« Nous sommes bien les envoyés de ton Seigneur. Ouvre la porte ; laisse-nous seuls avec eux. » Il ouvrit donc la porte et Gabriel – paix sur lui – les frappa de son aile, ainsi qu’il a été rapporté plus haut.
On rapporte également que Gabriel saisit une poignée de poussière, qu’il projeta sur leurs visages ; Allah fit parvenir cette poussière jusque dans les yeux du plus éloigné comme du plus proche d’entre eux, et Il effaça leur vue. Ils ne trouvèrent plus de chemin et ne purent regagner leurs demeures.
Ils se mirent alors à crier : « Sauvez-vous, sauvez-vous ! Dans la maison de Loth se trouvent des gens qui sont les plus grands magiciens de la surface de la terre ; ils nous ont ensorcelés et ont aveuglé nos regards. »
Ils disaient encore, pour le menacer : « Ô Loth, reste donc comme tu es jusqu’au matin, et tu verras ! »
Parole du Très-Haut : « Ils dirent : Ô Loth, nous sommes les messagers de ton Seigneur ». Lorsque les anges virent sa tristesse, son trouble et les efforts qu’il déployait pour les repousser, ils se firent connaître à lui. Lorsqu’il sut qu’ils étaient des envoyés, il laissa son peuple entrer. Gabriel – paix sur lui – fit alors passer sa main sur leurs yeux ; ils devinrent aveugles. Il la posa ensuite sur leurs mains, qui se desséchèrent.
« Ils ne pourront pas t’atteindre » – c’est-à-dire te causer le moindre mal.
« Pars donc de nuit avec les tiens. » Le verbe « fa’sri » se lit avec élision ou maintien de l’alif ; ce sont deux formes arabes éloquentes.
Allah – Exalté soit-Il – a dit : « Par la nuit quand elle s’en va » (Al-Fajr, 4) ; et Il a dit : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit… » (Al-Isrâ’, 1).
Al-Nâbigha a rassemblé les deux formes en disant :
« Une nuée venue des Gémeaux a cheminé sur lui de nuit,
que le vent du nord pousse, chargée de grésil. »
Un autre poète a dit :
« Salue la radieuse, maîtresse du refuge ;
elle est venue vers toi de nuit, elle qui ne voyageait pas. »
On a dit : « fa’sri » (avec coupure de l’alif) s’emploie lorsque l’on part au début de la nuit, tandis que « sarâ » s’emploie lorsque l’on part à la fin ; pour le jour, on dit seulement « sâra ».
Labîd a dit :
« Lorsque l’homme a voyagé une nuit, il croit avoir accompli son œuvre ;
mais tant qu’il vit, l’homme demeure à l’œuvre. »
‘Abd Allâh ibn Rawâha a dit :
« Au matin, les gens louent la marche nocturne ;
les ténèbres du sommeil se sont alors dissipées. »
« Durant une partie de la nuit ». Ibn ‘Abbâs a dit : « Durant une fraction de la nuit. »
Al-Dahhâk : « Durant le reste de la nuit. »
Qatâda : « Après que la première portion de la nuit est passée. »
Al-Akhfash : « Après le milieu de la nuit. »
Ibn al-A‘râbî : « Durant une heure de la nuit. »
D’autres ont dit : « Dans l’obscurité de la nuit. »
D’autres encore : « Après le moment de calme de la nuit. »
Et l’on a dit : « Au dernier tiers de la nuit. »