Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abou ‘Ubayd a prétendu qu’aucun singulier, dérivé de cette racine, n’existe dans la langue des Arabes ; le terme signifie la plénitude de la force, puis vient ensuite la décroissance.

Moujâhid et Qatâda ont dit : « al-Ašudd correspond à trente-trois ans. »

Rabî‘a, Zayd ibn Aslam et Mâlik ibn Anas ont, quant à eux, affirmé : « al-Ašudd désigne l’atteinte de la puberté. » Les propos des savants à ce sujet ont été exposés en détail dans les sourates « An-Nisâ’ »(1) et « Al-Anʿâm »(2).

« Nous lui accordâmes jugement et science » : on a dit : « Nous l’établîmes détenteur de l’autorité judiciaire, si bien qu’il jugeait au nom du souverain » ; c’est-à-dire : « Nous lui conférâmes la science qui permet de statuer. »
Moujâhid a précisé : « (Allah lui accorda) raison, compréhension et prophétie. »
Selon d’autres, « le jugement » signifie la prophétie et « la science » renvoie à la connaissance religieuse ; d’autres encore ont dit : « il s’agit de la science de l’interprétation des rêves. »
Ceux qui soutiennent qu’il reçut la prophétie alors qu’il était encore enfant disent : « Lorsqu’il eut atteint sa maturité, Nous augmentâmes son discernement et son savoir. »

« Ainsi rétribuons-Nous les bienfaisants » : c’est-à-dire les croyants. D’aucuns ont dit : les endurants face aux épreuves, comme Yûsuf fit preuve de patience – propos rapporté par Ad-Dahhâk.
At-Tabarî affirme : bien que cette parole s’applique, dans l’expression, à tout bienfaisant, c’est Muhammad – paix et salut sur lui – qui est visé. Allah – Exalté soit-Il – dit : « De même que J’ai agi ainsi envers Yûsuf, après qu’il eut enduré ce qu’il a enduré, avant de lui octroyer ce que Je lui ai octroyé, de même Je te sauverai des polythéistes de ton peuple qui te veulent du mal et Je t’établirai sur la terre. »

[Coran, 12 : 23-24]
« Elle, dans la maison de qui il se trouvait, chercha à le séduire. Elle ferma hermétiquement les portes et dit : “Viens donc !” Il répondit : “Qu’Allah me protège ! Il est mon Maître ; Il m’a accordé un séjour honorable. Les injustes ne réussissent jamais.” (23)
Et, certes, elle le convoita ; et il l’aurait convoitée, n’eût été qu’il vit la preuve de son Seigneur. Ainsi fîmes-Nous afin d’écarter de lui le mal et la turpitude. Il était certes du nombre de Nos serviteurs élus. (24) »

Parole du Très-Haut :
« Elle, dans la maison de qui il se trouvait, chercha à le séduire… »
Il s’agit de la femme de l’‘Azîz ; elle voulut qu’il eût un rapport avec elle. Le terme « murâwadah » a pour sens originel la volonté et la recherche, avec douceur et souplesse. Les mots « rawd » et « riyâd » désignent la recherche de pâturage.
On a dit aussi qu’il provient de « ruwayd » : l’on dit : « Untel marche ruwaydan », c’est-à-dire doucement ; la murâwadah est donc la douceur dans la demande. Il est dit

