Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

de la nuit – toutes ces expressions se rejoignent à peu de chose près.

D’aucuns ont dit : il s’agit précisément de la moitié de la nuit, le terme étant tiré de l’idée que l’on « coupe » la nuit en deux. C’est de là que vient le vers du poète :
« Une pleureuse se lamente au cœur d’une portion de la nuit
sur un homme gisant au bord du chemin poussiéreux. »

Objection : le mot « as-sarâ » ne s’emploie que pour un déplacement nocturne ; quel besoin alors d’ajouter : « durant une portion de la nuit » ?
Réponse : si l’expression « durant une portion de la nuit » n’avait pas été ajoutée, on aurait pu penser qu’il s’agissait du tout début de la nuit.

« Que nul d’entre vous ne se retourne »
Mujâhid dit : c’est-à-dire que personne ne jette un regard derrière lui.
Ibn ʿAbbâs : que personne ne reste en arrière.
ʿAlî b. ʿIsâ : que personne ne s’occupe de ce qu’il laisse derrière lui en biens ou en effets.

« Sauf ta femme »

– À l’accusatif : telle est la lecture claire et explicite : « Emmène ta famille, à l’exception de ta femme ». C’est aussi la récitation d’Ibn Masʿûd : « Fais partir ta famille, sauf ta femme » ; le terme est donc exclu de « ta famille », si bien qu’il ne l’emmena pas avec lui.

Or le Très-Haut a dit : « Elle fut de ceux qui demeurèrent en arrière » (al-Aʿrâf, 83), c’est-à-dire parmi ceux qui restèrent.

– Abû ʿAmr et Ibn Kathîr ont lu : « sauf ta femme » avec le terme au nominatif, comme apposition à « personne ».
Plusieurs, dont Abû ʿUbayd, ont rejeté cette lecture, affirmant qu’elle ne peut être correcte qu’à condition de relever aussi le verbe « se retourne » et d’en faire un qualificatif ; car, disent-ils, si l’on garde le verbe à la forme jussive tout en mettant « ta femme » au nominatif, on aboutit à autoriser à la femme le fait de se retourner, ce qui n’est pas le sens visé.

An-Naḥḥâs répond : qu’on impose une telle contrainte à la lecture d’un maître comme Abû ʿAmr, malgré son rang et sa maîtrise de l’arabe, n’est pas fondé ; le nominatif en apposition possède un sens valide.

L’explication, rapportée par Muḥammad b. al-Walîd d’après Muḥammad b. Yazîd, est la suivante : lorsqu’un homme dit à son portier : « Que Untel ne sorte pas », la phrase d’interdiction est dirigée grammaticalement vers Untel, mais son sens pratique vise le portier : « ne le laisse pas sortir ». De même, si tu dis : « Que personne ne se lève, hormis Zayd », cela signifie : empêche-les de se lever, sauf Zayd.

Ainsi, l’ordre est adressé à Lût (sur lui la paix) mais formulé pour d’autres : « Empêche-les : que personne d’entre eux ne se retourne, sauf ta femme ; elle, elle se retournera et périra. » L’interdiction de regarder en arrière forme donc une phrase complète : « Que nul de vous ne se retourne, sauf ta femme ; elle se retournera et sera anéantie. » Lût (sur lui la paix) sortit donc avec elle et interdit à ceux qui l’accompagnaient de se retourner ; aucun ne le fit, excepté son épouse.

Lorsqu’elle entendit le fracas du châtiment, elle se retourna en disant : « Malheur à mon peuple ! » Une pierre la frappa alors et elle mourut.

« Car ce qui les frappera la frappera, elle aussi. »

