Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Ils dirent : “Tu sais bien que nous n’avons aucun droit sur tes filles.” Cette particularité étant exclue, le sens est : « Nous n’avons aucun intérêt pour tes filles, elles ne sont pas notre objectif et nous n’avons pas coutume de rechercher cela. »
« Et certes, tu sais parfaitement ce que nous voulons » : allusion à tes hôtes.

Le Très-Haut rapporte ensuite : « Il dit : “Si seulement je disposais face à vous d’une force …” » . Lorsque Lôṭ vit leur persistance dans l’égarement, qu’il se trouva impuissant devant eux et incapable de les repousser, il souhaita disposer d’un secours pour les refouler. Il s’exprima alors dans la plainte et l’humilité : « Si seulement je disposais contre vous d’une force », c’est-à-dire de partisans et de soutiens. Ibn ʿAbbâs dit : il visait par là des enfants. Ici, « أنّ » dépend d’un verbe implicite sous-entendu : « si cela se produisait ». La réponse à « لو » est omise ; elle se comprend : « je repousserais les gens du vice et les empêcherais d’atteindre leur but. »

« … ou que je puisse me réfugier auprès d’un appui solide ». Autrement dit : que je puisse trouver asile et protection. Le verbe « آويَ », lu à l’accusatif, est coordonné à « قوّةً », comme s’il avait dit : « Si seulement je possédais contre vous une force ou un refuge auprès d’un appui solide », l’infinitif sous-entendu étant introduit par « أن ». Par « appui », Lôṭ entendait sa tribu et la protection que procure le nombre. La gravité de l’attitude de son peuple l’amena à ces paroles, malgré sa connaissance de la puissance d’Allah. Les anges s’en étonnèrent et dirent : « En vérité, ton appui est bien solide ! »

Dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, d’après Abû Hurayrah, le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Lôṭ ! Il avait bel et bien un appui solide. » Ce ḥadîth a déjà été cité dans la sourate al-Baqarah. At-Tirmidhî l’a également rapporté en ajoutant : « Après lui, Allah n’a envoyé aucun Prophète sans qu’il ne soit issu d’un clan puissant de son peuple. » Muḥammad b. ʿAmr commente : « ath-Tharwa signifie l’abondance et la puissance. » Ḥadîth ḥasan.

On rapporte que lorsque le peuple de Lôṭ prit le dessus sur lui et s’apprêta à enfoncer la porte qu’il retenait, les anges lui dirent : « Écarte-toi de la porte. » Il s’écarta, la porte s’ouvrit et Jibrîl les frappa de son aile ; leurs yeux furent effacés, ils devinrent aveugles et rebroussèrent chemin en criant : « Sauve-qui-peut ! » Allah — Très-Haut — dit : « Ils cherchèrent à l’emporter sur lui au sujet de ses hôtes ; Nous effaçâmes leurs yeux » (al-Qamar : 37).

Ibn ʿAbbâs et les exégètes rapportent que Lôṭ verrouilla sa porte, les anges étant avec lui à l’intérieur ; il parlementait avec son peuple derrière la porte tandis qu’ils tentaient d’escalader le mur. Lorsque les anges virent la peine, la détresse et la fatigue qu’il endurait à cause d’eux, ils dirent : « Ô Lôṭ ! Ton appui est certes solide, et un châtiment inéluctable va les atteindre. »

