُكَ، وَيَكُونُ " لَكَ" مِنْ كَلَامٍ آخَرَ، كَمَا تَقُولُ: لَكَ أَعْنِي. وَمَنْ هَمَزَ وَضَمَّ التَّاءَ فَهُوَ فِعْلٌ بِمَعْنَى تَهَيَّأْتُ لَكَ، وَكَذَلِكَ مَنْ قَرَأَ " هِيتُ لَكَ" . وَأَنْكَرَ أَبُو عَمْرٍو هَذِهِ الْقِرَاءَةَ، قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ- مَعْمَرُ بْنُ الْمُثَنَّى: سُئِلَ أَبُو عَمْرٍو عَنْ قِرَاءَةِ مَنْ قَرَأَ بِكَسْرِ الْهَاءِ وَضَمِّ التَّاءِ مَهْمُوزًا فَقَالَ أَبُو عَمْرٍو: بَاطِلٌ، جَعَلَهَا مِنْ تَهَيَّأْتُ! اذْهَبْ فَاسْتَعْرِضِ الْعَرَبَ حَتَّى تَنْتَهِيَ إِلَى الْيَمَنِ هَلْ تَعْرِفُ أَحَدًا يَقُولُ هَذَا؟ ! وَقَالَ الْكِسَائِيُّ أَيْضًا: لَمْ تُحْكَ " هئت" عن العرب. قال عكرمة: " هيت لَكَ" أَيْ تَهَيَّأْتُ لَكَ وَتَزَيَّنْتُ وَتَحَسَّنْتُ، وَهِيَ قِرَاءَةٌ غَيْرُ مَرْضِيَّةٍ، لِأَنَّهَا لَمْ تُسْمَعْ فِي الْعَرَبِيَّةِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهِيَ جَيِّدَةٌ عِنْدَ الْبَصْرِيِّينَ، لأنه يقال: هاء الرجل يهاء ويهيئ هيأة فهاء يهيئ مثل جاء يجئ وهيت مِثْلُ جِئْتُ. وَكَسْرُ الْهَاءِ فِي " هَيْتَ" لُغَةٌ لِقَوْمٍ يُؤْثِرُونَ كَسْرَ الْهَاءِ عَلَى فَتْحِهَا. قَالَ الزَّجَّاجُ: أَجْوَدُ الْقِرَاءَاتِ " هَيْتَ" بِفَتْحِ الْهَاءِ وَالتَّاءِ، قَالَ طَرَفَةُ: لَيْسَ قَوْمِي بِالْأَبْعَدِينَ إِذَا مَا ... وقال دَاعٍ مِنَ الْعَشِيرَةِ هَيْتَ بِفَتْحِ الْهَاءِ وَالتَّاءِ. وَقَالَ الشَّاعِرُ فِي عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ رَضِيَ اللَّهُ عنه: أبلغ أمير المؤمن ... ين أَخَا الْعِرَاقِ إِذَا أَتَيْتَا إِنَّ الْعِرَاقَ وَأَهْلَهُ ... سِلْمٌ إِلَيْكَ فَهَيْتَ هَيْتَا قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَالْحَسَنُ: " هَيْتَ" كَلِمَةٌ بِالسُّرْيَانِيَّةِ تَدْعُوهُ إِلَى نَفْسِهَا. وَقَالَ السُّدِّيُّ: مَعْنَاهَا بِالْقِبْطِيَّةِ «١» هَلُمَّ لَكَ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: كَانَ الْكِسَائِيُّ يَقُولُ: هِيَ لُغَةٌ لِأَهْلِ حَوْرَانَ وَقَعَتْ إِلَى أَهْلِ الْحِجَازِ مَعْنَاهُ تَعَالَ، قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: فَسَأَلْتُ شَيْخًا عَالِمًا من حوران فذكر أنها
(١). في عين النبطية.

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