Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quand ses hôtes furent cernés, Loth se leva pour les défendre et déclara :
« Voici mes filles ».
Il s’agit ici d’un syntagme composé d’un sujet et d’un prédicat.

Les exégètes ont divergé au sujet de cette parole :
– Certains ont soutenu qu’il avait trois filles issues de sa propre descendance.
– D’autres ont dit : non, il n’en avait que deux, Zaytâ et Za‘warâ’.
Il fut alors avancé qu’il existait parmi son peuple deux chefs influents, et Loth souhaita marier ses deux filles à ces derniers.
– D’autres encore ont estimé qu’il les invitait, dans cette situation, au mariage licite. Or, selon la coutume de ce peuple, il était permis qu’un mécréant épouse une croyante ; cette permission, tolérée au début de l’Islam, fut ensuite abrogée. Le Messager d’Allah – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – avait d’ailleurs marié, avant la Révélation, l’une de ses filles à ‘Utba b. Abî Lahab et l’autre à Abû l-‘Âs b. ar-Rabî‘, alors qu’ils étaient tous deux polythéistes.

Un autre groupe d’exégètes – parmi lesquels Mujâhid et Sa‘îd b. Jubayr – a estimé que le terme « mes filles » désignait l’ensemble des femmes, le Prophète d’un peuple tenant lieu de père pour celui-ci. Cette interprétation est renforcée par la lecture d’Ibn Mas‘ûd du verset : « Le Prophète est plus proche des croyants qu’eux-mêmes, et ses épouses sont leurs mères ; et il est pour eux comme un père » (al-Ahzâb, 6).

Une autre opinion veut que ces propos n’aient été qu’une manière de repousser l’assaut, sans réelle intention de les mettre à exécution ; ce point de vue est rapporté d’Abû ‘Ubayda, à l’image de celui qui dirait, pour détourner quelqu’un de voler le bien d’autrui : « La chair du porc t’est plus licite que ceci ».
‘Ikramah a quant à lui affirmé que Loth ne proposa ni ses propres filles ni celles de sa communauté ; il ne chercha, par cette parole, qu’à faire renoncer les assaillants.

Puis vient la Parole du Très-Haut :
« Elles sont plus pures pour vous »
– sujet et prédicat – c’est-à-dire : je vous les donnerai en mariage, et cela est pour vous plus pur – c’est-à-dire plus licite – que ce que vous recherchez. En effet, la pureté consiste à se tenir éloigné de ce qu’Allah a interdit.

Ibn ‘Abbâs rapporte que leurs notables avaient déjà demandé ses filles en mariage, mais qu’il les avait éconduits ; ce jour-là, il voulut racheter l’honneur de ses hôtes au prix de ses filles.

Le « alif » de « aṭharu » (plus pur) n’exprime pas ici la comparaison, de sorte qu’on ne pourrait s’imaginer qu’il existerait quelque pureté dans l’accouplement d’hommes avec des hommes ; il fonctionne plutôt comme dans les expressions : « Allah est le Plus Grand, le Très-Haut, le Très-Majestueux », sans qu’il y ait là comparaison. C’est un usage courant dans la langue arabe ; jamais personne ne contesta la grandeur divine au point de sous-entendre qu’Allah serait « plus grand » qu’un rival.

Ainsi, le jour de Uhud, Abû Sufyân b. Harb s’écria : « Que Hubal triomphe ! Que Hubal triomphe ! ». Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – dit alors à ‘Umar : « Dis : Allah est le Plus Haut et le Très-Majestueux ». Or Hubal n’a jamais été élevé ni vénérable.

La majorité des récitateurs lisent le verset avec la ra’ de « aṭharu » au nominatif. Al-Hasan et ‘Isâ b. ‘Amr l’ont lu au cas accusatif : « hunna aṭhâra », en fonction d’état. Le pronom « hunna » (elles) est alors un élément de soutien (ʽimâd). Al-Khalîl, Sîbawayh et al-Akhfash ne considèrent pas que « hunna » puisse jouer ce rôle ici ; pour eux, le pronom de soutien n’a lieu d’être que là où la phrase demeure incomplète sans ce qui le suit, comme dans : « Kâna Zaydun huwa akhâka » (« Zayd était, lui, ton frère »), afin de montrer par ce « lui » que « frère » n’est pas un simple adjectif.

