Son père.
« Je les ai vus » : il s’agit ici d’une insistance (tawkîd).
Puis il a dit : « Je les ai vus se prosterner devant moi », en employant le masculin. Selon al-Khalîl et Sîbawayh, lorsqu’on rapporte, au sujet d’objets inanimés, une action relevant de l’obéissance – en l’occurrence la prosternation, qui est un acte propre aux êtres doués de raison –, on leur applique le traitement grammatical réservé à ceux-ci. Ce même sens a déjà été évoqué dans la Parole du Très-Haut : « Et tu les verras (masculin) te regarder » (al-Aʿrâf, 7 : 198). Les Arabes, en effet, emploient parfois, pour ce qui est dépourvu de raison, le pluriel réservé aux êtres doués de raison lorsqu’ils l’assimilent à leur rang, bien que cela sorte de l’usage originel.
Sourate Yûsuf (12), verset 5
« Il dit : Ô mon fils, ne raconte pas ta vision à tes frères, de peur qu’ils ne complotent contre toi quelque complot ; car le Diable est, pour l’homme, un ennemi déclaré. »
Ce passage comporte onze questions juridiques et linguistiques :
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La Parole du Très-Haut : « … afin qu’ils ne complotent contre toi quelque complot » : c’est-à-dire qu’ils pourraient ourdir ta perte, car l’interprétation du songe est manifeste et, dès lors, Satan pourrait les pousser à vouloir te nuire. Le lâm dans « laka » sert ici d’insistance, comme dans : « Si vraiment vous interprétez les songes » (Yûsuf, 12 : 43).
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La vision onirique (ru’yâ) est un état noble et une station élevée. Le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a dit : « Il ne subsiste après moi, parmi les annonciations, que le songe véridique et pieux qu’un homme vertueux voit ou qui est vu pour lui. » Il a également dit : « Le plus véridique de vos songes est celui de la personne la plus véridique dans ses propos. » Il a statué que la ru’yâ constitue une partie de quarante-six parties de la prophétie ; dans une autre version : « une partie de soixante-dix parties de la prophétie ». D’autres versions rapportent :
– d’après Ibn ʿAbbâs (qu’Allah les agrée) : « une partie de quarante parties de la prophétie » ;
– d’après Ibn ʿUmar : « une partie de quarante-neuf parties » ;
– d’après al-ʿAbbâs : « une partie de cinquante parties de la prophétie » ;
– d’après Anas : « une partie de vingt-six » ;
– et d’après ʿUbâdah ibn al-Sâmit : « une partie de quarante-quatre parties de la prophétie ».
Le plus authentique de ces hadiths est celui des quarante-six parties, suivi, quant à l’authenticité, par celui des soixante-dix parties. Muslim n’a retenu dans son Ṣaḥîḥ que ces deux hadiths. Les autres relèvent des récits transmis par les cheikhs, ainsi que l’a déclaré Ibn Baṭṭâl.
Abû ʿAbd Allâh al-Mâzirî a ajouté : « Le hadith le plus répandu et le plus sûr, auprès des spécialistes du hadith, est celui des quarante-six parties. »
Al-Ṭabarî conclut : « L’opinion correcte est que…»