Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Mujâhid et Qatâdah ont lu : « yartaʿ » (qu’il paître) – au sens de : « il fait paître sa monture », l’objet direct ayant été omis – et « wa yalʿabu » avec une forme verbale au nominatif, repris en phrase indépendante, c’est-à-dire : « il est de ceux qui se divertissent ». Quant à leurs paroles : « Et nous veillerons certes sur lui », elles signifient : « Nous le préserverons de tout ce que tu crains pour lui. »

Il est envisageable qu’ils sortissent montés, tout comme il se peut qu’ils fussent à pied. Il est rapporté qu’ils portèrent Yûsuf (paix sur lui) sur leurs épaules tant que Yaʿqûb (paix sur lui) les voyait ; puis, dès qu’ils disparurent de sa vue, ils le jetèrent à terre afin qu’il courût avec eux, le mettant ainsi en difficulté.

[Coran, sûrat Yûsuf (12), versets 13-14]
« Il dit : “Vraiment, il m’attriste que vous l’emmeniez, et je crains qu’un loup ne le dévore tandis que vous serez inattentifs à lui.” » (v. 13)
« Ils dirent : “Si le loup le dévore alors que nous sommes un groupe soudé, nous serions certes alors perdants.” » (v. 14)

Parole du Très-Haut :
« Il dit : “Il m’afflige que vous l’emmeniez…” »
La construction est au nominatif ; autrement dit : « Le fait que vous l’emmeniez m’afflige. » Il exprima ainsi sa tristesse à l’idée de son absence.

« …et je crains qu’un loup ne le dévore » : Ceci parce qu’il avait vu en rêve qu’un loup s’était jeté sur Yûsuf, d’où sa peur pour lui – ainsi l’a rapporté al-Kalbî. D’autres ont dit : il vit en songe qu’il se trouvait au sommet d’une montagne tandis que Yûsuf était au fond d’une vallée ; dix loups l’encerclaient pour le dévorer, lorsqu’un loup repoussa les autres. La terre s’ouvrit alors et Yûsuf y demeura caché trois jours. Les dix loups représentaient ses dix frères lorsqu’ils s’accordèrent pour le tuer ; celui qui le défendit était son frère aîné, Yahûdhâ ; le fait qu’il demeurât caché dans la terre symbolise son séjour de trois jours au fond du puits.

Il a aussi été avancé qu’il formula cette crainte par peur qu’eux‐mêmes ne lui fassent du mal ; il les désigna alors par l’image du loup, par égard pour eux. Ibn ʿAbbâs a dit : « Il les appela des loups. »

D’autres ont soutenu qu’il ne les craignait pas ; s’il les avait redoutés, il ne l’aurait pas confié à leur garde ; il craignait plutôt le loup, animal le plus redouté dans les étendues désertiques. Le terme « dhi’b » (loup) est relié, selon Aḥmad b. Yaḥyâ, au verbe « tadhâ’abat » employé pour le vent lorsqu’il vient de toutes parts.

« …et le loup est un mot comportant une hamzah… »

وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ: " يَرْتَعْ" «١» عَلَى مَعْنَى يُرْتِعُ مَطِيَّتَهُ، فَحَذَفَ الْمَفْعُولَ، " وَيَلْعَبُ" بِالرَّفْعِ عَلَى الِاسْتِئْنَافِ، وَالْمَعْنَى: هُوَ مِمَّنْ يَلْعَبُ. (وَإِنَّا لَهُ لَحافِظُونَ) مِنْ كُلِّ مَا تَخَافُ عَلَيْهِ. ثُمَّ يَحْتَمِلُ أَنَّهُمْ كَانُوا يَخْرُجُونَ رُكْبَانًا، وَيَحْتَمِلُ أَنَّهُمْ كَانُوا رَجَّالَةً. وَقَدْ نُقِلَ أَنَّهُمْ حَمَلُوا يُوسُفَ عَلَى أَكْتَافِهِمْ مَا دَامَ يَعْقُوبُ يَرَاهُمْ، ثُمَّ لَمَّا غَابُوا عَنْ عَيْنِهِ طَرَحُوهُ لِيَعْدُوَ مَعَهُمْ إِضْرَارًا به. [سورة يوسف (١٢) : الآيات ١٣ الى ١٤] قالَ إِنِّي لَيَحْزُنُنِي أَنْ تَذْهَبُوا بِهِ وَأَخافُ أَنْ يَأْكُلَهُ الذِّئْبُ وَأَنْتُمْ عَنْهُ غافِلُونَ (١٣) قالُوا لَئِنْ أَكَلَهُ الذِّئْبُ وَنَحْنُ عُصْبَةٌ إِنَّا إِذاً لَخاسِرُونَ (١٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ إِنِّي لَيَحْزُنُنِي أَنْ تَذْهَبُوا بِهِ) فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ، أَيْ ذَهَابُكُمْ بِهِ. أَخْبَرَ عَنْ حُزْنِهِ لِغَيْبَتِهِ. (وَأَخافُ أَنْ يَأْكُلَهُ الذِّئْبُ) وَذَلِكَ أَنَّهُ رَأَى فِي مَنَامِهِ أَنَّ الذِّئْبَ شَدَّ عَلَى يُوسُفَ، فَلِذَلِكَ خَافَهُ عَلَيْهِ، قَالَهُ الْكَلْبِيُّ. وَقِيلَ: إِنَّهُ رَأَى فِي مَنَامِهِ كَأَنَّهُ عَلَى ذُرْوَةِ جَبَلٍ، وَكَأَنَّ يُوسُفَ فِي بَطْنِ الْوَادِي، فَإِذَا عَشَرَةٌ مِنَ الذِّئَابِ قَدِ احْتَوَشَتْهُ تُرِيدُ أَكْلَهُ، فَدَرَأَ عَنْهُ وَاحِدٌ، ثُمَّ انْشَقَّتِ الْأَرْضُ فَتَوَارَى يُوسُفُ فِيهَا ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ، فَكَانَتِ الْعَشَرَةُ إِخْوَتُهُ، لَمَّا تَمَالَئُوا عَلَى قَتْلِهِ، وَالَّذِي دَافِعْ عَنْهُ أَخُوهُ الْأَكْبَرُ يَهُوذَا، وَتَوَارِيهِ فِي الْأَرْضِ هُوَ مَقَامُهُ فِي الْجُبِّ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ. وَقِيلَ: إِنَّمَا قَالَ ذَلِكَ لِخَوْفِهِ مِنْهُمْ عَلَيْهِ، وَإِنَّهُ أَرَادَهُمْ بِالذِّئْبِ، فَخَوْفُهُ إِنَّمَا كَانَ مِنْ قَتْلِهِمْ لَهُ، فَكَنَّى عَنْهُمْ بِالذِّئْبِ مُسَاتَرَةً لَهُمْ، قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فَسَمَّاهُمْ ذِئَابًا. وَقِيلَ: مَا خَافَهُمْ عَلَيْهِ، وَلَوْ خَافَهُمْ لَمَا أَرْسَلَهُ مَعَهُمْ، وَإِنَّمَا خَافَ الذِّئْبَ، لِأَنَّهُ أَغْلَبُ مَا يُخَافُ فِي الصَّحَارِي. وَالذِّئْبُ مَأْخُوذٌ مِنْ تَذَاءَبَتِ «٢» الرِّيحُ إِذَا جَاءَتْ مِنْ كُلِّ وَجْهٍ، كَذَا قَالَ أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى، قَالَ: وَالذِّئْبُ مهموز
(١). (يرتع)، والذي في تفسير ابن عطية والآلوسى وأبى حيان عن مجاهد وقتادة هو (بالنون) وجزم (نلعب) قال ابن عطية: (وقراءة مجاهد وقتادة" نرتع" بضم النون وكسر التاء،" ونلعب" بالنون والجزم). (٢). في ع: البراري، ورد في روح المعاني أن هذا الاشتقاق عند الزمخشري، وقال الأصمعي: إن تذاءبت مشتق من الذئب، لأن الذئب يفعله في عدوه، وتعقب بأن أخذ الفعل من الأسماء الجامدة قليل مخالف للقياس.

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