" قالُوا لَقَدْ عَلِمْتَ مَا لَنا فِي بَناتِكَ مِنْ حَقٍّ" وَبَعُدَ أَلَّا تَكُونَ هَذِهِ الْخَاصِّيَّةُ. فَوَجْهُ الْكَلَامِ أَنَّهُ لَيْسَ، لَنَا إِلَى بَنَاتِكَ تَعَلُّقٌ، وَلَا هُنَّ قَصْدُنَا، وَلَا لَنَا عَادَةٌ نَطْلُبُ ذَلِكَ. (وَإِنَّكَ لَتَعْلَمُ مَا نُرِيدُ) إِشَارَةٌ إِلَى الْأَضْيَافِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ لَوْ أَنَّ لِي بِكُمْ قُوَّةً) لَمَّا رَأَى اسْتِمْرَارَهُمْ فِي غَيِّهِمْ، وَضَعُفَ عَنْهُمْ، وَلَمْ يَقْدِرْ عَلَى دَفْعِهِمْ، تَمَنَّى لَوْ وَجَدَ عَوْنًا عَلَى رَدِّهِمْ، فَقَالَ عَلَى جِهَةِ التَّفَجُّعِ وَالِاسْتِكَانَةِ.: " لَوْ أَنَّ لِي بِكُمْ قُوَّةً" أَيْ أَنْصَارًا وَأَعْوَانًا. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَرَادَ الْوَلَدَ. وَ " أَنَّ" فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ بِفِعْلٍ مُضْمَرٍ، تَقْدِيرُهُ: لَوِ اتَّفَقَ أَوْ وَقَعَ. وَهَذَا يَطَّرِدُ فِي " أَنَّ" التَّابِعَةَ لِ " لَوْ" . وَجَوَابُ " لَوْ" مَحْذُوفٌ، أَيْ لَرَدَدْتُ أَهْلَ الْفَسَادِ، وَحُلْتُ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ مَا يُرِيدُونَ. (أَوْ آوِي إِلى رُكْنٍ شَدِيدٍ) أَيْ أَلْجَأُ وَأَنْضَوِي. وقرى " أَوْ آوِيَ" بِالنَّصْبِ عَطْفًا عَلَى " قُوَّةً" كَأَنَّهُ قَالَ: " لَوْ أَنَّ لِي بِكُمْ قُوَّةً" أَوْ إِيوَاءً إِلَى رُكْنٍ شَدِيدٍ، أَيْ وَأَنْ آوِيَ، فَهُوَ مَنْصُوبٌ بِإِضْمَارِ " أَنْ" . وَمُرَادُ لُوطٍ بِالرُّكْنِ الْعَشِيرَةُ، وَالْمَنَعَةُ بِالْكَثْرَةِ. وَبَلَغَ بِهِمْ قَبِيحُ فِعْلِهِمْ إِلَى قَوْلِهِ هَذَا مَعَ عِلْمِهِ بِمَا عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى، فَيُرْوَى أَنَّ الْمَلَائِكَةَ وَجِدَتْ عَلَيْهِ حِينَ قَالَ هَذِهِ الْكَلِمَاتِ، وَقَالُوا: إِنَّ رُكْنَكَ لَشَدِيدٌ. وَفِي الْبُخَارِيِّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال: " يَرْحَمُ اللَّهُ لُوطًا لَقَدْ كَانَ يَأْوِي إِلَى رُكْنٍ شَدِيدٍ" الْحَدِيثَ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" «١» . وَخَرَّجَهُ التِّرْمِذِيُّ وَزَادَ " مَا بَعَثَ اللَّهُ بَعْدَهُ نَبِيًّا إِلَّا فِي ثَرْوَةٍ مِنْ قَوْمِهِ" . قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ عَمْرٍو: وَالثَّرْوَةُ الْكَثْرَةُ وَالْمَنَعَةُ، حَدِيثٌ حَسَنٌ. وَيُرْوَى أَنَّ لُوطًا عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمَّا غَلَبَهُ قَوْمُهُ، وَهَمُّوا بِكَسْرِ الْبَابِ وَهُوَ يُمْسِكُهُ، قَالَتْ لَهُ الرُّسُلُ: تَنَحَّ عَنِ الْبَابِ، فَتَنَحَّى وَانْفَتَحَ الْبَابُ، فَضَرَبَهُمْ جِبْرِيلُ بِجَنَاحِهِ فَطَمَسَ أَعْيُنَهُمْ، وَعَمُوا وَانْصَرَفُوا عَلَى أَعْقَابِهِمْ يَقُولُونَ: النَّجَاءَ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلَقَدْ راوَدُوهُ عَنْ ضَيْفِهِ فَطَمَسْنا أَعْيُنَهُمْ" «٢» [القمر: ٣٧] . وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَأَهْلُ التَّفْسِيرِ: أَغْلَقَ لُوطٌ بَابَهُ وَالْمَلَائِكَةُ مَعَهُ فِي الدَّارِ، وَهُوَ يُنَاظِرُ قَوْمَهُ وَيُنَاشِدُهُمْ مِنْ وَرَاءِ الْبَابِ، وَهُمْ يُعَالِجُونَ تَسَوُّرَ الْجِدَارِ، فَلَمَّا رَأَتِ الْمَلَائِكَةُ مَا لَقِيَ مِنَ الْجَهْدِ وَالْكَرْبِ وَالنَّصَبِ بِسَبَبِهِمْ، قَالُوا: يَا لُوطُ إِنَّ رُكْنَكَ لَشَدِيدٌ، وَإِنَّهُمْ آتِيهِمْ عَذَابٌ غير مردود،
(١). راجع ج ٣ ص ٢٩٨. (٢). راجع ج ١٧ ص ١٤٣.

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