Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est le puits de Bayt al-Maqdis ; d’aucuns ont toutefois soutenu qu’il se trouve en Jordanie, ainsi que l’a rapporté Wahb b. Munabbih. Muqātil ajoute : il est distant de trois parasanges de la demeure de Ya‘qoub.

Deuxièmement – La parole du Très-Haut : « yaltakiṭ-hu ba‘ḍu as-sayyāra » (« qu’une partie de la caravane le recueille ») : le verbe est à l’état jussif parce qu’il répond à l’impératif. – Mujāhid, Abū Rajā’, al-Ḥasan et Qatāda l’ont lu avec le tā’ : « taltaqiṭ-hu ». On explique cette lecture par le sens, car « ba‘ḍu as-sayyāra » (« une partie de la caravane ») représente en réalité la caravane tout entière.
Sibawayh dit : « saqatat ba‘ḍu aṣābi‘ih » (« quelques-unes de ses phalanges sont tombées »), et il cite les vers suivants :
« Wa tashraqa bi-l-qawli-l-ladhi qad adh‘at-hu …
kamā shariqat ṣadru-l-qanāti mina-d-dami »
– « Je vois que la morsure des années m’a atteint
comme la conjonction lunaire entame le croissant. »
Le poète n’emploie ni « shariqa » ni « akhadhat », ce qui confirme l’accord avec le pluriel implicite.

Le terme « sayyāra » désigne une troupe de voyageurs qui sillonnent la route. Celui qui a suggéré cette idée (de jeter Yūsuf dans le puits) l’a fait afin qu’ils n’aient pas à le transporter eux-mêmes jusqu’à un lieu éloigné ; l’objectif serait ainsi atteint, car celui qui le repêcherait parmi la caravane l’emmènerait loin, sans qu’eux-mêmes aient à se déplacer — déplacement auquel leur père pourrait ne pas consentir, et dont il pourrait même découvrir l’intention.

Troisièmement – Cela atteste que les frères de Yūsuf n’étaient pas des prophètes, ni au début ni à la fin, car les prophètes ne préméditent pas le meurtre d’un musulman ; ils étaient simplement des musulmans qui commirent un péché avant de se repentir. D’autres ont affirmé qu’ils étaient prophètes et qu’un prophète peut commettre, en théorie, une faute ; mais cette thèse est repoussée, puisque les prophètes sont préservés des grands péchés, comme nous l’avons établi. D’autres encore ont dit qu’ils n’étaient pas prophètes à ce moment-là, mais qu’ensuite Allah les a honorés de la prophétie : c’est la position la plus plausible – et Allah est plus savant.

Quatrièmement – Ibn Wahb rapporte de Mālik que Yūsuf fut jeté dans le puits alors qu’il n’était qu’un garçon, et c’est également ce qu’a transmis Ibn al-Qāsim. L’indication en est la parole du Très-Haut : « Ne tuez pas Yūsuf, mais jetez-le au fond du puits : qu’une partie de la caravane le recueille ».

