Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abû Isḥâq a également jugé recevable la lecture au nominatif en sous-entendant un sujet initial, comme si quelqu’un avait interrogé (le Prophète) à propos de la Révélation et qu’on lui eût répondu : « C’est [ce] Coran. »

« Et certes, avant qu’il ne te parvienne, tu étais parmi les insouciants » : c’est-à-dire parmi ceux qui ignoraient ce que Nous t’avons fait connaître.

Question : Pourquoi, parmi tous les récits, cette sourate a-t-elle été nommée « le Meilleur des récits » ?

– On a dit : parce qu’aucun autre récit coranique n’embrasse autant de leçons et de sagesses que celui-ci. C’est ce qu’indique Sa parole, à la fin de la sourate : « Il y a, certes, dans leurs récits une exhortation pour ceux qui sont doués d’intelligence » (Yûsuf, 111).

– Il a aussi été dit : elle fut qualifiée de « Meilleur des récits » en raison de la magnifique attitude de Yûsuf vis-à-vis de ses frères : sa patience face à leurs torts, son pardon, et le fait qu’il ait passé sous silence leurs méfaits après les avoir retrouvés, allant jusqu’à leur dire : « Pas de récrimination contre vous aujourd’hui » (Yûsuf, 92).

– D’autres ont avancé : parce qu’elle renferme la mention des Prophètes et des vertueux, des anges et des démons, des djinns et des hommes, des bestiaux et des oiseaux, l’histoire des rois et des royaumes, des marchands, des savants et des ignorants, des hommes et des femmes, leurs ruses et leurs stratagèmes ; on y trouve également le tawḥîd, la jurisprudence, les chroniques, l’interprétation des rêves, la politique, les relations sociales, l’administration des moyens d’existence, et nombre d’enseignements utiles pour la religion et la vie d’ici-bas. Certains ont ajouté : elle évoque également l’Aimant et l’Aimé ainsi que leurs parcours.

– Il a encore été dit : « le meilleur » signifie ici « le plus étonnant ».

– Des spécialistes de la langue ont soutenu qu’il s’agit du meilleur des récits parce que tous ceux qui y figurent ont finalement connu la félicité : considère Yûsuf, son père, ses frères, la femme de l’Aʿzîz ; on rapporte aussi que le roi embrassa l’islam grâce à Yûsuf et que sa conversion fut excellente, tout comme l’échanson interprète des songes et le témoin mentionné dans le récit ; l’issue de tous fut donc favorable.

[Verset 4] « Rappelle (le moment) où Yûsuf dit à son père : “Ô mon père ! J’ai vu (en songe) onze étoiles, ainsi que le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi.” »

Sa parole – exalté soit-Il : (Lorsque Yûsuf dit…)

Le mot « idh » est au cas de l’accusatif en fonction circonstancielle ; c’est-à-dire : rappelle-leur le moment où Yûsuf dit. La lecture commune prononce le sîn avec ḍamma. Ṭalḥa ibn Muṣarrif a lu « Yuʾsif » en ajoutant le hamza et en cassant le sîn ; Abû Zayd rapporte la lecture « Yuʾsaf » avec hamza et ouverture du sîn. Le nom n’est pas décliné parce qu’il est d’origine étrangère ; certains ont cependant soutenu qu’il est arabe. Abû al-Ḥasan al-Aqṭaʿ – qui était un sage – fut interrogé au sujet du mot « Yûsuf » et déclara : « Al-asaf, dans la langue, signifie la tristesse… »

