Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La ḍamma est alors retranchée.

Quant à la lecture de Ḥamza, Abū ʿUbayd a soutenu la suppression du yāʾ aussi bien en liaison qu’à l’arrêt par deux arguments :

  1. il prétendit l’avoir vu, sans yāʾ, dans l’exemplaire directeur qui passe pour être le muṣḥaf de ʿUthmān – qu’Allāh l’agrée ;
  2. il rapporta que c’est là la langue de la tribu de Hudhayl, laquelle dit : « mā adr(i) ».

Al-Naḥḥās dit : l’argument tiré du muṣḥaf de ʿUthmān – qu’Allāh l’agrée – est réfuté par la plupart des savants. Mālik b. Anas – qu’Allāh lui fasse miséricorde – a déclaré : « J’ai interrogé à propos du muṣḥaf de ʿUthmān ; on m’a répondu : “il a disparu”. »

Quant à l’argument basé sur l’expression « mā adr(i) », il ne vaut rien ; en effet, cette élision est déjà rapportée par les anciens grammairiens, qui en ont exposé la cause et précisé qu’on ne saurait l’ériger en règle analogue.

Al-Farrāʾ a cité, pour justifier la suppression du yāʾ, ce vers :
« Kaffāka kaffun mā tulīqu dirhaman … jūdan wa uḫrā tuʿṭi bi-sayfi-d-damā »,
c’est-à-dire « tuʿṭī » (tu donnes).

Sībawayh et al-Khalīl ont rapporté que les Arabes disent : « lā adr(i) », retranchant le yāʾ et se contentant de la kasra, mais ils précisent que cela tient à la fréquence de l’usage.

Al-Zajjāj dit : « Du point de vue grammatical, le meilleur est de maintenir le yāʾ. » Il ajoute : « Ce qui me paraît correct, c’est de suivre l’orthographe du muṣḥaf et le consensus des récitants, car la récitation est une Sunna ; on trouve d’ailleurs un cas analogue dans la langue des Arabes. »

« لا تَكَلَّمُ نَفْسٌ إِلَّا بِإِذْنِهِ »
L’original est tatakallamu ; l’une des deux lettres tāʾ a été omise pour alléger la prononciation. Il y a ici une ellipse : « Aucune âme ne parlera là si ce n’est avec les paroles permises, convenables », car elles sont contraintes de délaisser ce qui est blâmable.

On a dit aussi : le sens est qu’aucune âme ne parlera pour plaider ni pour intercéder, sinon avec Sa permission.

D’autres ont affirmé qu’il leur sera imposé, sur l’esplanade du Jugement, un moment où la parole leur sera interdite, sauf autorisation de Sa part.

Ce verset est l’un de ceux que les négateurs de la religion questionnent le plus souvent ; ils disent : pourquoi Allāh a-t-Il déclaré : « Aucune âme ne parlera si ce n’est avec Sa permission » alors qu’Il dit ailleurs : « C’est un jour où ils ne parleront pas et où il ne leur sera pas donné d’excuse » (al-Mursalāt, 36) ?

Il dit encore, à propos du Jour de la Résurrection : « Les uns se tourneront vers les autres et s’interrogeront » (aṣ-Ṣāffāt, 27) ; Il dit aussi : « Le jour où chaque âme viendra plaider pour elle-même » (an-Naḥl, 111) ; et : « Arrêtez-les ! Ils seront interrogés » (aṣ-Ṣāffāt, 24) ; et encore : « Ce jour-là, on ne questionnera ni homme ni djinn sur son péché » (ar-Raḥmān, 39).

La réponse est celle que nous avons mentionnée : ils ne parleront pas en avançant un argument qui leur soit profitable ; ils ne parleront que pour confesser leurs fautes, se blâmer mutuellement ou rejeter leurs péchés les uns sur les autres. Quant à prononcer une plaidoirie en leur faveur, ils n’en seront pas capables. C’est semblable à celui qui t’adresse de longs discours alors que ses propos sont dénués de