هُوَ بِئْرُ بَيْتِ الْمَقْدِسِ، وَقِيلَ: هُوَ بِالْأُرْدُنِّ، قال وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ. مُقَاتِلٌ: وَهُوَ عَلَى ثَلَاثَةِ فَرَاسِخَ مِنْ مَنْزِلِ يَعْقُوبَ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَلْتَقِطْهُ بَعْضُ السَّيَّارَةِ) جُزِمَ عَلَى جَوَابِ الْأَمْرِ. وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ وَأَبُو رَجَاءٍ وَالْحَسَنُ وَقَتَادَةُ: " تَلْتَقِطْهُ" بِالتَّاءِ، وَهَذَا مَحْمُولٌ عَلَى الْمَعْنَى، لِأَنَّ بَعْضَ السَّيَّارَةِ سَيَّارَةٌ، وَقَالَ سِيبَوَيْهِ: سَقَطَتْ بَعْضُ أَصَابِعِهِ، وَأَنْشَدَ «١» : وَتَشْرَقَ بِالْقَوْلِ الَّذِي قَدْ أَذَعْتَهُ ... كَمَا شَرِقَتْ صَدْرُ الْقَنَاةِ مِنَ الدَّمِ وَقَالَ آخَرُ: أَرَى مَرَّ السِّنِينِ أَخَذْنَ مِنِّي ... كَمَا أَخَذَ السَّرَارُ «٢» مِنَ الْهِلَالِ وَلَمْ يَقُلْ شَرِقَ وَلَا أَخَذَتْ. وَالسَّيَّارَةُ الْجَمْعُ الَّذِي يَسِيرُونَ فِي الطَّرِيقِ لِلسَّفَرِ، وَإِنَّمَا قَالَ الْقَائِلُ هَذَا حَتَّى لَا يَحْتَاجُوا إِلَى حَمْلِهِ إِلَى مَوْضِعٍ بَعِيدٍ وَيَحْصُلُ الْمَقْصُودُ، فَإِنَّ مَنِ الْتَقَطَهُ مِنَ السَّيَّارَةِ يَحْمِلُهُ إِلَى مَوْضِعٍ بَعِيدٍ، وَكَانَ هَذَا وَجْهًا فِي التَّدْبِيرِ حَتَّى لَا يَحْتَاجُوا إِلَى الْحَرَكَةِ بِأَنْفُسِهِمْ، فَرُبَّمَا لَا يَأْذَنُ لَهُمْ أَبُوهُمْ، وَرُبَّمَا يَطَّلِعُ عَلَى قَصْدِهِمْ. الثَّالِثَةُ- وَفِي هَذَا مَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ إِخْوَةَ يُوسُفَ مَا كَانُوا أَنْبِيَاءَ لَا أَوَّلًا وَلَا آخِرًا، لِأَنَّ الْأَنْبِيَاءَ لَا يُدَبِّرُونَ فِي قَتْلِ مُسْلِمٍ، بَلْ كَانُوا مُسْلِمِينَ، فَارْتَكَبُوا مَعْصِيَةً ثُمَّ تَابُوا. وَقِيلَ: كَانُوا أَنْبِيَاءَ، وَلَا يَسْتَحِيلُ فِي الْعَقْلِ زَلَّةُ نَبِيٍّ، فَكَانَتْ هَذِهِ زَلَّةٌ مِنْهُمْ، وَهَذَا يَرُدُّهُ أَنَّ الْأَنْبِيَاءَ مَعْصُومُونَ مِنَ الْكَبَائِرِ عَلَى مَا قَدَّمْنَاهُ. وَقِيلَ: مَا كَانُوا فِي ذَلِكَ الْوَقْتِ أَنْبِيَاءَ ثُمَّ نَبَّأَهُمُ اللَّهُ، وَهَذَا أَشْبَهُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الرَّابِعَةُ- قَالَ ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ: طُرِحَ يُوسُفُ فِي الْجُبِّ وَهُوَ غُلَامٌ، وَكَذَلِكَ رَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْهُ، يَعْنِي أَنَّهُ كَانَ صَغِيرًا، وَالدَّلِيلُ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: " لا تَقْتُلُوا يُوسُفَ وَأَلْقُوهُ فِي غَيابَتِ الْجُبِّ يَلْتَقِطْهُ بَعْضُ السَّيَّارَةِ"
(١). البيت للأعشى، وهو يخاطب يزيد بن مسهر الشيباني، وكانت بينهما مباينة ومهاجات، فيقول له: يعود عليك مكروه ما أذعت عنى من القول ونسبته إلى من القبيح، فلا تجد منه مخلصا. والشرق بالماء كالغصص بالطعام. [ ..... ] (٢). سرار الشهر (بفتح السين المهملة وكسرها) وسرره: آخر ليلة منه.

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