Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et si la présentation d’une preuve formelle avait été exigée pour remettre l’objet à son propriétaire, la mention de la bourse (ʿifâṣ), de la ficelle (wikâʾ) et du nombre n’aurait eu aucun sens ; car, dans tous les cas, celui qui apporte une preuve le récupère de plein droit. Or, le silence du Prophète – ﷺ – concernant cette question eût alors constitué un retard injustifié de l’explication au moment même où elle était nécessaire. Allah est plus Savant.

Onzièmement : Le ḥadith a expressément cité les chameaux et les ovins, en a exposé la législation, et s’est tu au sujet des autres animaux. Nos savants ont divergé, pour le gros bétail (bovins), sur le point de savoir s’il fallait l’assimiler aux chameaux ou aux ovins ; deux avis sont rapportés. De même, nos imams ont divergé quant à la prise des chevaux, des mulets et des ânes égarés ; l’opinion apparente d’Ibn al-Qâsim est qu’il est permis de les recueillir. Ashhab et Ibn Kinâna estiment le contraire. L’avis d’Ibn al-Qâsim est le plus juste, conformément à la parole du Prophète – ﷺ : « Préserve à ton frère croyant sa bête égarée. »

Douzièmement : Les savants ont également divergé sur les frais engagés pour l’entretien des bêtes perdues.

  • Mâlik, rapporté par Ibn al-Qâsim, dit : Si le ramasseur dépense pour les montures, les chameaux et autres, il a le droit de se faire rembourser par le propriétaire, qu’il l’ait fait sur ordre de l’autorité ou non. Il peut en retenir l’animal à hauteur de la somme déboursée et en devient prioritaire comme pour un gage.
  • Aš-Šâfiʿî : Celui qui dépense pour la bête égarée le fait à titre de bienfaisance (taṭawwuʿ). Ce propos est rapporté par ar-Rabîʿ.
  • Al-Muzanî, de sa part : Si le juge l’a chargé de l’entretien, la dépense devient une dette ; la somme qu’il revendique est acceptée lorsqu’elle correspond à ce qu’un homme de sa condition aurait raisonnablement engagé.
  • Abû Ḥanîfa : S’il a dépensé pour une trouvaille ou un chameau sans ordre du juge, c’est un acte bénévole ; avec l’ordre du juge, la dépense constitue une dette à la charge du propriétaire dès qu’il se présente. Le ramasseur peut alors détenir l’animal ; il en assure l’entretien trois jours environ, le temps que le juge prescrive la vente de la brebis ou assimilé et statue sur le remboursement.

Treizièmement : Dans les paroles du Prophète – ﷺ – relatives à la trouvaille après l’annonce réglementaire : « Profites-en », « Fais-en ce qu’il te plaît », « Elle est à toi », « Débourse-la », « Puis mange-la », ou encore « C’est un bien d’Allah qu’Il accorde à qui Il veut », telles qu’elles figurent dans Ṣaḥîḥ Muslim et autres, il n’existe rien qui implique un transfert définitif de propriété ni la levée de la responsabilité du ramasseur si le véritable propriétaire se présente. En effet, dans le ḥadith de Zayd ibn Khâlid al-Juhanî, le Prophète – ﷺ – dit : « Si tu ne la reconnais pas… » (suite du ḥadith).

