Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Qu’il ne raconte jamais à son père quoi que ce soit de ce qui s’est passé.

Ses frères lui dirent alors : « Par Allah ! tu ne recherches rien d’autre que de gagner la haute faveur de Ya‘qûb. Par Allah ! si tu n’y renonces pas, nous te tuerons avec lui. »

Il répondit : « Si vous persistez absolument dans cette intention, voici ce puits désolé et effrayant, refuge des serpents et des bêtes venimeuses ; jetez-le donc dedans : s’il est atteint par l’une de ces créatures, le but sera atteint et vous serez débarrassés de son sang ; et s’il échappe entre les mains d’une caravane qui l’emportera vers une autre contrée, l’objectif sera également atteint. » Ils se mirent donc tous d’accord sur cette décision.

C’est à cela que renvoie la parole d’Allah, exalté soit-Il :
« Lorsque donc ils l’emmenèrent et se concertèrent pour le déposer au fond du puits… » (Yûsuf, 12/15).

La réponse de la particule « lorsque » est omise ; c’est-à-dire : « lorsqu’ils l’emmenèrent et se mirent d’accord pour le jeter dans le puits, leur tentation devint immense. »

D’autres ont dit que la réponse de « lorsque » est leur parole : « Ils dirent : Ô notre père ! Nous sommes partis faire la course… » (Yûsuf, 12/17).

Il a également été dit : l’estimation est la suivante : « lorsqu’ils l’emmenèrent loin de leur père et se concertèrent pour le déposer au fond du puits, ils le déposèrent », selon l’école des Basriens. Quant aux Koufiens, la réponse est « Nous lui avons révélé… », la conjonction wāw y étant, selon eux, incidente ; la wāw est, d’après eux, ajoutée avec lam-mâ et ḥattâ, comme dans la parole d’Allah : « … jusqu’à ce que, lorsqu’ils y arriveront et que ses portes auront été ouvertes… » (Az-Zumar, 39/73) — c’est-à-dire : « ses portes furent ouvertes » — et Sa parole : « … jusqu’à ce que, lorsque Notre ordre vint et que le four se mit à bouillonner… » (Hûd, 11/40) — c’est-à-dire : « il bouillonna ». De même, le vers d’Imru’ ul-Qays : « Lorsque nous eûmes dépassé le quartier du clan et que nous fûmes arrivés… », c’est-à-dire : « et que nous arrivâmes ». Ainsi encore la parole du Très-Haut : « Lorsque tous deux se furent soumis, qu’il l’eut allongé sur le front, Nous l’appelâmes… » (As-Ṣâffât, 37/103-104), c’est-à-dire : « Nous l’appelâmes ».

La parole d’Allah : « Nous lui avons révélé… » prouve qu’il fut déjà prophète à ce moment-là. Al-Ḥasan, Mujâhid, Ad-Ḍaḥḥâk et Qatâdah ont dit : Allah lui accorda la prophétie alors qu’il se trouvait dans le puits, sur un roc surélevé au-dessus de l’eau.

Al-Kalbî rapporte qu’il fut jeté dans le puits à l’âge de dix-huit ans ; il n’était donc pas un enfant. Et si quelqu’un affirme qu’il était petit, rien n’interdit, rationnellement, qu’un enfant reçoive la prophétie et la révélation.

Il a également été avancé qu’il s’agissait d’une révélation par inspiration, comme dans Sa parole : « Et ton Seigneur inspira aux abeilles… ». D’autres ont dit que ce fut en rêve. La première opinion est toutefois la plus évidente — et Allah sait mieux — : Gabriel lui apporta la révélation.

Sa parole, exalté soit-Il : « Tu les informeras assurément de l’affaire qu’ils ont ourdie… » se comprend de deux façons :