تُحْذَفُ الضَّمَّةُ. وَأَمَّا قِرَاءَةُ حَمْزَةَ فَقَدِ احْتَجَّ أَبُو عُبَيْدٍ لِحَذْفِ الْيَاءِ فِي الْوَصْلِ وَالْوَقْفِ بِحُجَّتَيْنِ إِحْدَاهُمَا- أَنَّهُ زَعَمَ أَنَّهُ رَآهُ فِي الْإِمَامِ الَّذِي يُقَالُ لَهُ إِنَّهُ مُصْحَفُ عُثْمَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِغَيْرِ يَاءٍ. وَالْحُجَّةُ الْأُخْرَى- أَنَّهُ حَكَى أَنَّهَا لُغَةُ هُذَيْلٍ، تَقُولُ: مَا أَدْرِ، قَالَ النَّحَّاسُ: أَمَّا حُجَّتُهُ بِمُصْحَفِ عُثْمَانَ رضي الله عنه فشى يَرُدُّهُ عَلَيْهِ أَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ، قَالَ مَالِكُ بْنُ أَنَسٍ رَحِمَهُ اللَّهُ: سَأَلْتُ عَنْ مُصْحَفِ عُثْمَانَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فَقِيلَ لِي ذَهَبَ، وَأَمَّا حُجَّتُهُ بِقَوْلِهِمْ: " مَا أَدْرِ" فَلَا حُجَّةَ فِيهِ، لِأَنَّ هَذَا الْحَذْفَ قَدْ حَكَاهُ النَّحْوِيُّونَ الْقُدَمَاءُ، وَذَكَرُوا عِلَّتَهُ، وَأَنَّهُ لَا يُقَاسُ عَلَيْهِ. وَأَنْشَدَ الْفَرَّاءُ فِي حَذْفِ الْيَاءِ: كَفَّاكَ كَفٌّ مَا تُلِيقُ دِرْهَمًا ... جُودًا وَأُخْرَى تُعْطِ بِالسَّيْفِ الدَّمَا أَيْ تُعْطِي. وَقَدْ حَكَى سِيبَوَيْهِ وَالْخَلِيلُ أَنَّ الْعَرَبَ تَقُولُ: لَا أَدْرِ، فَتَحْذِفُ الْيَاءَ وَتَجْتَزِئُ بِالْكَسْرَةِ، إِلَّا أَنَّهُمْ يَزْعُمُونَ أَنَّ ذَلِكَ لِكَثْرَةِ الِاسْتِعْمَالِ. قَالَ الزَّجَّاجُ: وَالْأَجْوَدُ فِي النَّحْوِ إِثْبَاتُ الْيَاءِ، قَالَ: وَالَّذِي أَرَاهُ اتِّبَاعَ الْمُصْحَفِ وَإِجْمَاعَ الْقُرَّاءِ، لِأَنَّ الْقِرَاءَةَ سُنَّةٌ، وَقَدْ جَاءَ مِثْلُهُ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ. (لَا تَكَلَّمُ نَفْسٌ إِلَّا بِإِذْنِهِ) الْأَصْلُ تَتَكَلَّمُ، حُذِفَتْ إِحْدَى التَّاءَيْنِ تَخْفِيفًا. وَفِيهِ إِضْمَارٌ، أَيْ لَا تَتَكَلَّمُ فِيهِ نَفْسٌ إِلَّا بِالْمَأْذُونِ فِيهِ مِنْ حُسْنِ الْكَلَامِ، لِأَنَّهُمْ مُلْجَئُونَ إِلَى تَرْكِ الْقَبِيحِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لَا تَكَلَّمُ بِحُجَّةٍ وَلَا شَفَاعَةٍ إِلَّا بِإِذْنِهِ. وَقِيلَ: إِنَّ لَهُمْ فِي الْمَوْقِفِ وَقْتًا يُمْنَعُونَ فِيهِ مِنَ الْكَلَامِ إِلَّا بِإِذْنِهِ. وَهَذِهِ الْآيَةُ أَكْثَرُ مَا يَسْأَلُ عَنْهَا أَهْلُ الْإِلْحَادِ فِي الدِّينِ. فَيَقُولُ لِمَ قَالَ: " لَا تَكَلَّمُ نَفْسٌ إِلَّا بِإِذْنِهِ" وَ " هَذَا يَوْمُ لَا يَنْطِقُونَ. وَلا يُؤْذَنُ لَهُمْ فَيَعْتَذِرُونَ" » [المرسلات: ٣٦] . وَقَالَ فِي مَوْضِعٍ مِنْ ذِكْرِ الْقِيَامَةِ: " وَأَقْبَلَ بَعْضُهُمْ عَلى بَعْضٍ يَتَساءَلُونَ" «٢» [الصافات: ٢٧] . وَقَالَ: " يَوْمَ تَأْتِي كُلُّ نَفْسٍ تُجادِلُ عَنْ نَفْسِها" «٣» [النحل: ١١١] . وقال: " وَقِفُوهُمْ إِنَّهُمْ مَسْؤُلُونَ" «٤» [الصافات: ٢٤] . وقال: " فَيَوْمَئِذٍ لا يُسْئَلُ عَنْ ذَنْبِهِ إِنْسٌ وَلا جَانٌّ" «٥» [الرحمن: ٣٩] . وَالْجَوَابُ مَا ذَكَرْنَاهُ، وَأَنَّهُمْ لَا يَنْطِقُونَ بِحُجَّةٍ تَجِبُ لَهُمْ وَإِنَّمَا يَتَكَلَّمُونَ بِالْإِقْرَارِ بِذُنُوبِهِمْ، وَلَوْمِ بَعْضِهِمْ بَعْضًا، وَطَرْحِ بَعْضِهِمُ الذُّنُوبَ عَلَى بَعْضٍ، فَأَمَّا التَّكَلُّمُ وَالنُّطْقُ بِحُجَّةٍ لَهُمْ فَلَا، وَهَذَا كَمَا تَقُولُ لِلَّذِي يُخَاطِبُكَ كَثِيرًا، وَخِطَابُهُ فَارِغٌ عن
(١). راجع ج ١٩ ص ١٦٤. (٢). راجع ج ١٥ ص ٧٣ فما بعد، في الأصول" يَتَلاوَمُونَ" وليست في المعنى المراد هنا. [ ..... ] (٣). راجع ج ١٠ ص ١٩٣. (٤). راجع ج ١٥ ص ٧٣ فما بعد، في الأصول" يَتَلاوَمُونَ" وليست في المعنى المراد هنا. (٥). راجع ج ١٧ ص ١٧٣.

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