Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire : Il est récité dans votre langue, ô communauté des Arabes. Le verbe « aʿraba » signifie : il a rendu explicite, clair ; de là l’expression : « la femme déjà mariée (ath-thayyib) s’exprime (tuʿrib) d’elle-même ».

« … afin que vous raisonniez » : autrement dit, pour que vous connaissiez ses significations et compreniez ce qu’il renferme. Certains grammairiens arabes font suivre « laʿalla » de « ʾan », par analogie avec « ʿasā ». Quant au lām qui précède « laʿalla », il est surabondant à titre d’insistance, comme l’a dit le poète :
Ô mon père, peut-être – ou espères-tu –

On a également dit : « afin que vous raisonniez » signifie : pour que vous demeuriez dans l’espérance de le méditer ; ainsi, le sens de l’éventualité se rapporte à eux, non au Livre ni à Allâh – Exalté soit-Il.

D’autres ont expliqué « Nous l’avons révélé » par : Nous avons révélé le récit de Yûsuf. An-Naḥḥâs déclara : « C’est là le sens le plus conforme », car il est rapporté que les juifs dirent : « Interrogez-le : pourquoi la famille de Yaʿqûb quitta-t-elle le Shâm pour l’Égypte ? Et au sujet de l’histoire de Yûsuf. » Allâh – Puissant et Majestueux – fit alors descendre cette sourate à La Mecque, conforme à ce qui se trouve dans la Tora, tout en comportant des détails qu’ils ne possédaient pas. Cela constitua pour le Prophète – paix et salut sur lui –, qui les informa sans jamais avoir lu aucun livre, ni ne se trouvait dans un milieu lettré, un signe comparable à la résurrection du mort par ʿÎsâ – sur lui la paix –, comme il sera exposé plus loin.

« Nous te racontons la plus belle des histoires, par la révélation que Nous t’avons faite de ce Coran ; alors qu’auparavant tu étais parmi les insouciants. »

Parole du Très-Haut :
« Nous te racontons… » est un syntagme composé d’un sujet et de son prédicat.
« La plus belle des récits » relève du sens verbal ; l’estimation est : « Nous avons relaté le meilleur des récits. » Le mot « qaṣaṣ » a pour origine l’idée de suivre les traces, comme dans la Parole : « Elle dit à sa sœur : suis-le (quṣṣīh) » (Al-Qaṣaṣ, 11), c’est-à-dire suis sa trace. Le conteur (al-qâṣṣ) suit donc les traces pour en informer. La beauté (al-ḥusn) se rapporte au récit (qaṣaṣ) et non à l’histoire prise isolément (qiṣṣa).

On dit : « Untel est habile (ḥasan) dans l’art de rapporter un récit », c’est-à-dire qu’il en conduit bien la narration.

Il a également été avancé que « qaṣaṣ » n’est pas un nom verbal, mais équivaut à un nom, comme on dit : « Allâh est notre espérance », c’est-à-dire l’Objet de notre espérance. Le sens serait alors : Nous t’informons des meilleures nouvelles.

« … par la révélation que Nous t’avons faite » : c’est-à-dire grâce à Notre révélation ; l’expression « bi-mâ » avec le verbe tient lieu de forme nominale.

« Ce Coran » : le mot « Coran » est au régime de l’accusatif parce qu’il est l’épithète de « hâdhâ », ou son substitut, ou une apposition explicative. Al-Farrâ’ a admis le cas indirect (majrûr) par reprise, alors que pour les grammairiens de Baṣra il s’agit d’un remplacement (badal) de « mâ ».‎

