Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parce qu’il survient de toute part.
Warsh rapporte de Nāfi‘ la lecture : « ad-dību » (الذِّيبُ) sans hamza ; en effet, la hamza étant atone et précédée d’une kasra, son allègement la fait se transformer en yā’.

« Et vous êtes inattentifs à son sujet » : c’est-à-dire absorbés par la garde du troupeau.

Le Très-Haut dit :
« Ils dirent : “S’il arrivait que le loup le dévore alors que nous sommes une ‘uṣbah (un groupe soudé)…”. » Autrement dit, une troupe qui verrait le loup sans le repousser loin de lui.

« … alors, certes, nous serions du nombre des perdants. » C’est-à-dire dans la sauvegarde de nos moutons : si déjà nous sommes incapables d’écarter le loup de notre frère, nous le serions à plus forte raison de nos brebis.

D’autres ont dit : « perdants » signifie : ignorants à son égard ; d’autres encore : impuissants.

[Coran, sourate Yūsuf (12), verset 15]
« Lorsqu’ils l’emmenèrent et se mirent d’accord pour le placer dans les profondeurs du puits, Nous lui révélâmes : “Tu les informeras un jour de cette affaire, alors qu’ils n’en auront nulle conscience.” » (v. 15)

Le Très-Haut dit encore :
« Lorsqu’ils l’emmenèrent et se liguèrent pour le jeter… » – la particule « an » est ici à l’accusatif ; autrement dit : pour le placer dans la partie la plus sombre du puits.

On rapporte, dans le récit, que lorsque Ya‘qūb – que la paix soit sur lui – l’envoya avec eux, il leur fit prêter un serment solennel afin qu’ils veillent sur lui, puis il le confia à Rubīl en disant : « Ô Rubīl ! Il est encore jeune ; tu connais, mon fils, la compassion que j’ai pour lui : s’il a faim, nourris-le ; s’il a soif, abreuve-le ; s’il se lasse, porte-le, puis hâte-toi de me le ramener. »

Ils se mirent donc à le porter sur leurs épaules : aussitôt que l’un le déposait, un autre le soulevait. Ya‘qūb les accompagna sur une distance d’un mille, puis revint. Quand la vue de leur père se fut totalement coupée d’eux, celui qui le portait le jeta à terre au point qu’il faillit se briser. Il se tourna alors vers un autre, mais trouva chez chacun d’eux plus de rancœur et de rudesse que chez le précédent.

Il implora Rubīl et dit : « Tu es l’aîné de mes frères, le successeur de mon père à mon égard, et le plus proche de moi ; aie pitié de moi et de ma faiblesse ! » Rubīl lui asséna alors une violente gifle en disant : « Je n’ai aucun lien de parenté avec toi ; invoque donc les onze étoiles pour qu’elles te délivrent de nous ! » Il comprit alors que leur rancune provenait de son rêve.

Il s’agrippa à son frère Yahūdhā et dit : « Ô mon frère ! Aie pitié de ma faiblesse, de mon incapacité et de ma jeune enfance ; aie pitié du cœur de ton père Ya‘qūb ! Comme vous avez vite oublié sa recommandation et rompu votre engagement ! »

Le cœur de Yahūdhā s’attendrit et il dit : « Par Allah, ils ne t’atteindront jamais tant que je serai vivant. » Puis il ajouta : « Ô mes frères ! Le meurtre d’une âme qu’Allah a rendue sacrée est l’un des plus grands péchés. Ramenez donc cet enfant à son père et renouons avec lui notre engagement. »