مِنَ اللَّيْلِ. وَكُلُّهَا مُتَقَارِبَةٌ، وَقِيلَ: إِنَّهُ نِصْفُ اللَّيْلِ، مَأْخُوذٌ مِنْ قَطَعَهُ نِصْفَيْنِ، وَمِنْهُ قَوْلُ الشاعر «١» : ونائحة تنوح بقطع ليل ... على رجل بِقَارِعَةِ الصَّعِيدِ فَإِنْ قِيلَ: السُّرَى لَا يَكُونُ إِلَّا بِاللَّيْلِ، فَمَا مَعْنَى " بِقِطْعٍ مِنَ اللَّيْلِ" ؟ فَالْجَوَابُ: أَنَّهُ لَوْ لَمْ يَقُلْ: " بِقِطْعٍ مِنَ اللَّيْلِ" جَازَ أَنْ يَكُونَ أَوَّلَهُ. (وَلا يَلْتَفِتْ مِنْكُمْ أَحَدٌ) أَيْ لَا يَنْظُرُ وَرَاءَهُ مِنْكُمْ أحد، قال مُجَاهِدٌ. ابْنُ عَبَّاسٍ: لَا يَتَخَلَّفُ مِنْكُمْ أَحَدٌ. عَلِيُّ بْنُ عِيسَى: لَا يَشْتَغِلُ مِنْكُمْ أَحَدٌ بِمَا يُخَلِّفُهُ مِنْ مَالٍ أَوْ مَتَاعٍ. (إِلَّا امْرَأَتَكَ) بِالنَّصْبِ، وَهِيَ الْقِرَاءَةُ الْوَاضِحَةُ الْبَيِّنَةُ الْمَعْنَى، أَيْ فَأَسْرِ بِأَهْلِكَ إِلَّا امْرَأَتَكَ. وَكَذَا فِي قِرَاءَةِ ابْنِ مَسْعُودٍ " فَأَسْرِ بِأَهْلِكَ إِلَّا امْرَأَتَكَ" فَهُوَ اسْتِثْنَاءٌ مِنَ الْأَهْلِ. وَعَلَى هَذَا لَمْ يَخْرُجْ بِهَا مَعَهُ. وَقَدْ قَالَ اللَّهُ عَزَّ وجل: " كانَتْ مِنَ الْغابِرِينَ" «٢» [الأعراف: ٨٣] أَيْ مِنَ الْبَاقِينَ. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَابْنُ كَثِيرٍ: " إِلَّا امْرَأَتُكُ" بِالرَّفْعِ عَلَى الْبَدَلِ مِنْ " أَحَدٌ" . وَأَنْكَرَ هَذِهِ الْقِرَاءَةَ جَمَاعَةٌ مِنْهُمْ أَبُو عُبَيْدٍ، وَقَالَ: لَا يَصِحُّ ذَلِكَ إِلَّا بِرَفْعِ " يَلْتَفِتْ" وَيَكُونُ نَعْتًا، لِأَنَّ الْمَعْنَى يَصِيرُ- إِذَا أُبْدِلَتْ وَجُزِمَتْ- أَنَّ الْمَرْأَةَ أُبِيحَ لَهَا الِالْتِفَاتُ، وَلَيْسَ الْمَعْنَى كَذَلِكَ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا الْحَمْلُ مِنْ أَبِي عُبَيْدٍ وَغَيْرِهِ عَلَى مِثْلِ أَبِي عَمْرٍو مَعَ جَلَالَتِهِ وَمَحَلِّهِ مِنَ الْعَرَبِيَّةِ لَا يَجِبُ أَنْ يَكُونَ، وَالرَّفْعُ عَلَى الْبَدَلِ لَهُ مَعْنًى صَحِيحٌ، وَالتَّأْوِيلُ لَهُ عَلَى مَا حَكَى مُحَمَّدُ بْنُ الْوَلِيدِ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ يَزِيدَ أَنْ يَقُولَ الرَّجُلَ لِحَاجِبِهِ: لَا يَخْرُجْ فُلَانٌ، فَلَفْظُ النَّهْيِ لِفُلَانٍ وَمَعْنَاهُ لِلْمُخَاطَبِ، أَيْ لَا تَدَعْهُ يَخْرُجُ، وَمِثْلُهُ قَوْلُكَ: لَا يَقُمْ أَحَدٌ إِلَّا زَيْدٌ، يَكُونُ مَعْنَاهُ: انْهَهُمْ عَنِ الْقِيَامِ إِلَّا زَيْدًا، وَكَذَلِكَ النَّهْيُ لِلُوطٍ وَلَفْظُهُ لِغَيْرِهِ، كَأَنَّهُ قَالَ: انْهَهُمْ لَا يَلْتَفِتُ مِنْهُمْ أَحَدٌ إلا امرأتك فإنها تلتفت وتهلك، وأن النَّهْيِ عَنِ الِالْتِفَاتِ لِأَنَّهُ كَلَامٌ تَامٌّ، أَيْ لَا يَلْتَفِتُ، مِنْكُمْ أَحَدٌ إِلَّا امْرَأَتَكَ فَإِنَّهَا تَلْتَفِتُ وَتَهْلَكُ، وَأَنَّ لُوطًا خَرَجَ بِهَا، وَنَهَى مَنْ مَعَهُ مِمَّنْ أَسْرَى بِهِمْ أَلَّا يَلْتَفِتَ، فَلَمْ يَلْتَفِتْ مِنْهُمْ أَحَدٌ سِوَى زَوْجَتِهِ، فَإِنَّهَا لما سمعت هدة العذاب التفتت وقالت: وا قوماه! فأدركها حجر فقتلها. (إِنَّهُ مُصِيبُها)
(١). هو مالك بن كنانه. [ ..... ] (٢). راجع ج ١٣ ص ٢٤١.

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