Il comporte six questions :
Premièrement – Parole du Très-Haut : « Accomplis la prière aux deux extrémités du jour ». Aucun des exégètes n’a divergé quant au fait que la prière mentionnée dans ce verset vise les prières obligatoires. Elle a été spécialement citée parce qu’elle vient en second après la foi et que l’on y recourt dans les moments d’épreuve ; le Prophète – que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur lui – lorsqu’un souci le frappait, se hâtait de se mettre en prière.
Les maîtres soufis ont dit : l’intention du verset est d’englober toute la durée du temps par l’adoration, obligations et surérogations confondues. Ibn al-‘Arabî rétorqua : « Cette opinion est faible, car l’ordre ne concerne que ce qui est obligatoire, non les actes surérogatoires ; les wirds (récitations régulières) sont connus, et les moments des nawâfil encouragées sont délimités. En dehors de cela, l’incitation au surérogatoire n’est que facultative et de substitution, non générale, et nul être humain n’en a la capacité. »
Deuxièmement – Parole du Très-Haut : « aux deux extrémités du jour ». Mujâhid dit : la première extrémité est la prière de l’aube, la seconde englobe celles du zuhr (midi) et de l’asr (après-midi) ; c’est l’avis retenu par Ibn ‘Atiyya. Il fut aussi dit : les deux extrémités sont le subh et le maghrib ; c’est l’opinion d’Ibn ‘Abbâs et d’al- Hasan. D’après al-Hasan encore, la seconde extrémité serait uniquement l’asr ; c’est également le propos de Qatâda et ad-Dahhâk. Une autre opinion veut que les deux extrémités soient le zuhr et l’asr, tandis que « les approches de la nuit » correspondraient au maghrib, à l‘ichâ’ et au subh, leur auteur ayant visiblement tenu compte de la récitation à voix haute.
Al-Mâwardî rapporte que la première extrémité est, par consensus, la prière de l’aube. – Je (l’auteur) dis : cet accord est amoindri par l’avis précédemment cité. – At-Tabarî penche pour que les deux extrémités soient le subh et le maghrib, soutenant que c’est l’apparence du texte. Ibn ‘Atiyya lui objecta que le maghrib n’en fait pas partie, car elle relève des prières nocturnes.
Ibn al-‘Arabî déclara : « Étonnant est At-Tabarî qui considère que les deux extrémités du jour sont le subh et le maghrib, alors qu’elles constituent les deux extrémités de la nuit ! Il a ainsi transformé l’arc en outre et manqué la cible d’une bonne portée. »
At-Tabarî répondit : « La preuve en est le consensus de tous quant au fait que la première des deux extrémités est le subh ; cela indique que l’autre extrémité est le maghrib. Nul toutefois ne m’a rejoint sur ce point. »