Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On a donné à la lettre sīn la voyelle ḍamma, par analogie avec la forme « شَقُوا », et c’est la lecture préférée par Abū ʿUbayd et Abū Ḥātim.

Al-Jawharī a dit : « La félicité est le contraire de la misère. On dit : saʿida ar-rajulu (avec kasra) ; il est alors saʿīd, tout comme on dit salima ; il est salīm. On dit aussi : saʿada ; il est alors masʿūd. On ne dit pas musʿad ; on s’est apparemment dispensé de cette forme au profit de masʿūd. »

Al-Qushayrī Abū Naṣr ʿAbd ar-Raḥīm ajoute : « On trouve l’expression : saʿidahu llāhu ; il est masʿūd, et asʿadahu llāhu ; il est musʿad ; cela vient conforter l’opinion des grammairiens de Kūfa. » Sībawayh, pour sa part, dit : « On ne dit pas saʿida un tel, pas plus qu’on ne dit shaqiya un tel, parce que ces verbes sont intransitifs. »

« ʿaṭāʾan ghayra majdhūdh » : « un don jamais interrompu », c’est-à-dire non coupé, du verbe jadhdhahu : il l’a sectionné. An-Nābigha a dit :
« Il tranche le “salūqī” au tressage redoublé…
et, avec les pierres polies, attise le feu des lucioles. »

Parole du Très-Haut :
« fa-lā tak » : forme jussive d’interdiction ; la nûn finale a été omise par fréquent usage.
« fī miryatin » : c’est-à-dire dans le doute.
« mimmā yaʿbudu hāʾulāʾ » : des divinités qu’ils adorent, lesquelles sont fausses.

Plus pertinent encore : dis, ô Muḥammad, à quiconque doute : « Ne sois point dans l’incertitude au sujet de ce que ceux-ci adorent » ; Allāh, le Puissant et Majestueux, ne le leur a jamais prescrit. Ils ne les adorent que par pure imitation de leurs ancêtres.

« Wa-innā lamuwaffūhum naṣībahum ghayra manqūṣ » : « Nous leur donnerons intégralement leur part, sans aucune diminution. » Trois interprétations :

  1. Leur part de subsistance (Abū al-ʿĀliya).
  2. Leur part du châtiment (Ibn Zayd).
  3. Ce qui leur a été promis, de bien ou de mal (Ibn ʿAbbās, qu’Allāh les agrée).

[Sourate Hūd, 11 : 110]
« Nous avons certes donné le Livre à Moïse, mais l’on s’en est disputé ; et n’eût été une Parole préalable de ton Seigneur, un jugement aurait été rendu entre eux ; or ils demeurent à son sujet dans un doute troublant. » (110)

Parole du Très-Haut :
« Wa-lawlā kalimatun sabaqat min rabbik » : la « Parole » désigne le décret par lequel Allāh – exalté soit-Il – a décidé de les différer jusqu’au Jour de la Résurrection, parce qu’Il sait le bien que cela recèle. Sans cela, Il aurait tranché leur terme en récompensant le croyant et en châtiant le mécréant.

On a dit : il s’agit de ceux qui divergeaient au sujet du Livre de Moïse, certains y croyant, d’autres le niant. D’autres ont dit : il s’agit de ceux qui divergent à ton sujet, ô Muḥammad, au sujet de la prompte venue du châtiment ; mais

