Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Assis sur les genoux de Ruben, il lui dit :
« Ô Ruben, ne t’ai-je pas confié mon enfant ? Ne t’ai-je pas fait de recommandation ? »
Ruben répondit :
« Ô mon père, cesse de pleurer et je te dirai la vérité. »
Jacob retint alors ses larmes et Ruben poursuivit :
« Ô mon père, nous étions partis rivaliser entre nous, laissant Yûsuf près de nos affaires, lorsqu’un loup l’a dévoré. »

Deuxième point – Nos savants ont déduit de ce verset que les pleurs d’une personne ne suffisent pas à attester la véracité de ses propos ; ils peuvent être feints, car certains sont capables de se forcer à pleurer tandis que d’autres en sont incapables.
On a même dit que les larmes fabriquées ne sauraient passer inaperçues, comme l’a exprimé un sage :
« Lorsque les larmes se mêlent sur des joues, on distingue celui qui pleure réellement de celui qui feint. »

Allah – Très-Haut – dit (Sourate Yûsuf, 12 : 17) :
« Ils dirent : “Ô notre père, nous sommes partis courir les uns contre les autres et nous avons laissé Yûsuf auprès de nos effets ; le loup l’a donc dévoré. Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité.” »

Cette parole comporte sept questions juridiques :
Premièrement – L’expression “نَسْتَبِقُ – nous rivalisions” vient de la racine de la course compétitive (المسابقة). Certains ont lu, dans la récitation d’Ibn ʿAbd Allâh : « إِنَّا ذَهَبْنَا نَنْتَضِلُ – nous étions partis tirer à l’arc », ce qui demeure une forme de compétition, comme l’a indiqué Az-Zajjâj.
Al-Azhari précise : an-Niḍâl concerne le tir à l’arc, ar-Rihân les courses hippiques, et al-Musâbaqa englobe les deux.
Abû Naṣr al-Qushayrî commente : « Nous rivalisions soit au tir, soit à cheval, soit à pied. La course à pied entraîne l’âme à la fuite rapide, arme utile au combat contre l’ennemi et à la protection des moutons contre le loup. »
As-Suddî et Ibn Ḥibbân disent : « نَسْتَبِقُ – nous courions de toute notre force pour voir lequel de nous arriverait le premier. »

Ibn al-ʿArabî écrit : « La compétition est une prescription de la Sharîʿa, un trait remarquable et une aide au combat. Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – l’a pratiquée lui-même, que ce soit à cheval ou à pied. Il courut avec ʿÂʾisha – qu’Allâh l’agrée – et la devança ; quand le Messager d’Allâh prit de l’âge, il courut de nouveau avec elle et elle le devança, et il lui dit : “Ceci compense cela.” »
Je (l’auteur) dis : Salama ibn al-Akwaʿ courut également une course, lors du retour de l’expédition de Dhî Qarad jusqu’à Médine, et il l’emporta sur son concurrent ; ce récit est rapporté par Muslim.

فِي حَجْرِ رُوبِيلَ، فَقَالَ: يَا رُوبِيلُ! أَلَمْ آتمنك عَلَى وَلَدِي؟ أَلَمْ أَعْهَدْ إِلَيْكَ عَهْدًا؟ فَقَالَ: يَا أَبَتِ كُفَّ عَنِّي بُكَاءَكَ أُخْبِرْكَ، فَكَفَّ يَعْقُوبُ بُكَاءَهُ فَقَالَ: يَا أَبَتِ " إِنَّا ذَهَبْنا نَسْتَبِقُ وَتَرَكْنا يُوسُفَ عِنْدَ مَتاعِنا فَأَكَلَهُ الذِّئْبُ" . الثَّانِيَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا: هَذِهِ الْآيَةُ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ بُكَاءَ الْمَرْءِ لَا يَدُلُّ عَلَى صِدْقِ مَقَالِهِ، لِاحْتِمَالِ أَنْ يَكُونَ تَصَنُّعًا، فَمِنَ الْخَلْقِ مَنْ يَقْدِرُ عَلَى ذَلِكَ، وَمِنْهُمْ مَنْ لَا يَقْدِرُ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ الدَّمْعَ الْمَصْنُوعَ لَا يَخْفَى، كَمَا قَالَ حَكِيمٌ: إِذَا اشْتَبَكَتْ دُمُوعٌ فِي خُدُودٍ ... تَبَيَّنَ مَنْ بَكَى مِمَّنْ تَبَاكَى [[سورة يوسف (١٢) : آية ١٧]] قالُوا يَا أَبانا إِنَّا ذَهَبْنا نَسْتَبِقُ وَتَرَكْنا يُوسُفَ عِنْدَ مَتاعِنا فَأَكَلَهُ الذِّئْبُ وَما أَنْتَ بِمُؤْمِنٍ لَنا وَلَوْ كُنَّا صادِقِينَ (١٧) فِيهِ سَبْعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى " نَسْتَبِقُ" نَفْتَعِلُ، مِنِ، الْمُسَابَقَةِ. وَقِيلَ: أَيْ نَنْتَضِلُ، وَكَذَا فِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ " إِنَّا ذَهَبْنَا نَنْتَضِلُ" وَهُوَ نَوْعٌ مِنَ الْمُسَابَقَةِ، قَالَهُ الزَّجَّاجُ. وَقَالَ الْأَزْهَرِيُّ: النِّضَالُ فِي السِّهَامِ، وَالرِّهَانِ فِي الْخَيْلِ، وَالْمُسَابَقَةُ تَجْمَعُهُمَا. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ: " نَسْتَبِقُ" أَيْ فِي الرَّمْيِ، أَوْ عَلَى الْفَرَسِ، أَوْ عَلَى الْأَقْدَامِ، وَالْغَرَضُ مِنَ الْمُسَابَقَةِ عَلَى الْأَقْدَامِ تَدْرِيبُ النَّفْسِ عَلَى الْعَدْوِ، لِأَنَّهُ الْآلَةُ فِي قِتَالِ الْعَدُوِّ، وَدَفْعِ الذِّئْبِ عَنِ الْأَغْنَامِ. وَقَالَ السُّدِّيُّ وَابْنُ حِبَّانَ: " نَسْتَبِقُ" نَشْتَدُّ جَرْيًا لِنَرَى أَيُّنَا أَسْبَقُ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: الْمُسَابَقَةُ شِرْعَةٌ فِي الشَّرِيعَةِ، وَخَصْلَةٌ بَدِيعَةٌ، وَعَوْنٌ عَلَى الْحَرْبِ، وَقَدْ فَعَلَهَا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِنَفْسِهِ وَبِخَيْلِهِ، وَسَابَقَ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا عَلَى قَدَمَيْهِ فَسَبَقَهَا، فَلَمَّا كَبُرَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَابَقَهَا فَسَبَقَتْهُ، فَقَالَ لَهَا: " هَذِهِ بِتِلْكَ" . قُلْتُ: وَسَابَقَ سَلَمَةُ بْنُ الْأَكْوَعِ رَجُلًا لَمَّا رَجَعُوا مِنْ ذِي «١» قَرَدٍ إِلَى الْمَدِينَةِ فَسَبَقَهُ سلمة، خرجه مسلم.
(١). ذى قرد: موضع قريب من المدينة أغاروا فيه على لقاح رسول الله عليه الصلاة والسلام فغزاهم.

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