Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il comporte six points :

Premier point : – Que Sa parole – (« Ils le vendirent – wa sharaw-hu ») – Le verbe « sharaytu » peut signifier : « j’ai acheté », mais il existe également, dans la langue, l’usage de « sharaytu » au sens de « j’ai vendu ». Le poète a dit :
« Wa sharaytu burdan laytanī …
min ba‘di burdin kuntu hāmah »
c’est-à-dire : « je l’ai vendu ».
Un autre a dit :
« Falammā sharāhā fāḍati l-‘aynu ‘abrah …
wa fī ṣ-ṣadri ḥuzzāzun mina l-lawm ḥāmiz ».

« Pour un prix vil (bi-thamanin bakhsin) »
– c’est-à-dire : diminué. Ici, « bakhs » est un nom verbal employé à la place du nom d’actif ; le sens est : « ils le vendirent pour un prix amoindri, diminué ». Le dessein de ses frères n’était pas de tirer profit de son prix ; ils visaient plutôt le profit qu’ils retireraient du fait que le visage de leur père serait désormais délivré de sa présence.

On a dit : Yéhûdâ vit de loin que Yūsuf avait été extrait du puits ; il en informa ses frères, qui vinrent alors le vendre aux passants.

On a dit encore : non ; ils revinrent, trois jours plus tard, au puits pour s’enquérir de la situation. Ils virent la trace d’une caravane, les suivirent et dirent : « Voici notre esclave, il s’est enfui de chez nous », puis ils le leur vendirent.

Qatādah a dit : « bakhs » signifie : injustice.

Aḍ-Ḍaḥḥāk, Muqātil, As-Suddī et Ibn ‘Atā’ ont dit : « bakhs » signifie : illicite.

Ibn al-‘Arabī a dit : « Cela n’a pas de fondement ; l’indication contenue dans le terme montre seulement qu’on n’a pas perçu pour lui son juste prix. Car, si ce sont ses frères qui l’ont vendu, ils ne recherchaient pas le profit de son prix ; ils voulaient plutôt tirer avantage du fait que leur père serait débarrassé de lui. Si ceux qui l’ont vendu étaient les gens de la caravane, ils l’ont caché, l’ayant recueilli à l’écart, ou bien ils dirent à leurs compagnons : “On nous a confié cette marchandise.” Ils virent alors qu’ils n’avaient rien payé pour lui, et que tout ce qu’ils obtiendraient en serait pur bénéfice. »

Je dis : Son affirmation : « l’indication montre seulement qu’on n’a pas perçu pour lui son juste prix » donne à penser que, s’ils en avaient reçu le prix entier correspondant à sa valeur, la vente aurait été permise ; or il n’en est rien. Cela prouve la justesse de ce qu’ont avancé As-Suddī et d’autres : ils ont conclu une vente portant sur une personne dont la vente n’est pas permise ; dès lors, leur prix leur était illicite.

‘Ikrimah et Ash-Sha‘bī ont dit : « bakhs » : peu.

Ibn Ḥayyān a dit : contrefait.

D’après Ibn ‘Abbās et Ibn Mas‘ūd, ils le vendirent pour vingt dirhams, chacun de ses dix frères en prit deux ; Qatādah et As-Suddī l’ont également rapporté.

