[Sourate Hûd (11), verset 112]
« Tiens-toi donc dans la droiture comme il t’a été ordonné, ainsi que quiconque est revenu repentant avec toi ; et ne transgressez pas. Certes, Il voit parfaitement ce que vous faites. » (112)
Parole du Très-Haut :
« Tiens-toi donc dans la droiture comme il t’a été ordonné. »
L’adresse vise le Prophète — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — ainsi que d’autres que lui. D’aucuns ont dit qu’elle le vise lui en particulier, tout en désignant sa communauté, propos rapporté par as-Suddi.
Il a aussi été dit : « Tiens-toi dans la droiture », c’est-à-dire demande à Allâh la permanence dans la religion et implore-Le à cette fin ; la lettre sîn marquerait alors la requête, comme dans l’expression : « Astaghfiru-Llâh », « je demande à Allâh le pardon ».
La droiture consiste à persévérer dans une même direction sans pencher ni à droite ni à gauche ; demeure donc constant dans l’obéissance à l’ordre d’Allâh.
Dans le Sahîh de Muslim, on rapporte de Sufyân ibn ‘Abd-Allâh ath-Thaqafî qu’il dit : « J’ai dit : Ô Messager d’Allâh, dis-moi une parole dans l’Islâm après laquelle je n’interrogerai plus personne d’autre que toi ! — Il répondit : “Dis : Je crois en Allâh, puis tiens-toi dans la droiture.” »
Al-Dârimî, Abû Muhammad, rapporte dans son Musnad qu’Othmân ibn Hâdir al-Azdî a dit : « Je suis entré auprès d’Ibn ‘Abbâs et lui ai dit : Recommande-moi quelque chose ! — Il répondit : Oui ! Crains Allâh et tiens-toi dans la droiture ; suis (la voie consacrée) et n’innove pas. »
« … ainsi que quiconque est revenu repentant avec toi » : autrement dit, persévère, toi et eux, c’est-à-dire tes compagnons qui se sont repentis du polythéisme, ainsi que tous ceux, après eux, qui te suivent au sein de ta communauté.
Ibn ‘Abbâs a dit : « Aucun verset révélé au Messager d’Allâh — paix et bénédiction sur lui — ne fut pour lui plus pesant ni plus ardu que celui-ci. » C’est pourquoi, lorsque les Compagnons lui dirent : « Tes cheveux ont blanchi si vite ! », il répondit : « La sourate Hûd et ses sœurs m’ont fait blanchir. » Ceci a déjà été mentionné au début de la sourate.
Il est rapporté d’Abû ‘Abd ar-Rahmân as-Sulamî que celui-ci a entendu Abû ‘Alî as-Sirrî dire : « J’ai vu le Prophète — paix et bénédiction sur lui — en songe et lui ai dit : Ô Messager d’Allâh ! On rapporte de toi que tu as dit : “La sourate Hûd m’a fait blanchir.” — Il répondit : “Oui.” — Je lui demandai : Qu’est-ce qui, dans cette sourate, t’a fait blanchir ? L’histoire des prophètes et l’anéantissement des nations ? — Il dit : “Non, mais plutôt Sa parole : Tiens-toi donc dans la droiture comme il t’a été ordonné.” »
« Et ne transgressez pas. »
Il interdit la tyrannie ; le terme « tughyân » désigne le fait de franchir les limites, comme dans : « Lorsque l’eau déborda (ṭaghâ) ». D’aucuns ont expliqué : ne devenez pas arrogants envers qui que ce soit.
[Sourate Hûd (11), verset 113]
« Et ne penchez pas vers ceux qui ont été injustes, de peur que le Feu ne vous atteigne ; et vous n’aurez, en dehors d’Allâh, nul protecteur, puis vous ne serez pas secourus. » (113)