Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Cela fait partie des récits des cités que Nous te rapportons. »

Le terme « cela » est au nominatif sur l’implicite d’un sujet – c’est-à-dire : « l’affaire est cela ». Si tu le souhaites, il peut également être considéré comme sujet initial. Le sens est : « Ce récit déjà mentionné, tiré des récits des cités, Nous te le relatons. »

« Parmi elles, il en est d’encore debout et d’autres moissonnées. »

Qatâdah dit : « Le “debout” (qâʾim) est ce qui demeure, bien qu’effondré sur ses toits, tandis que le “moissonné” (ḥaṣîd) est ce dont il ne subsiste nulle trace. »

Il fut aussi dit : le “debout” est la cité encore habitée, et le “moissonné” celle qui est en ruine – opinion rapportée d’Ibn ʿAbbâs.

Mujâhid dit : « “Debout” : leurs maisons gisent effondrées sur leurs poutres ; “moissonné” : entièrement déraciné, tel un champ une fois fauché. »

Le poète a dit :
« Les hommes, lorsqu’ils partagent la mort entre eux,
Sont pareils au blé : certains debout, d’autres moissonnés. »

Un autre a dit :
« Nous ne sommes que l’épi frêle d’un semis :
Dès que son heure vient, paraît celui qui le fauche. »

Al-Akhfash Saʿîd commente : « ḥaṣîd signifie “moissonné”. Son pluriel est ḥaṣdā ou ḥiṣâd, tout comme marḍā et mirâḍ pour “malades”. Il peut s’utiliser pour les êtres doués de raison, à l’instar de qatîl/qatlā (tué/tués). »

« Nous ne les avons point lésés. » – L’essence lexicale de l’injustice consiste à placer une chose hors de sa position légitime, sujet déjà traité en détail dans la sourate al-Baqarah.

« Mais ils se sont lésés eux-mêmes » par leur mécréance et leurs désobéissances. Sibawayh rapporte qu’on peut dire : « ẓalama iyyâhu » (« il l’a lésé »).

« Et leurs divinités qu’ils invoquaient en dehors d’Allah ne leur furent d’aucune utilité » – c’est-à-dire qu’elles ne les protégèrent en rien –
« lorsque vint l’ordre de ton Seigneur ; elles ne leur accrurent que perte. »

Autrement dit : elles ne leur apportèrent qu’une diminution et une ruine – explication donnée par Mujâhid et Qatâdah.

Le poète Labîd a dit :
« J’ai éprouvé, tout comme tout homme fortuné, un mal qui toujours revient ;
Et telle est cette perte (tatbīb) qui les frappe. »

Le terme « tabâb » désigne la perdition et la ruine. Il y a ici une ellipse : l’adoration des idoles ne fit qu’amputer leur récompense dans l’au-delà.

Parole du Très-Haut :

« Ainsi est la saisie de ton Seigneur lorsqu’Il saisit les cités » – c’est-à-dire : de la même manière qu’Il a saisi ces cités qui appartenaient au peuple de Noé, aux ʿÂd et aux Thamûd, Il saisira toutes les cités injustes.

ʿÂṣim al-Jahdarî et Ṭalḥah ibn Muṣarrif ont lu : « Ainsi ton Seigneur saisit lorsqu’Il saisit les cités ».

