«Mon chameau s’est plaint auprès de moi de la longueur des étapes nocturnes… – Patience parfaite ! – car nous sommes tous deux éprouvés.»
Or, la «patience parfaite» est celle qui n’admet ni affolement ni lamentation.
On a également dit : le sens est : «Je ne vivrai pas parmi vous le visage assombri et le front renfrogné ; au contraire, je vous côtoierai comme jadis», ce qui indique qu’il leur avait accordé son pardon.
D’après Ḥabīb b. Abī Thābit, les sourcils de Ya‘qūb étaient tombés sur ses yeux ; il les relevait donc à l’aide d’une bande de tissu. On lui demanda : «Qu’est-ce donc ?» Il répondit : «C’est le poids des années et la multiplicité des peines.» Alors Allah lui révéla : «Te plains-tu de Moi, ô Ya‘qūb ?» Il dit : «Ô mon Seigneur ! C’est une faute que j’ai commise ; pardonne-la-moi.»
«Et Allah est Celui dont on implore l’aide» : sujet et prédicat.
«… face à ce que vous décrivez» : c’est-à-dire pour supporter les mensonges que vous proférez.
Troisièmement, Ibn Abī Rifā‘a a dit : «Il convient aux gens d’opinion de suspecter leur propre jugement à la lumière de l’estimation de Ya‘qūb – sur lui la paix –, qui était un Prophète. Lorsque ses fils lui dirent : ‘Nous sommes allés courir et nous avons laissé Yūsuf près de nos affaires ; le loup l’a dévoré’, il répondit : ‘Mais c’est plutôt vous-mêmes que vos âmes ont enjolivé une affaire ; donc (ma devise est) une patience parfaite’, et là il avait vu juste.
Puis, quand ils lui déclarèrent : ‘Ton fils a volé ; nous ne témoignons que de ce que nous savons et nous n’étions point les gardiens de l’inconnu’, il dit : ‘Mais c’est plutôt vous-mêmes que vos âmes ont enjolivé une affaire’, et cette fois il ne vit pas juste. »
[Coran, S. Yūsuf 12 : 19]
«Une caravane vint à passer ; ils dépêchèrent leur puisatier, qui fit descendre son seau. Il dit : “Bonne nouvelle ! Voilà un garçon !” Ils le tinrent caché comme marchandise, tandis qu’Allah savait fort bien ce qu’ils faisaient» (v. 19).
Paroles du Très-Haut :
«Une caravane arriva» : c’était un convoi de voyageurs quittant la Syrie pour l’Égypte ; ils s’étaient égarés, errèrent çà et là, puis firent halte à proximité du puits. Ce puits se trouvait dans une terre désertique, loin de toute habitation ; seuls les bergers et les passants y venaient. Son eau était saumâtre, mais elle devint douce lorsque Yūsuf y fut jeté.
«Ils dépêchèrent leur puisatier» : le verbe est au pluriel en accord avec le sens ; si l’on avait dit «dépêcha son puisatier», on se serait conformé à la forme du mot «caravane». Le puisatier – celui qui se rend au point d’eau pour puiser au profit du groupe – s’appelait, selon les exégètes, Mālik b. Du‘r.