أَيْ يَقْرَأُ بِلُغَتِكُمْ يَا مَعْشَرَ الْعَرَبِ. أَعْرَبَ بَيَّنَ، وَمِنْهُ الثَّيِّبُ تُعْرِبُ عَنْ نَفْسِهَا. (لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ) أَيْ لِكَيْ تَعْلَمُوا مَعَانِيَهُ، وَتَفْهَمُوا مَا فِيهِ. وَبَعْضُ الْعَرَبِ يَأْتِي بِأَنْ مَعَ " لَعَلَّ" تَشْبِيهًا بِعَسَى. وَاللَّامُ فِي " لَعَلَّ" زَائِدَةٌ لِلتَّوْكِيدِ، كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ «١» : يَا أَبَتَا عَلَّكَ أَوْ عَسَاكَا وَقِيلَ: " لَعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ" أَيْ لِتَكُونُوا عَلَى رَجَاءٍ مِنْ تَدَبُّرِهِ، فَيَعُودُ مَعْنَى الشَّكِّ إِلَيْهِمْ لَا إِلَى الْكِتَابِ، وَلَا إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ. وَقِيلَ: مَعْنَى " أَنْزَلْناهُ" أَيْ أَنْزَلْنَا خَبَرَ يُوسُفَ، قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا أَشْبَهُ بِالْمَعْنَى، لِأَنَّهُ يُرْوَى أَنَّ الْيَهُودَ قَالُوا: سَلُوهُ لِمَ انْتَقَلَ آلُ يَعْقُوبَ مِنَ الشَّامِ إِلَى مِصْرَ؟ وَعَنْ خَبَرِ يُوسُفَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ هَذَا بِمَكَّةَ مُوَافِقًا لِمَا فِي التَّوْرَاةِ، وَفِيهِ زِيَادَةٌ لَيْسَتْ عِنْدَهُمْ. فَكَانَ هَذَا لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ- إِذْ أَخْبَرَهُمْ وَلَمْ يَكُنْ يَقْرَأُ كِتَابًا [قَطُّ] «٢» وَلَا هُوَ فِي مَوْضِعِ كِتَابٍ- بِمَنْزِلَةِ إِحْيَاءِ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ الْمَيِّتَ عَلَى ما يأتي فيه. [[سورة يوسف (١٢) : آية ٣]] نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ أَحْسَنَ الْقَصَصِ بِما أَوْحَيْنا إِلَيْكَ هذَا الْقُرْآنَ وَإِنْ كُنْتَ مِنْ قَبْلِهِ لَمِنَ الْغافِلِينَ (٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرُهُ. (أَحْسَنَ الْقَصَصِ) بِمَعْنَى الْمَصْدَرِ، وَالتَّقْدِيرُ: قَصَصْنَا أَحْسَنَ الْقَصَصِ. وَأَصْلُ الْقَصَصِ تَتَبُّعُ الشَّيْءِ، ومنه قول تعالى: " وَقالَتْ لِأُخْتِهِ قُصِّيهِ" «٣» [القصص: ١١] أَيْ تَتَبَّعِي أَثَرَهُ، فَالْقَاصُّ يَتْبَعُ الْآثَارَ فَيُخْبِرُ بِهَا. وَالْحُسْنُ يَعُودُ إِلَى الْقَصَصِ لَا إِلَى الْقِصَّةِ. يُقَالُ: فُلَانٌ حَسَنُ الِاقْتِصَاصِ لِلْحَدِيثِ أَيْ جَيِّدُ السِّيَاقَةِ لَهُ. وَقِيلَ: الْقَصَصُ لَيْسَ مَصْدَرًا، بَلْ هُوَ فِي مَعْنَى الِاسْمِ، كَمَا يُقَالُ: اللَّهُ رَجَاؤُنَا، أَيْ مَرْجُوُّنَا فَالْمَعْنَى عَلَى هَذَا: نَحْنُ نُخْبِرُكَ بِأَحْسَنِ الْأَخْبَارِ. (بِما أَوْحَيْنا إِلَيْكَ) أي بوحينا ف " بِما" مَعَ الْفِعْلِ بِمَنْزِلَةِ الْمَصْدَرِ. (هذَا الْقُرْآنَ) نُصِبَ الْقُرْآنُ عَلَى أَنَّهُ نَعْتٌ لِهَذَا، أَوْ بَدَلٌ مِنْهُ، أَوْ عَطْفُ بَيَانٍ. وَأَجَازَ الْفَرَّاءُ الْخَفْضَ، قَالَ: عَلَى التَّكْرِيرِ، وَهُوَ عِنْدَ الْبَصْرِيِّينَ عَلَى البدل من " ما" .
(١). الرجز للعجاج، وصدر البيت: تقول بنتي قد أنى أناكا (٢). من ع. (٣). راجع ج ١٣ ص ٢٥٤.

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