أضيافه قام إليهم لوط مدافعا، وقال: (هؤُلاءِ بَناتِي) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرٌ. وَقَدِ اخْتُلِفَ فِي قَوْلِهِ: " هؤُلاءِ بَناتِي" فَقِيلَ: كَانَ لَهُ ثَلَاثُ بَنَاتٍ مِنْ صُلْبِهِ. وَقِيلَ: بِنْتَانِ، زَيْتَا «١» وَزَعْوَرَاءُ، فَقِيلَ: كَانَ لَهُمْ سَيِّدَانِ مُطَاعَانِ فَأَرَادَ أَنْ يُزَوِّجَهُمَا ابْنَتَيْهِ. وَقِيلَ: نَدَبَهُمْ فِي هَذِهِ الْحَالَةِ إِلَى النِّكَاحِ، وَكَانَتْ سُنَّتُهُمْ جَوَازُ نِكَاحِ الْكَافِرِ الْمُؤْمِنَةَ، وَقَدْ كَانَ هَذَا فِي أَوَّلِ الْإِسْلَامِ جَائِزًا ثُمَّ نُسِخَ، فَزَوَّجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِنْتًا لَهُ مِنْ عُتْبَةَ بْنِ أَبِي لَهَبٍ، وَالْأُخْرَى مِنْ أَبِي الْعَاصِ بْنِ الرَّبِيعِ قَبْلَ الْوَحْيِ، وَكَانَا كَافِرَيْنِ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ- مِنْهُمْ مُجَاهِدٌ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ- أَشَارَ بِقَوْلِهِ: " بَناتِي" إِلَى النِّسَاءِ جُمْلَةً، إِذْ نَبِيُّ الْقَوْمِ أَبٌ لَهُمْ، وَيُقَوِّي هَذَا أَنَّ فِي قِرَاءَةِ ابْنِ مَسْعُودٍ. " النَّبِيُّ أَوْلَى بِالْمُؤْمِنِينَ مِنْ أَنْفُسِهِمْ وَأَزْوَاجُهُ أُمَّهَاتُهُمْ وهو أب لهم [الأحزاب: ٦] . وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: إِنَّمَا كَانَ الْكَلَامُ مُدَافَعَةً وَلَمْ يُرِدْ إِمْضَاءَهُ، رُوِيَ هَذَا الْقَوْلُ عَنْ أَبِي عُبَيْدَةَ، كَمَا يُقَالُ لِمَنْ يُنْهَى عَنْ أَكْلِ مَالِ الْغَيْرِ: الْخِنْزِيرُ أَحَلُّ لَكَ مِنْ هَذَا. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: لَمْ يَعْرِضْ عَلَيْهِمْ بَنَاتِهِ وَلَا بَنَاتِ أُمَّتِهِ، وَإِنَّمَا قَالَ لَهُمْ هَذَا لِيَنْصَرِفُوا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (هُنَّ أَطْهَرُ لَكُمْ) ابْتِدَاءٌ وَخَبَرٌ، أَيْ أُزَوِّجُكُمُوهُنَّ، فَهُوَ أَطْهَرُ لَكُمْ مِمَّا تُرِيدُونَ، أَيْ أَحَلُّ. وَالتَّطَهُّرُ التَّنَزُّهُ عَمَّا لَا يَحِلُّ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَ رُؤَسَاؤُهُمْ خَطَبُوا بَنَاتِهِ فَلَمْ يُجِبْهُمْ، وَأَرَادَ ذَلِكَ الْيَوْمَ أَنْ يَفْدِيَ أَضْيَافَهُ بِبَنَاتِهِ. وَلَيْسَ أَلِفُ" أَطْهَرُ " لِلتَّفْضِيلِ حَتَّى يُتَوَهَّمَ أَنَّ فِي نِكَاحِ [الرِّجَالِ «٢» ] طَهَارَةً، بَلْ هُوَ كَقَوْلِكَ: اللَّهُ أَكْبَرُ وَأَعْلَى وَأَجَلُّ، وَإِنْ لم يكن تفضيل، وَهَذَا جَائِزٌ شَائِعٌ «٣» فِي كَلَامِ الْعَرَبِ، وَلَمْ يُكَابِرِ اللَّهَ تَعَالَى أَحَدٌ حَتَّى يَكُونَ اللَّهُ تَعَالَى أَكْبَرَ مِنْهُ. وَقَدْ قَالَ أَبُو سُفْيَانَ بْنُ حَرْبٍ يَوْمَ أُحُدٍ: اعْلُ هُبَلُ «٤» اعْلُ هُبَلُ، فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِعُمَرَ: " قُلِ اللَّهُ أَعْلَى وَأَجَلُّ ". وَهُبَلُ لَمْ يَكُنْ قَطُّ عَالِيًا وَلَا جَلِيلًا. وَقَرَأَ الْعَامَّةُ بِرَفْعِ الرَّاءِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَعِيسَى بْنُ عَمْرٍو" هُنَّ أَطْهَرَ " بِالنَّصْبِ عَلَى الْحَالِ. وَ" هُنَّ " عِمَادُ. وَلَا يُجِيزُ الْخَلِيلُ وَسِيبَوَيْهِ وَالْأَخْفَشُ أَنْ يَكُونَ" هُنَّ" هَاهُنَا عِمَادًا، وَإِنَّمَا يَكُونُ عِمَادًا فِيمَا لَا يَتِمُّ الْكَلَامُ إِلَّا بِمَا بَعْدَهَا، نَحْوُ كَانَ زَيْدٌ هُوَ أَخَاكَ، لِتَدُلَّ بِهَا على أن الأخ ليس بنعت.
(١). كذا في الأصول والآلوسى، وفى الطبري: رثيا. (٢). في الأصل (النساء) وهو تحريف. (٣). في ع: سائغ. (٤). أي أظهر دينك.

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