et leurs biens – contre le Paradis. C’est sur cette base qu’Il leur fit prêter allégeance le Jour du Pacte ; quiconque s’acquitte fidèlement de ce traité aura droit au Paradis, tandis que celui qui part avec son propre cou (c’est-à-dire sa personne) sera voué au Feu pour une durée équivalente à la subsistance des cieux et de la terre. Or, ces deux-là ne subsistent que pour l’accomplissement de cette transaction. De même, les gens du Paradis demeureront au Paradis pour une durée semblable. Lorsque cette transaction sera réalisée, tout rentrera dans le vouloir d’Allâh.
Allâh – Très-Haut – a dit :
« Nous n’avons créé les cieux, la terre et ce qui est entre les deux, qu’en toute vérité, et non pour jouer. » (Ad-Dukhân, 38-39)
Ainsi, les habitants des deux demeures subsisteront selon la durée de leur maintien ; cela relève du droit de la Seigneurie, proportionné à Sa grandeur. Puis Il leur a prescrit l’éternité dans l’une et l’autre demeure, au titre du droit de Son Unicité. Celui qui Le rencontrera en confessant l’Unicité de Son Unicité demeurera à jamais dans Sa demeure, tandis que celui qui Le rencontrera en associant une divinité à Son Unicité restera éternellement en prison. Allâh a donc fait connaître aux serviteurs l’étendue de la perpétuité, puis Il a dit : « sauf ce qu’Allâh veut » ; c’est un surplus de durée que les cœurs sont incapables de concevoir, car elle n’a pas de limite. Par la croyance, leur éternité dans les deux demeures perdure à jamais.
On a soutenu que « illâ » (« sauf ») pouvait avoir le sens de la conjonction « wa » (« et »). C’est l’opinion rapportée d’al-Farrâ’ et de certains spécialistes ; elle constitue la huitième interprétation. Le sens serait alors : « et ce qu’Allâh voudra comme surcroît de perpétuité au-delà de la durée des cieux et de la terre en ce bas monde. »
On a dit également, à propos de Sa parole : « sauf ceux qui ont été injustes » (Al-Baqarah, 150), c’est-à-dire : « et pas ceux qui ont été injustes ». Le poète a dit :
« Tout frère sera séparé de son frère… Par la vie de ton père, hormis (et) les deux étoiles polaires. »
Abû Muḥammad Makkî a déclaré : pour les grammairiens de Baṣra, il est peu probable que « illâ » puisse signifier « wa » ; l’explication en a déjà été donnée dans la sourate Al-Baqarah.
D’autres ont dit que le sens est : « selon ce qu’Allâh veut », comme dans Sa parole : « N’épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, sauf ce qui a déjà eu lieu » (An-Nisâ’, 22), c’est-à-dire : « comme cela a déjà eu lieu ». C’est la neuvième opinion.
La dixième affirme que la parole : « sauf ce qu’Allâh veut » relève de l’exception recommandée par la Loi dans toute formulation ; elle ressemble à Sa parole : « Vous entrerez certes dans la Mosquée sacrée, si Allâh le veut, en toute sécurité » (Al-Fatḥ, 27). Il s’agit d’une exception insérée dans une promesse ferme ; elle fonctionne comme une condition : « si Allâh le veut ». On ne peut donc la qualifier ni d’exception continue ni d’exception discontinue.
La confirme et la renforce Sa parole : « une donation ininterrompue » ; et Abû ‘Ubayd a rapporté quelque chose de semblable : la résolution de la Volonté divine concernant la perpétuité a déjà été énoncée.