لأنه يجئ مِنْ كُلِّ وَجْهٍ. وَرَوَى وَرْشٌ عَنْ نَافِعٍ " الذِّيبُ" بِغَيْرِ هَمْزٍ، لَمَّا كَانَتِ الْهَمْزَةُ سَاكِنَةً وَقَبْلَهَا كَسْرَةٌ فَخَفَّفَهَا صَارَتْ يَاءً. (وَأَنْتُمْ عَنْهُ غافِلُونَ) أي مشغلون بِالرَّعْيِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالُوا لَئِنْ أَكَلَهُ الذِّئْبُ وَنَحْنُ عُصْبَةٌ) أَيْ جَمَاعَةٌ نَرَى الذِّئْبَ ثُمَّ لَا نَرُدُّهُ عَنْهُ. (إِنَّا إِذاً لَخاسِرُونَ) أَيْ فِي حِفْظِنَا أَغْنَامَنَا، أَيْ إِذَا كُنَّا لَا نَقْدِرُ عَلَى دَفْعِ الذِّئْبِ عَنْ أَخِينَا فَنَحْنُ أَعْجَزُ أَنْ نَدْفَعَهُ عَنْ أَغْنَامِنَا. وَقِيلَ: " لَخاسِرُونَ" لجاهلون بحقه. وقيل: لعاجزون. [[سورة يوسف (١٢) : آية ١٥]] فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ وَأَجْمَعُوا أَنْ يَجْعَلُوهُ فِي غَيابَتِ الْجُبِّ وَأَوْحَيْنا إِلَيْهِ لَتُنَبِّئَنَّهُمْ بِأَمْرِهِمْ هَذَا وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ (١٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلَمَّا ذَهَبُوا بِهِ وَأَجْمَعُوا أَنْ يَجْعَلُوهُ) " أَنْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، أَيْ عَلَى أَنْ يَجْعَلُوهُ فِي غَيَابَةِ الْجُبِّ. قِيلَ فِي الْقِصَّةِ: إِنَّ يَعْقُوبَ عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمَّا أَرْسَلَهُ مَعَهُمْ أَخَذَ عَلَيْهِمْ مِيثَاقًا غَلِيظًا لَيَحْفَظُنَّهُ، وَسَلَّمَهُ إِلَى رُوبِيلَ وَقَالَ: يَا رُوبِيلُ! إِنَّهُ صَغِيرٌ، وَتَعْلَمُ يَا بُنَيَّ شَفَقَتِي عَلَيْهِ، فَإِنْ جَاعَ فَأَطْعِمْهُ، وَإِنْ عَطِشَ فَاسْقِهِ، وَإِنْ أَعْيَا «١» فَاحْمِلْهُ ثُمَّ عَجِّلْ بِرَدِّهِ إِلَيَّ. قَالَ: فَأَخَذُوا يَحْمِلُونَهُ عَلَى أَكْتَافِهِمْ، لَا يَضَعُهُ وَاحِدٌ إِلَّا رَفَعَهُ آخَرُ، وَيَعْقُوبُ يُشَيِّعُهُمْ مِيلًا ثُمَّ رَجَعَ، فَلَمَّا انْقَطَعَ بَصَرُ أَبِيهِمْ عَنْهُمْ رَمَاهُ الَّذِي كَانَ يَحْمِلُهُ إِلَى الْأَرْضِ حَتَّى كَادَ يَنْكَسِرُ، فَالْتَجَأَ إِلَى آخَرَ فَوَجَدَ عِنْدَ كُلٍّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ أَشَدُّ مِمَّا عِنْدَ الْآخَرِ مِنَ الْغَيْظِ وَالْعَسْفِ، فَاسْتَغَاثَ بِرُوبِيلَ وَقَالَ: " أَنْتَ أَكْبَرُ إِخْوَتِي، وَالْخَلِيفَةُ مِنْ بَعْدِ وَالِدِي عَلَيَّ، وَأَقْرَبُ الْإِخْوَةِ إِلَيَّ، فَارْحَمْنِي وَارْحَمْ ضَعْفِي" فَلَطَمَهُ لَطْمَةً شَدِيدَةً وَقَالَ: لَا قَرَابَةَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ، فَادْعُ الْأَحَدَ عَشَرَ كَوْكَبًا فَلْتُنْجِكَ مِنَّا، فَعَلِمَ أَنَّ حِقْدَهُمْ مِنْ أَجْلِ رُؤْيَاهُ، فَتَعَلَّقَ بِأَخِيهِ يَهُوذَا وَقَالَ: يَا أَخِي! ارْحَمْ ضَعْفِي وَعَجْزِي وَحَدَاثَةَ سِنِي، وَارْحَمْ قَلْبَ أَبِيكَ يَعْقُوبَ، فَمَا أَسْرَعَ مَا تَنَاسَيْتُمْ وَصِيَّتَهُ وَنَقَضْتُمْ عَهْدَهُ، فَرَقَّ قَلْبُ يَهُوذَا فَقَالَ: وَاللَّهِ لَا يَصِلُونَ إِلَيْكَ أَبَدًا مَا دُمْتُ حَيًّا، ثُمَّ قَالَ: يَا إِخْوَتاهُ! إِنَّ قَتْلَ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ مِنْ أَعْظَمِ الْخَطَايَا، فَرُدُّوا هذا الصبي إلى أبيه، ونعاهده
(١). أعيا الرجل في المشي: كل. [ ..... ]

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