وَأَجَازَ أَبُو إِسْحَاقَ الرَّفْعَ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَأٍ، كَأَنَّ سَائِلًا سَأَلَهُ عَنِ الْوَحْيِ فَقِيلَ لَهُ: هُوَ [هَذَا] «١» الْقُرْآنُ. (وَإِنْ كُنْتَ مِنْ قَبْلِهِ لَمِنَ الْغافِلِينَ) أَيْ مِنَ الْغَافِلِينَ عَمَّا عَرَّفْنَاكَهُ «٢» . مَسْأَلَةٌ: - وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ لِمَ سُمِّيَتْ هَذِهِ السُّورَةُ أَحْسَنَ الْقَصَصِ مِنْ بَيْنِ سَائِرِ الْأَقَاصِيصِ؟ فَقِيلَ: لِأَنَّهُ لَيْسَتْ قِصَّةٌ فِي الْقُرْآنِ تَتَضَمَّنُ مِنَ الْعِبَرِ وَالْحِكَمِ مَا تَتَضَمَّنُ هَذِهِ الْقِصَّةُ، وَبَيَانُهُ قَوْلُهُ فِي آخِرِهَا: " لَقَدْ كانَ فِي قَصَصِهِمْ عِبْرَةٌ لِأُولِي الْأَلْبابِ" «٣» [يوسف: ١١١] . وَقِيلَ: سَمَّاهَا أَحْسَنَ الْقَصَصِ لِحُسْنِ مُجَاوَزَةِ يُوسُفَ عَنْ إِخْوَتِهِ، وَصَبْرِهِ عَلَى أَذَاهُمْ، وَعَفْوِهِ عَنْهُمْ- بَعْدَ الِالْتِقَاءِ بِهِمْ- عَنْ ذِكْرِ مَا تَعَاطَوْهُ، وَكَرَمِهِ فِي الْعَفْوِ عَنْهُمْ، حَتَّى قَالَ: " لَا تَثْرِيبَ عَلَيْكُمُ الْيَوْمَ" «٤» [يوسف: ٩٢] . وَقِيلَ: لِأَنَّ فِيهَا ذِكْرَ الْأَنْبِيَاءِ وَالصَّالِحِينَ وَالْمَلَائِكَةِ وَالشَّيَاطِينِ، وَالْجِنِّ وَالْإِنْسِ وَالْأَنْعَامِ وَالطَّيْرِ، وَسِيَرِ الْمُلُوكِ وَالْمَمَالِكِ، وَالتُّجَّارِ وَالْعُلَمَاءِ وَالْجُهَّالِ، وَالرِّجَالِ وَالنِّسَاءِ وَحِيَلِهِنَّ وَمَكْرِهِنَّ، وَفِيهَا ذِكْرُ التَّوْحِيدِ وَالْفِقْهِ وَالسِّيَرِ وَتَعْبِيرُ الرُّؤْيَا، وَالسِّيَاسَةُ وَالْمُعَاشَرَةُ وَتَدْبِيرُ الْمَعَاشِ، وَجُمَلُ الْفَوَائِدِ الَّتِي تَصْلُحُ لِلدِّينِ وَالدُّنْيَا. وَقِيلَ لِأَنَّ فِيهَا ذِكْرَ الْحَبِيبِ وَالْمَحْبُوبِ وَسِيَرِهِمَا. وَقِيلَ: " أَحْسَنَ" هُنَا بِمَعْنَى أَعْجَبَ. وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الْمَعَانِي: إِنَّمَا كَانَتْ أَحْسَنَ الْقَصَصِ لِأَنَّ كُلَّ مَنْ ذُكِرَ فِيهَا كَانَ مَآلُهُ السَّعَادَةَ، انْظُرْ إِلَى يُوسُفَ وَأَبِيهِ وَإِخْوَتِهِ، وَامْرَأَةِ الْعَزِيزِ، قِيلَ: وَالْمَلِكُ أَيْضًا أَسْلَمَ بِيُوسُفَ وَحَسُنَ إِسْلَامُهُ، وَمُسْتَعْبِرُ الرُّؤْيَا السَّاقِي، وَالشَّاهِدُ فِيمَا يُقَالُ: فَمَا كَانَ أَمْرُ الْجَمِيعِ إلا إلى خير. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٤]] إِذْ قالَ يُوسُفُ لِأَبِيهِ يَا أَبَتِ إِنِّي رَأَيْتُ أَحَدَ عَشَرَ كَوْكَباً وَالشَّمْسَ وَالْقَمَرَ رَأَيْتُهُمْ لِي ساجِدِينَ (٤) قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِذْ قالَ يُوسُفُ) " إِذْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ عَلَى الظَّرْفِ، أَيِ اذْكُرْ لَهُمْ حِينَ قَالَ يُوسُفُ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِضَمِّ السِّينِ. وَقَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ " يُؤْسِفُ" بالهمز وَكَسْرِ السِّينِ. وَحَكَى أَبُو زَيْدٍ: " يُؤْسَفُ" بِالْهَمْزَةِ وَفَتْحِ السِّينِ. وَلَمْ يَنْصَرِفْ لِأَنَّهُ أَعْجَمِيٌّ، وَقِيلَ: هو عربي. وسيل أَبُو الْحَسَنِ الْأَقْطَعُ- وَكَانَ حَكِيمًا- عَنْ " يُوسُفَ" فقال: الأسف في اللغة
(١). من ع وى. (٢). من ع وى. (٣). راجع ص ٢٧٧ وص ٢٥٥ من هذا الجزء. (٤). راجع ص ٢٧٧ وص ٢٥٥ من هذا الجزء.

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