  1. Il lui révéla qu’il les rencontrerait et les blâmerait pour ce qu’ils avaient fait ; dans ce cas, la révélation après qu’il eut été jeté dans le puits avait pour but de fortifier son cœur et de lui annoncer la sécurité.
  2. Il lui révéla ce qu’ils allaient lui faire ; dans ce cas, la révélation aurait eu lieu avant qu’il ne fût jeté.
أَلَّا يُحَدِّثَ وَالِدَهُ بِشَيْءٍ مِمَّا جَرَى أَبَدًا، فَقَالَ لَهُ إِخْوَتُهُ: وَاللَّهِ مَا تُرِيدُ إِلَّا أَنْ تَكُونَ لَكَ الْمَكَانَةُ عِنْدَ يَعْقُوبَ، وَاللَّهِ لَئِنْ لَمْ تَدَعْهُ لَنَقْتُلَنَّكَ مَعَهُ، قَالَ: فَإِنْ أَبَيْتُمْ إِلَّا ذَلِكَ فَهَاهُنَا هَذَا الْجُبُّ الْمُوحِشُ الْقَفْرُ، الَّذِي هُوَ مَأْوَى الْحَيَّاتِ وَالْهَوَامِّ فَأَلْقُوهُ فِيهِ، فَإِنْ أُصِيبَ بِشَيْءٍ مِنْ ذَلِكَ فَهُوَ الْمُرَادُ، وَقَدِ اسْتَرَحْتُمْ مِنْ دَمِهِ، وَإِنِ انْفَلَتَ عَلَى أَيْدِي سَيَّارَةٍ يَذْهَبُونَ بِهِ إِلَى أَرْضٍ فَهُوَ الْمُرَادُ، فَأَجْمَعَ رَأْيُهُمْ عَلَى ذَلِكَ، فَهُوَ قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: (فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ وَأَجْمَعُوا أَنْ يَجْعَلُوهُ فِي غَيابَتِ الْجُبِّ) وجواب " فَلَمَّا" مَحْذُوفٌ، أَيْ فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ وَأَجْمَعُوا عَلَى طَرْحِهِ فِي الْجُبِّ عَظُمَتْ فِتْنَتُهُمْ. وَقِيلَ: جَوَابُ " فَلَمَّا" قَوْلُهُمْ: " قالُوا يَا أَبانا إِنَّا ذَهَبْنا نَسْتَبِقُ" [يوسف: ١٧] . وَقِيلَ: التَّقْدِيرُ فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ مِنْ عِنْدِ أَبِيهِمْ وَأَجْمَعُوا أَنْ يَجْعَلُوهُ فِي غَيَابَةِ الْجُبِّ جَعَلُوهُ فِيهَا، هَذَا عَلَى مَذْهَبِ الْبَصْرِيِّينَ، وَأَمَّا عَلَى قَوْلِ الْكُوفِيِّينَ فَالْجَوَابُ. " أَوْحَيْنا" وَالْوَاوُ مُقْحَمَةٌ، وَالْوَاوُ عِنْدَهُمْ تُزَادُ مَعَ لَمَّا وَحَتَّى، قَالَ الله تعالى: " حَتَّى إِذا جاؤُها وَفُتِحَتْ أَبْوابُها" «١» [الزمر: ٧٣] أَيْ فُتِحَتْ وَقَوْلُهُ: " حَتَّى إِذا جاءَ أَمْرُنا وَفارَ التَّنُّورُ" «٢» [هود: ٤٠] أَيْ فَارَ. قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ: فَلَمَّا أَجَزْنَا سَاحَةَ الْحَيِّ وَانْتَحَى «٣» أَيِ انْتَحَى، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَلَمَّا أَسْلَما وَتَلَّهُ لِلْجَبِينِ وَنادَيْناهُ" [الصافات: ١٠٤ - ١٠٣] أي ناديناه «٤» . وفى قوله: (وَأَوْحَيْنا إِلَيْهِ) دَلِيلٌ عَلَى نُبُوَّتِهِ فِي ذَلِكَ الْوَقْتِ. قَالَ الْحَسَنُ وَمُجَاهِدٌ وَالضَّحَّاكُ وَقَتَادَةَ: أَعْطَاهُ اللَّهُ النُّبُوَّةَ وَهُوَ فِي الْجُبِّ عَلَى حَجَرٍ مُرْتَفِعٍ عَنِ الْمَاءِ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: أُلْقِيَ فِي الْجُبِّ وَهُوَ ابْنُ ثَمَانِيَ عَشْرَةَ سَنَةً، فَمَا كَانَ صَغِيرًا، وَمَنْ قَالَ كَانَ صَغِيرًا فَلَا يَبْعُدُ فِي الْعَقْلِ أَنْ يَتَنَبَّأَ الصَّغِيرُ وَيُوحَى إِلَيْهِ. وَقِيلَ: كَانَ وَحْيُ إِلْهَامٍ كَقَوْلِهِ: " وَأَوْحى رَبُّكَ إِلَى النَّحْلِ" «٥» . وَقِيلَ: كَانَ مَنَامًا، وَالْأَوَّلُ أَظْهَرُ- وَاللَّهُ أَعْلَمُ- وَأَنَّ جِبْرِيلَ جَاءَهُ بِالْوَحْيِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَتُنَبِّئَنَّهُمْ بِأَمْرِهِمْ هَذَا) فِيهِ وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ أَوْحَى إِلَيْهِ أَنَّهُ سَيَلْقَاهُمْ وَيُوَبِّخُهُمْ عَلَى مَا صَنَعُوا، فَعَلَى هَذَا يَكُونُ الْوَحْيُ بعد إلقائه في الجب تقوية لقلبه، وتبشير لَهُ بِالسَّلَامَةِ. الثَّانِي- أَنَّهُ أَوْحَى إِلَيْهِ بِالَّذِي يَصْنَعُونَ بِهِ، فَعَلَى هَذَا [يَكُونُ] «٦» الْوَحْيُ قَبْلَ إلقائه
(١). الصحيح أن الواو في هذه الآية ليس زائدا وإنما هو للحال مع تقدير قد وذلك لإفادة أن أهل الجنة هيأ الله لهم ما يزيد سرورهم بخلاف أهل النار فتحت لهم عند حضورهم زيادة في حسرتهم. راجع ج ١٥ ص ٢٨٤ وص ١٠٤. (٢). راجع ج ٩ ص ٣٠. (٣). تمام البيت: بنا بطن خبت ذى قفاف عقنقل. (٤). الصحيح أن الواو في هذه الآية ليس زائدا وإنما هو للحال مع تقدير قد وذلك لإفادة أن أهل الجنة هيأ الله لهم ما يزيد سرورهم بخلاف أهل النار فتحت لهم عند حضورهم زيادة في حسرتهم. راجع ج ١٥ ص ٢٨٤ وص ١٠٤. (٥). راجع ج ١٠ ص ١٣٣. (٦). من ع.

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