وَزَعَمَ أَبُو عُبَيْدٍ أَنَّهُ لَا وَاحِدَ لَهُ مِنْ لَفْظِهِ عِنْدَ الْعَرَبِ، وَمَعْنَاهُ اسْتِكْمَالُ الْقُوَّةِ ثُمَّ يَكُونُ النُّقْصَانُ بَعْدُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ: الْأَشُدُّ ثَلَاثٌ وَثَلَاثُونَ سَنَةً. وَقَالَ رَبِيعَةُ وَزَيْدُ بْنُ أَسْلَمَ وَمَالِكُ بْنُ أَنَسٍ: الْأَشُدُّ بُلُوغُ الْحُلُمِ، وَقَدْ مَضَى مَا لِلْعُلَمَاءِ فِي هَذَا فِي " النِّسَاءِ" «١» وَ " الْأَنْعَامِ" «٢» مُسْتَوْفًى. (آتَيْناهُ حُكْماً وَعِلْماً) قِيلَ: جَعَلْنَاهُ الْمُسْتَوْلِي عَلَى الْحُكْمِ، فَكَانَ يَحْكُمُ فِي سُلْطَانِ الْمَلِكِ، أَيْ وَآتَيْنَاهُ عِلْمًا بِالْحُكْمِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْعَقْلُ وَالْفَهْمُ وَالنُّبُوَّةُ. وَقِيلَ: الْحُكْمُ النُّبُوَّةُ، وَالْعِلْمُ عِلْمُ الدِّينِ، وَقِيلَ: عِلْمُ الرُّؤْيَا، وَمَنْ قَالَ: أُوتِيَ النُّبُوَّةَ صَبِيًّا قَالَ: لَمَّا بَلَغَ أَشُدَّهُ زِدْنَاهُ فَهْمًا وَعِلْمًا. (وَكَذلِكَ نَجْزِي الْمُحْسِنِينَ) يَعْنِي الْمُؤْمِنِينَ. وَقِيلَ: الصَّابِرِينَ عَلَى النَّوَائِبِ كَمَا صَبَرَ يُوسُفُ، قَالَهُ الضَّحَّاكُ. وَقَالَ الطَّبَرِيُّ: هَذَا وَإِنْ كَانَ مَخْرَجُهُ ظَاهِرًا عَلَى كُلِّ مُحْسِنٍ فَالْمُرَادُ بِهِ مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، يَقُولُ اللَّهُ تَعَالَى: كَمَا فَعَلْتُ هَذَا بِيُوسُفَ بَعْدَ أَنْ قَاسَى مَا قَاسَى ثُمَّ أَعْطَيْتُهُ مَا أَعْطَيْتُهُ، كَذَلِكَ أُنْجِيكَ مِنْ مُشْرِكِي قَوْمِكَ الَّذِينَ يَقْصِدُونَكَ بِالْعَدَاوَةِ، وَأُمَكِّنُ لَكَ في الأرض. [سورة يوسف (١٢) : الآيات ٢٣ الى ٢٤] وَراوَدَتْهُ الَّتِي هُوَ فِي بَيْتِها عَنْ نَفْسِهِ وَغَلَّقَتِ الْأَبْوابَ وَقالَتْ هَيْتَ لَكَ قالَ مَعاذَ اللَّهِ إِنَّهُ رَبِّي أَحْسَنَ مَثْوايَ إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ (٢٣) وَلَقَدْ هَمَّتْ بِهِ وَهَمَّ بِها لَوْلا أَنْ رَأى بُرْهانَ رَبِّهِ كَذلِكَ لِنَصْرِفَ عَنْهُ السُّوءَ وَالْفَحْشاءَ إِنَّهُ مِنْ عِبادِنَا الْمُخْلَصِينَ (٢٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَراوَدَتْهُ الَّتِي هُوَ فِي بَيْتِها عَنْ نَفْسِهِ) وَهِيَ امْرَأَةُ الْعَزِيزِ، طَلَبَتْ مِنْهُ أَنْ يُوَاقِعَهَا. وَأَصْلُ الْمُرَاوَدَةِ الْإِرَادَةُ وَالطَّلَبُ بِرِفْقٍ وَلِينٍ. وَالرَّوْدُ وَالرِّيَادُ طَلَبُ الْكَلَأِ، وَقِيلَ: هِيَ مِنْ رُوَيْدٍ، يُقَالُ: فُلَانٌ يَمْشِي رُوَيْدًا، أَيْ بِرِفْقٍ، فالمراودة الرفق في الطلب، يقال
(١). راجع ج ٥ ص ٣٤ فما بعد. (٢). راجع ج ٧ ص ١٣٤ فما بعد.

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