Et Abū l-‘Āliyah a dit

فيه ست مسائل: الأولى تَعَالَى: (وَشَرَوْهُ) يُقَالُ: شَرَيْتُ بِمَعْنَى اشْتَرَيْتُ، وَشَرَيْتُ بِمَعْنَى بِعْتُ لُغَةٌ، قَالَ الشَّاعِرُ» : وَشَرَيْتُ بُرْدًا لَيْتَنِي ... مِنْ بَعْدِ بُرْدٍ كُنْتُ هَامَهُ أَيْ بِعْتُ. وَقَالَ آخَرُ: فَلَمَّا شَرَاهَا فَاضَتِ الْعَيْنُ عَبْرَةً ... وَفِي الصَّدْرِ حُزَّازٌ مِنَ اللَّوْمِ حَامِزُ «٢» (بِثَمَنٍ بَخْسٍ) أَيْ نَقْصٍ، وَهُوَ هُنَا مَصْدَرٌ وُضِعَ مَوْضِعَ الِاسْمِ، أَيْ بَاعُوهُ بِثَمَنٍ مَبْخُوسٍ، أَيْ مَنْقُوصٍ. وَلَمْ يَكُنْ قَصْدُ إِخْوَتِهِ مَا يَسْتَفِيدُونَهُ مِنْ ثَمَنِهِ، وَإِنَّمَا كَانَ قَصْدُهُمْ مَا يَسْتَفِيدُونَهُ مِنْ خُلُوِّ وَجْهِ أَبِيهِمْ عَنْهُ. وَقِيلَ: إِنَّ يَهُوذَا رَأَى مِنْ بَعِيدٍ أَنَّ يُوسُفَ أُخْرِجَ مِنَ الْجُبِّ فَأَخْبَرَ إِخْوَتَهُ فَجَاءُوا وَبَاعُوهُ مِنَ الْوَارِدَةِ. وَقِيلَ: لَا بَلْ عَادُوا بَعْدَ ثَلَاثٍ إِلَى الْبِئْرِ يَتَعَرَّفُونَ الْخَبَرَ، فَرَأَوْا أَثَرَ السَّيَّارَةِ فَاتَّبَعُوهُمْ وَقَالُوا: هَذَا عَبْدُنَا أَبَقَ مِنَّا فَبَاعُوهُ مِنْهُمْ. وَقَالَ قَتَادَةُ: " بَخْسٍ" ظُلْمٌ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ وَمُقَاتِلٌ وَالسُّدِّيُّ وَابْنُ عَطَاءٍ: " بَخْسٍ" حَرَامٌ. وَقَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَلَا وَجْهَ لَهُ، وَإِنَّمَا الْإِشَارَةُ فِيهِ إِلَى أَنَّهُ لَمْ يُسْتَوْفَ ثَمَنُهُ بِالْقِيمَةِ، لِأَنَّ إِخْوَتَهُ إِنْ كَانُوا بَاعُوهُ فَلَمْ يكن قصدهم ما يستقيدونه مِنْ ثَمَنِهِ، وَإِنَّمَا كَانَ قَصْدُهُمْ مَا يَسْتَفِيدُونَ مِنْ خُلُوِّ وَجْهِ أَبِيهِمْ عَنْهُ، وَإِنْ كَانَ الَّذِينَ بَاعُوهُ الْوَارِدَةَ فَإِنَّهُمْ أَخْفَوْهُ مُقْتَطَعًا، أَوْ قَالُوا «٣» لِأَصْحَابِهِمْ: أُرْسِلَ مَعَنَا بِضَاعَةٌ فَرَأَوْا أَنَّهُمْ لَمْ يُعْطُوا عَنْهُ ثَمَنًا وَأَنَّ مَا أَخَذُوا فِيهِ رِبْحٌ كُلُّهُ. قُلْتُ: قَوْلُهُ " وَإِنَّمَا الْإِشَارَةُ فِيهِ إِلَى أَنَّهُ لَمْ يُسْتَوْفَ ثَمَنُهُ بِالْقِيمَةِ" يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُمْ لَوْ أَخَذُوا الْقِيمَةَ فِيهِ «٤» كَامِلَةً كَانَ ذَلِكَ جَائِزًا وَلَيْسَ كَذَلِكَ، فَدَلَّ عَلَى صِحَّةِ مَا قَالَهُ السُّدِّيُّ وَغَيْرُهُ، لِأَنَّهُمْ أَوْقَعُوا الْبَيْعَ عَلَى نَفْسٍ لَا يَجُوزُ بَيْعُهَا، فَلِذَلِكَ كَانَ لَا يَحِلُّ لَهُمْ ثَمَنُهُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ وَالشَّعْبِيُّ: قَلِيلٌ. وَقَالَ ابْنُ حَيَّانَ: زَيْفٌ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَابْنِ مَسْعُودٍ بَاعُوهُ بِعِشْرِينَ دِرْهَمًا أَخَذَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْ إِخْوَتِهِ دِرْهَمَيْنِ، وَكَانُوا عَشَرَةً، وَقَالَهُ قَتَادَةُ وَالسُّدِّيُّ. وَقَالَ أَبُو العالية
(١). هو يزيد بن مفزع الحميري، و (برد) اسم عبد كان له ندم على بيعه. (٢). البيت للشماخ، قاله في رجل باع قوسه من رجل. وحامز: عاصر، وقيل: أي ممض محرق. ويروى: من الوجد. (اللسان). (٣). في ع وك وو: وقالوا. (٤). في ع وك وى: وافية كاملة.

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