Je n’ai d’autre dessein que d’accomplir ce qui est juste : c’est-à-dire que vous réformiez votre vie d’ici-bas par l’équité et votre vie future par l’adoration.
Il a dit : « autant que je le pourrai », car la capacité (al-istiṭâʿa) est une condition de l’acte, non de la simple volonté. Le terme « mâ » est ici explicatif ; le sens est : « je ne veux que la réforme, selon l’effort et la capacité qui sont les miens ».
« Et ma réussite (wa-mâ tawfîqî)… » c’est-à-dire ma droiture ; le tawfîq est la bonne direction.
« …n’est qu’avec Allah ; c’est en Lui que je place ma confiance », autrement dit : je m’en remets à Lui.
« …et vers Lui je me tourne (wa-ilayhi unîb) », c’est-à-dire je reviens à Lui pour tout ce qui m’atteint comme épreuves. D’autres ont dit : je reviendrai à Lui dans l’au-delà. D’autres encore : al-inâba signifie l’invocation ; le sens serait alors : c’est à Lui que j’adresse mes supplications.
Parole du Très-Haut : « Ô mon peuple, que votre hostilité à mon égard ne vous pousse point… » – Ibn Waththâb a lu : « yujrimannakum ».
« …(shiqâqî) » est au nominatif, « …qu’il ne vous atteigne (an yuṣîbakum) » est au régime de l’accusatif ; autrement dit : que votre opposition à moi ne vous entraîne pas à abandonner la foi, de sorte qu’il vous atteigne ce qui a frappé les mécréants avant vous, selon al-Ḥasan et Qatâda.
D’autres ont dit, parmi eux az-Zajjâj : que mon hostilité ne vous vaille la venue du châtiment qui a touché ceux d’avant vous. Le sens du verbe « yajrimannakum » a été exposé dans la Sourate al-Mâʾida, et celui de « shiqâq » dans al-Baqarah ; il signifie « l’inimitié », selon as-Suddî. Le poète al-Akhtal dit :
« N’y a-t-il pas quelqu’un pour porter de ma part un message…
Que pensez-vous du goût de la dissension ? »
Al-Ḥasan al-Baṣrî dit : il s’agit de « me causer du tort », et Qatâda : de « mon éloignement ».
« Et le peuple de Loth n’est pas loin de vous » – c’est-à-dire que leur destruction venait tout juste de se produire. D’autres disent : les demeures du peuple de Loth ne sont pas éloignées de vous géographiquement ; d’où le singulier « baʿîd ». Selon al-Kisâʾî : « leurs maisons jouxtent les vôtres ».
Parole du Très-Haut : « Ô mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui ».
« Mon Seigneur est, en vérité, Clément (Raḥîm) et plein d’Amour (Wadûd) » : deux Noms divins que nous avons expliqués dans notre ouvrage « Al-Asnâ fî Sharḥ al-Asmâ’ al-Ḥusnâ ».
Al-Jauharî dit : « wadidtu ar-rajula awudduhu wudd-an » signifie « je l’ai aimé ». Al-Wadûd est « Celui qui aime » ; al-wadd, al-widd, al-wudd et al-mawadda désignent l’amour.
Il est rapporté du Prophète – que les bénédictions et le salut d’Allah soient sur lui – que lorsqu’il évoquait Shuʿayb, il disait : « C’est l’orateur (khaṭîb) des Prophètes ».