وَلَوْ كَانَتِ الْبَيِّنَةُ شَرْطًا فِي الدَّفْعِ لَمَا كَانَ لِذِكْرِ الْعِفَاصِ وَالْوِكَاءِ وَالْعَدَدِ مَعْنًى، فَإِنَّهُ يَسْتَحِقُّهَا بِالْبَيِّنَةِ عَلَى كُلِّ حَالٍ، وَلَمَّا جَازَ سُكُوتُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ ذَلِكَ، فَإِنَّهُ تَأْخِيرُ الْبَيَانِ عَنْ وَقْتِ الْحَاجَةِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الْحَادِيَةَ عَشَرَةَ- نَصَّ الْحَدِيثُ عَلَى الْإِبِلِ وَالْغَنَمِ وَبَيَّنَ حُكْمَهُمَا، وَسَكَتَ عَمَّا عَدَاهُمَا مِنَ الْحَيَوَانِ. وَقَدِ اخْتَلَفَ عُلَمَاؤُنَا فِي الْبَقَرِ هَلْ تَلْحَقُ بِالْإِبِلِ أَوْ بِالْغَنَمِ؟ قَوْلَانِ، وَكَذَلِكَ اخْتَلَفَ أَئِمَّتُنَا فِي الْتِقَاطِ الْخَيْلِ وَالْبِغَالِ وَالْحَمِيرِ، وَظَاهِرُ قَوْلِ ابْنِ الْقَاسِمِ أَنَّهَا تُلْتَقَطُ، وَقَالَ أَشْهَبُ وَابْنُ كِنَانَةَ: لَا تُلْتَقَطُ، وَقَوْلُ ابْنِ الْقَاسِمِ أَصَحُّ، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: " احْفَظْ عَلَى أَخِيكَ الْمُؤْمِنِ ضَالَّتَهُ" . الثَّانِيَةَ عَشَرَةَ- وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي النَّفَقَةِ عَلَى الضَّوَالِّ، فَقَالَ مَالِكٌ فِيمَا ذَكَرَ عَنْهُ ابْنُ الْقَاسِمِ: إِنْ أَنْفَقَ الْمُلْتَقِطُ عَلَى الدَّوَابِّ وَالْإِبِلِ وَغَيْرِهَا فَلَهُ أَنْ يَرْجِعَ عَلَى صَاحِبِهَا بِالنَّفَقَةِ، وَسَوَاءٌ أَنْفَقَ عَلَيْهَا بِأَمْرِ السُّلْطَانِ أَوْ بِغَيْرِ أَمْرِهِ، قَالَ: وَلَهُ أَنْ يَحْبِسَ بِالنَّفَقَةِ مَا أَنْفَقَ عَلَيْهِ وَيَكُونُ أَحَقُّ بِهِ كَالرَّهْنِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: إِذَا أَنْفَقَ عَلَى الضَّوَالِّ مَنْ أَخَذَهَا فَهُوَ مُتَطَوِّعٌ، حَكَاهُ عَنْهُ الرَّبِيعُ. وَقَالَ الْمُزَنِيُّ عَنْهُ: إِذَا أَمَرَهُ الْحَاكِمُ بِالنَّفَقَةِ كَانَتْ دَيْنًا، وَمَا ادَّعَى قُبِلَ مِنْهُ إِذَا كَانَ مِثْلُهُ قَصْدًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِذَا أَنْفَقَ عَلَى اللُّقَطَةِ وَالْإِبِلِ بِغَيْرِ أَمْرِ الْقَاضِي فَهُوَ مُتَطَوِّعٌ، وَإِنْ أَنْفَقَ بِأَمْرِ الْقَاضِي فَذَلِكَ دَيْنٌ عَلَى صَاحِبِهَا إِذَا جَاءَ، وَلَهُ أَنْ يَحْبِسَهَا إِذَا حَضَرَ صَاحِبُهَا، وَالنَّفَقَةُ عَلَيْهَا ثَلَاثَةُ أَيَّامٍ وَنَحْوُهَا، حَتَّى يَأْمُرَ الْقَاضِي بِبَيْعِ الشَّاةِ وَمَا أَشْبَهَهَا وَيَقْضِي بِالنَّفَقَةِ. الثَّالِثَةَ عَشَرَةَ- لَيْسَ فِي قَوْلِهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي اللُّقَطَةِ بَعْدَ التَّعْرِيفِ: " فَاسْتَمْتِعْ بِهَا" أَوْ " فَشَأْنُكَ بِهَا" أَوْ " فَهِيَ لَكَ" أَوْ " فَاسْتَنْفِقْهَا" أَوْ " ثُمَّ كُلْهَا" أَوْ " فَهُوَ مَالُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يَشَاءُ" عَلَى مَا فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَغَيْرِهِ، مَا يَدُلُّ عَلَى التَّمْلِيكِ، وَسُقُوطِ الضَّمَانِ عَنِ الْمُلْتَقِطِ إِذَا جَاءَ رَبُّهَا، فَإِنَّ فِي حَدِيثِ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِيِّ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " فَإِنْ لَمْ تعرف «١»
(١). (إن لم تعرف): أي لم تعرف صاحبها.

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