السِّينِ قِيَاسًا عَلَى " شَقُوا" وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو حَاتِمٍ. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالسَّعَادَةُ خِلَافُ الشَّقَاوَةِ، تَقُولُ: مِنْهُ سَعِدَ الرَّجُلُ بِالْكَسْرِ فَهُوَ سَعِيدٌ، مِثْلُ سَلِمَ فَهُوَ سَلِيمٌ، وَسَعِدَ فَهُوَ مَسْعُودٌ، وَلَا يُقَالُ فِيهِ: مُسْعَدٌ، كَأَنَّهُمُ اسْتَغْنَوْا عَنْهُ بِمَسْعُودٍ. وَقَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ عَبْدُ الرَّحِيمِ: وَقَدْ وَرَدَ سَعِدَهُ اللَّهُ فَهُوَ مَسْعُودٌ، وَأَسْعَدَهُ اللَّهُ فَهُوَ مُسْعَدٌ، فَهَذَا يُقَوِّي قَوْلَ الْكُوفِيِّينَ وَقَالَ سِيبَوَيْهِ: لَا يُقَالُ سَعِدَ فُلَانٌ كَمَا لَا يُقَالُ شَقِيَ فُلَانٌ، لِأَنَّهُ مِمَّا لَا يَتَعَدَّى. (عَطاءً غَيْرَ مَجْذُوذٍ) أَيْ غَيْرَ مَقْطُوعٍ، مِنْ جَذَّهُ يَجُذُّهُ أَيْ قَطَعَهُ، قَالَ النَّابِغَةُ: تَجُذُّ السَّلُوقِيَّ الْمُضَاعَفَ نَسْجُهُ ... وَتُوقِدُ بِالصُّفَّاحِ نَارَ الْحُبَاحِبِ «١» قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلا تَكُ) جَزْمٌ بِالنَّهْيِ، وَحُذِفَتِ النُّونُ لِكَثْرَةِ الِاسْتِعْمَالِ. (فِي مِرْيَةٍ) أَيْ فِي شَكٍّ. (مِمَّا يَعْبُدُ هؤُلاءِ) مِنَ الْآلِهَةِ أَنَّهَا بَاطِلٌ. وَأَحْسَنُ مِنْ هَذَا: أَيْ قُلْ يا محمد لكل من شك " فَلا تَكُ فِي مِرْيَةٍ مِمَّا يَعْبُدُ هؤُلاءِ" أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ مَا أَمَرَهُمْ بِهِ، وَإِنَّمَا يَعْبُدُونَهَا كَمَا كَانَ آبَاؤُهُمْ يَفْعَلُونَ تَقْلِيدًا لَهُمْ. (وَإِنَّا لَمُوَفُّوهُمْ نَصِيبَهُمْ غَيْرَ مَنْقُوصٍ) فِيهِ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ: أَحَدُهَا- نَصِيبُهُمْ مِنَ الرِّزْقِ، قَالَهُ أبو العالية. الثاني- نصيبهم من العذاب، قال ابْنُ زَيْدٍ. الثَّالِثُ- مَا وُعِدُوا بِهِ مِنْ خَيْرٍ أَوْ شَرٍّ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ الله عنهما. [[سورة هود (١١) : آية ١١٠]] وَلَقَدْ آتَيْنا مُوسَى الْكِتابَ فَاخْتُلِفَ فِيهِ وَلَوْلا كَلِمَةٌ سَبَقَتْ مِنْ رَبِّكَ لَقُضِيَ بَيْنَهُمْ وَإِنَّهُمْ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ مُرِيبٍ (١١٠) قوله تعالى: (وَلَوْلا كَلِمَةٌ سَبَقَتْ مِنْ رَبِّكَ) الْكَلِمَةُ: أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ حَكَمَ أَنْ يُؤَخِّرَهُمْ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ لِمَا عَلِمَ فِي ذَلِكَ مِنَ الصَّلَاحِ، وَلَوْلَا ذَلِكَ لَقَضَى بَيْنَهُمْ أَجَلَهُمْ بِأَنْ يُثِيبَ الْمُؤْمِنَ وَيُعَاقِبَ الْكَافِرَ. قِيلَ: الْمُرَادُ بَيْنَ الْمُخْتَلِفِينَ فِي كِتَابِ مُوسَى، فَإِنَّهُمْ كَانُوا بَيْنَ مُصَدِّقٍ [بِهِ «٢» ] وَمُكَذِّبٍ. وَقِيلَ: بَيْنَ هَؤُلَاءِ الْمُخْتَلِفِينَ فِيكَ يَا مُحَمَّدُ بِتَعْجِيلِ الْعِقَابِ، ولكن
(١). البيت للنابغة الذبياني يصف فيه السيوف. ويروى (تقد- ويوقدن). والسلوقي: الدرع المنسوب إلى سلوق، قرية باليمن. والمضاعف: الذي نسج حلقتين. والصفاح: الحجارة العراض. والحباحب: ذباب له شعاع بالليل، وقيل: نار الحباحب ما اقتدح من شرر النار في الهواء بتصادم حجرين. (٢). من اوووى.

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