Il est rapporté que la plupart – voire la quasi-totalité – de ces hadiths sont authentiques, et que chacun d’eux possède une explication rationnelle.
En ce qui concerne la parole : « Elle représente une part sur soixante-dix de la prophétie », il s’agit d’une affirmation générale s’appliquant à tout songe pieux et véridique vu par n’importe quel musulman, quelle que soit sa condition.
Quant à la parole : « Elle constitue une part sur quarante – ou sur quarante-six », elle vise celui dont l’état correspond à ce que j’ai rapporté au sujet du Ṣiddîq – qu’Allâh l’agrée. Ainsi, quiconque accomplit parfaitement ses ablutions malgré la rigueur du froid, patiente pour Allâh face aux désagréments et attend la prière après la prière : son songe pieux – si Allâh le veut – est une part sur quarante de la prophétie. Celui dont la situation spirituelle est intermédiaire verra ses songes véridiques osciller entre deux fractions, quelque part entre la quarantième et la soixantième ; ils ne descendent pas en-deçà de soixante-dix et dépassent quarante.
À cette idée a fait allusion Abû ‘Umar Ibn ‘Abd al-Barr lorsqu’il a déclaré : « Pour moi, la divergence des traditions, dans ce chapitre, quant au nombre des parts du songe, n’est pas une contradiction irréconciliable – Allâh sait mieux. Il se peut en effet que le songe véridique, chez certains de ceux qui le voient, varie selon la sincérité de leur parole, l’acquittement de la confiance, la solidité de leur religion et la perfection de leur certitude. En fonction de la différence des gens dans ces qualités, leurs songes se répartissent en parts de nombre varié. Celui dont l’intention dans l’adoration de son Seigneur est pure, dont la certitude est ferme et dont la parole est véridique, ses visions sont plus véridiques et plus proches de la prophétie – de même que les prophètes se distinguent les uns des autres. » Le Très-Haut a dit : « Nous avons, certes, favorisé certains prophètes par rapport à d’autres. »
Je dis : Cette interprétation rassemble la dispersion des hadiths et l’emporte sur le fait d’en expliquer certains en en écartant d’autres. Abû Sa‘îd al-Asfâqusî l’a rapportée d’un groupe de savants qui ont dit : le sens de la parole : « une part sur quarante-six de la prophétie » est que Dieu – Exalté soit-Il – a révélé à Muhammad – paix et bénédictions sur lui – durant vingt-trois années, selon ce qu’ont rapporté ‘Ikrima et ‘Amr ibn Dînâr d’après Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh les agrée. Or, si l’on rapporte six mois à vingt-trois années, on obtient une part sur quarante-six. C’est à cette explication qu’a fait allusion al-Mâzirî dans son ouvrage « al-Mu‘allim » et que le Qûnawî a retenue dans son exégèse de la sourate « Yûnus », à propos de la parole du Très-Haut : « Ils auront la bonne annonce dans la vie d’ici-bas. »
Toutefois, cette interprétation est viciée pour deux raisons :