Et l’on rapporte également de al-Jahdarî la lecture : « Ainsi est la saisie de ton Seigneur – lorsqu’Il saisit les cités », semblable à la récitation de la majorité.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (ذلِكَ مِنْ أَنْباءِ الْقُرى نَقُصُّهُ عَلَيْكَ) " ذلِكَ" رُفِعَ عَلَى إِضْمَارِ مُبْتَدَأٍ، أَيِ الْأَمْرُ ذَلِكَ. وَإِنْ شِئْتَ بِالِابْتِدَاءِ، وَالْمَعْنَى: ذَلِكَ النَّبَأُ الْمُتَقَدِّمُ مِنْ أَنْبَاءِ الْقُرَى نَقُصُّهُ عَلَيْكَ. (مِنْها قائِمٌ وَحَصِيدٌ) قَالَ قَتَادَةُ: الْقَائِمُ مَا كَانَ خَاوِيًا عَلَى عُرُوشِهِ، وَالْحَصِيدُ مَا لَا أَثَرَ لَهُ. وَقِيلَ: الْقَائِمُ الْعَامِرُ، وَالْحَصِيدُ الْخَرَابُ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ: وَقَالَ مُجَاهِدٌ: قَائِمٌ خَاوِيَةٌ عَلَى عُرُوشِهَا، وَحَصِيدٌ مُسْتَأْصَلٌ، يَعْنِي مَحْصُودًا كَالزَّرْعِ إِذَا حُصِدَ، قَالَ الشَّاعِرُ: وَالنَّاسُ فِي قَسْمِ الْمَنِيَّةِ بَيْنَهُمْ ... كَالزَّرْعِ مِنْهُ قَائِمٌ وَحَصِيدُ وَقَالَ آخَرُ «١» : إِنَّمَا نَحْنُ مِثْلُ خَامَةِ زَرْعٍ ... فَمَتَى يَأْنِ يَأْتِ مُحْتَصِدُهْ قَالَ الْأَخْفَشُ سَعِيدٌ: حَصِيدٌ أَيْ مَحْصُودٌ، وَجَمْعُهُ حَصْدَى وَحِصَادٌ مِثْلَ مَرْضَى وَمِرَاضٍ، قَالَ: يَكُونُ فِيمَنْ يَعْقِلُ حَصْدَى، مِثْلِ قَتِيلِ وَقَتْلَى. (وَما ظَلَمْناهُمْ) أَصْلُ الظُّلْمِ فِي اللُّغَةِ وَضْعُ الشَّيْءِ فِي غَيْرِ مَوْضِعِهِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" «٢» مُسْتَوْفًى. (وَلكِنْ ظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ) بِالْكُفْرِ وَالْمَعَاصِي. وَحَكَى سِيبَوَيْهِ أَنَّهُ يُقَالُ: ظَلَمَ إِيَّاهُ (فَما أَغْنَتْ) أَيْ دَفَعَتْ. (عَنْهُمْ آلِهَتُهُمُ الَّتِي يَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ مِنْ شَيْءٍ) فِي الْكَلَامِ حَذْفٌ، أَيِ الَّتِي كَانُوا يَعْبُدُونَ، أي يدعون. (لَمَّا جاءَ أَمْرُ رَبِّكَ وَما زادُوهُمْ غَيْرَ تَتْبِيبٍ) أَيْ غَيْرَ تَخْسِيرٍ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ. وَقَالَ لَبِيَدٌ: فَلَقَدْ بَلِيتُ وَكُلُّ صَاحِبِ جِدَّةٍ ... لِبِلًى يَعُودُ وَذَاكُمُ التَّتْبِيبُ وَالتَّبَابُ الْهَلَاكُ وَالْخُسْرَانُ، وَفِيهِ إِضْمَارٌ، أَيْ مَا زَادَتْهُمْ عِبَادَةُ الْأَصْنَامِ، فَحُذِفَ الْمُضَافُ، أَيْ كَانَتْ عِبَادَتُهُمْ إِيَّاهَا قَدْ خَسَّرَتْهُمْ ثَوَابَ الْآخِرَةِ. (قَوْلُهُ تَعَالَى:) وَكَذلِكَ أَخْذُ رَبِّكَ إِذا أَخَذَ الْقُرى) أَيْ كَمَا أَخَذَ هَذِهِ الْقُرَى الَّتِي كَانَتْ لِنُوحٍ وَعَادٍ وَثَمُودَ يَأْخُذُ جَمِيعَ الْقُرَى الظَّالِمَةِ. وَقَرَأَ عَاصِمٌ الْجَحْدَرِيُّ وَطَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ " وَكَذَلِكَ أَخَذَ رَبُّكَ إِذْ أَخَذَ الْقُرَى" وَعَنِ الْجَحْدَرِيِّ أَيْضًا " وَكَذلِكَ أَخْذُ رَبِّكَ" كالجماعة " إذ أخذ القرى" .
(١). البيت للطرماح كما في اللسان. (٢). راجع ج ١ ص ٣٠٩ وما بعدها.

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