Az-Zajjâj a dit : par ce pronom on montre que le verbe « kâna » exige nécessairement un prédicat.
D’autres ont dit : il indique que le prédicat doit être un nom défini ou bien ce qui en tient lieu.
Parole du Très-Haut :
« Craignez Allah et ne m’avilissez pas au sujet de mes hôtes »
— c’est-à-dire : ne m’humiliez pas, ne me déshonorez pas.
De là ce vers de Hassân b. Thâbit :
« Puisse mon Seigneur t’avilir, ô ‘Utaybah b. Mâlik ;
avant ta mort qu’Il te fasse goûter l’un des éclairs fulgurants !
Par préméditation tu as levé la main contre le Prophète,
tu lui as ensanglanté la bouche ; que les éclairs te tranchent ! »
On peut aussi rattacher le mot à la racine « al-khazâyah », qui signifie la honte et la gêne. Ainsi Dhû ar-Rumma dit :
« Une honte le saisit, après sa ruée,
sur le flanc de la colline, mêlée de colère. »
Et un autre poète :
« Parmi les gazelles, elle ne rougit point quand le vent
colle son manteau ou fait tomber l’ornement de son cou. »
Le terme ḍayf (« hôte ») s’emploie au duel et au pluriel avec la même forme qu’au singulier, parce qu’il est originellement un nom d’action. Le poète a dit :
« Puisses-tu, ô temps, ne jamais me priver du coutelas du boucher :
pour l’hôte, et l’hôte est le visiteur le plus digne ! »
On peut néanmoins le mettre au duel ou au pluriel, mais l’usage courant est le singulier, comme on dit : « rijâlun ṣawm, fiṭr, zûr ». L’expression « khaziya ar-rajulu khazâyatan » signifie : il a eu honte, tout comme « dhalla » ou « hâna ». Quant à « khaziya khizyan », c’est lorsqu’il est démasqué ; dans les deux cas le verbe se conjugue « yakhzâ ».
Puis il les réprimanda en ces termes :
« N’y a-t-il donc pas parmi vous un homme sensé ? »
— c’est-à-dire un homme ferme, qui ordonne le bien et interdit le mal. Certains ont dit : « rachîd », c’est-à-dire doté de droiture ; ou encore au sens de « râshid » ou « murshid », c’est-à-dire pieux ou réformateur. Ibn ‘Abbâs a dit : un croyant. Abû Mâlik : quelqu’un qui interdit le mal.
D’autres ont expliqué que « ar-rachîd » revêt ici le sens même de « ar-rushd », c’est-à-dire la guidée et la rectitude. Il peut aussi signifier « celui qui guide », tout comme « ḥakîm » peut prendre le sens de « muḥkim ».
Parole du Très-Haut :
« Ils dirent : “Tu sais parfaitement que nous n’avons aucun droit sur tes filles.” »
On rapporte que le peuple de Loth avait demandé ses filles en mariage et qu’il les avait repoussés. Leur coutume voulait que celui qu’on rejetait dans une demande en mariage ne pût plus jamais épouser la femme convoitée. Voilà ce qu’indique la parole du Très-Haut.