en quelque lieu que ce fût, puis il lui enseigna et lui dit :
« Dis : Ô Allah ! Ô Compagnon de tout étranger, Ô Ami de tout esseulé, Ô Refuge de tout craintif, Ô Délivreur de toute détresse, Ô Omniscient de toute confidence, Ô Aboutissement de toute plainte, Ô Présent à toute assemblée, Ô Vivant, Ô Subsistant ! Je Te demande d’insuffler Ton espérance dans mon cœur, afin qu’il ne me reste ni souci ni préoccupation en dehors de Toi, et de m’accorder, dans mon affaire, soulagement et issue, car Tu es – certes – Capable de toute chose. »
Les anges dirent alors : « Ô notre Seigneur ! Nous entendons une voix et une invocation ; la voix est celle d’un enfant, mais la supplication est celle d’un Prophète. »
Ad-Ḍaḥḥāk a rapporté : Jibrîl – paix sur lui – descendit auprès de Yûsuf alors qu’il se trouvait dans le puits et lui dit : « Veux-tu que je t’enseigne des paroles ? Si tu les prononces, Allah hâtera ta sortie de ce puits. » Il répondit : « Oui. » Jibrîl lui dit alors :
« Dis : Ô Artisan de toute créature, Ô Consolateur de tout cœur brisé, Ô Témoin de tout propos secret, Ô Présent à toute assemblée, Ô Libérateur de toute angoisse, Ô Compagnon de tout étranger, Ô Celui qui tient compagnie à tout esseulé, accorde-moi soulagement et espoir, et fais pénétrer Ton espérance dans mon cœur de sorte que je ne place mon espoir qu’en Toi. »
Yûsuf répéta ces paroles à maintes reprises durant la nuit, et Allah le fit sortir du puits à l’aube de ce même jour.
[Sourate Yûsuf, 12 : 16]
« Ils vinrent auprès de leur père, le soir, en pleurant ».
Il y a, à ce propos, deux questions.
Premièrement – La parole du Très-Haut : « (Ils vinrent auprès de leur père, ‘ishâ’) », c’est-à-dire de nuit ; c’est un complément circonstanciel. Ils choisirent la nuit afin d’être plus aptes à présenter leur excuse à l’abri de l’obscurité.
C’est pourquoi l’on dit : « Ne sollicite pas une faveur la nuit, car la pudeur se lit dans les yeux ; et ne t’excuse pas le jour d’une faute, car tu balbutieras dans tes justifications. »
On rapporte que, lorsque Ya‘qûb – que la paix soit sur lui – entendit leurs pleurs, il dit : « Qu’avez-vous ? Est-il arrivé quelque chose au troupeau ? » – « Non », répondirent-ils. Il demanda : « Où est Yûsuf ? » – « Nous étions partis courir et le loup l’a dévoré », dirent-ils.
Il se mit alors à pleurer et à crier, puis dit : « Où est sa tunique ? » – comme cela sera expliqué, si Allah le veut.
As-Suddî et Ibn Ḥibbân ont dit : Lorsqu’ils déclarèrent : « Le loup l’a dévoré », Ya‘qûb s’effondra, évanoui. Ils versèrent de l’eau sur lui mais il ne bougea pas ; ils l’appelèrent sans qu’il leur réponde.
Wahb a relaté : Judas (Yahudhâ) posa sa main sur les narines de Ya‘qûb ; il ne sentit plus son souffle, ni le moindre battement de veine. Judas s’écria alors : « Malheur à nous devant le Juge du Jour du Jugement ! Nous avons perdu notre frère et tué notre père. »
Ya‘qûb ne reprit connaissance qu’aux premières fraîcheurs du sahr (fin de la nuit) ; il revint à lui, la tête