Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Elles distinguèrent chez eux une belle prestance et demandèrent : « Que vous arrive-t-il ? D’où venez-vous ? » – « De telle contrée, répondirent-ils, et nous désirons atteindre cette cité. » Les deux jeunes filles répliquèrent : « Ses habitants se livrent aux turpitudes. » – « S’y trouve-t-il quelqu’un qui puisse nous offrir l’hospitalité ? » – « Oui, ce vieil homme-là », dirent-elles en désignant Loth. Lorsque Loth – sur lui la paix – aperçut leur apparence, il craignit pour eux les agissements de son peuple.

« Sī’a bihim » signifie : leur venue le chagrina. On dit : sāʾa yasûʾu, verbe intransitif, et sāʾahu yasûʾuhu, verbe transitif également. Si tu le souhaites, tu prononces la sīn avec ḍamma, car telle est son origine ; la forme primitive est suʾa bihim, issu de suʾ (« mal »). Le mouvement de la wāw a été reporté sur la sīn, laquelle est devenue yāʾ. Si l’on allège le hamza, on transfère sa voyelle sur la yāʾ et l’on dira : « sī bihim » (forme allégée). On relève encore, de façon isolée, une forme avec redoublement.

« Wa ḍāqa bihim ḏarʿan » : son cœur se serra à cause de leur venue et il la réprouva. Certains ont dit : son espace et sa capacité se rétrécirent. L’expression provient du chameau qui, en marchant, étend ses pattes d’une foulée proportionnée à l’amplitude de son pas ; s’il est contraint à dépasser sa force, il se trouve à l’étroit, faiblit et allonge le cou ; ainsi, « l’étroitesse de la mesure » est une image du manque de latitude. D’autres ont dit : c’est celui que le vomissement saisit, c’est-à-dire qui ne parvient plus à retenir en lui ce qu’il exècre. Sa poitrine se resserra donc devant eux en raison de leur beauté et de ce qu’il savait de la débauche de son peuple.

« Il dit : “Voici un jour ‘aṣīb (pénible)” », c’est-à-dire d’une extrême dureté. Le poète a dit :
« Si tu ne satisfais pas Bakr ibn Wāʾil,
il te viendra en Irak un jour éprouvant. »
Et un autre :
« Un jour éprouvant qui étreint les héros
comme la corde solide étreint les longues lances. »
On emploie ‘aṣīb et ‘aṣabṣab – forme intensive – pour désigner ce qui est détestable et concentre le mal. De là vient ‘aṣaba : il entoura le mal d’une ‘iṣāba (groupe). Ainsi les termes ‘uṣba et ‘iṣāba désignent ceux dont la parole est unanime, unis dans leur for intérieur. « ‘Uṣbat ar-rajul » ce sont ceux qui partagent avec lui le lien du sang. « Ta‘aṣṣabtu li-fulān » : je suis devenu comme son ‘iṣāba. L’expression « rajul ma‘ṣûb » qualifie un homme solidement bâti.

Parole d’Allâh – Très-Haut – :
« Son peuple vint à lui en hâte » (circonstanciel).

« Yuhr­aʿûna » : ils se précipitaient. Al-Kisâʾî, Al-Farrâʾ et d’autres grammairiens affirment que l’ihrâ‘ n’est qu’une course rapide accompagnée de frisson. On dit : « Ahr­aʿa ar-rajul ihrâ‘an » : il s’est hâté en tremblant de froid, de colère ou de fièvre ; on dit de lui qu’il est « muhriʿ ». Le poète Muhalhil a dit : —

وَرَأَتَا هَيْئَةً حَسَنَةً، فَقَالَتَا: مَا شَأْنُكُمْ؟ وَمِنْ أَيْنَ أَقْبَلْتُمْ؟ قَالُوا: مِنْ مَوْضِعِ كَذَا نُرِيدُ هَذِهِ الْقَرْيَةَ قَالَتَا: فَإِنَّ أَهْلَهَا أَصْحَابُ الْفَوَاحِشِ، فَقَالُوا: أَبِهَا مَنْ يُضَيِّفنَا؟ قَالَتَا: نَعَمْ! هَذَا الشَّيْخُ وَأَشَارَتَا إِلَى لُوطٍ، فَلَمَّا رَأَى لُوطٌ هيئتهم خاف قومه عليهم. (سِيءَ بِهِمْ) أَيْ سَاءَهُ مَجِيئُهُمْ، يُقَالُ: سَاءَ يَسُوءُ فَهُوَ لَازِمٌ، وَسَاءَهُ يَسُوءُهُ فَهُوَ مُتَعَدٍّ أَيْضًا، وَإِنْ شِئْتَ ضَمَمْتَ السِّينَ، لِأَنَّ أَصْلَهَا الضَّمُّ، وَالْأَصْلَ سُوِئَ بِهِمْ مِنَ السُّوءِ، قُلِبَتْ حَرَكَةُ الْوَاوِ عَلَى السِّينِ فَانْقَلَبَتْ يَاءً، وَإِنْ خُفِّفَتِ الهمزة ألقيت حركتها على الياء فقلت: " سي بِهِمْ" مُخَفَّفًا، وَلُغَةٌ شَاذَّةٌ بِالتَّشْدِيدِ. (وَضاقَ بِهِمْ ذَرْعاً) أَيْ ضَاقَ صَدْرُهُ بِمَجِيئِهِمْ وَكَرِهَهُ. وَقِيلَ: ضَاقَ وُسْعُهُ وَطَاقَتُهُ. وَأَصْلُهُ أَنْ يَذْرَعَ الْبَعِيرَ بِيَدَيْهِ فِي سَيْرِهِ ذَرْعًا عَلَى قَدْرِ سِعَةِ خطوه، فإذ حُمِلَ عَلَى أَكْثَرِ مِنْ طَوْقِهِ ضَاقَ عَنْ ذَلِكَ، وَضَعُفَ وَمَدَّ عُنُقَهُ، فَضِيقُ الذَّرْعِ عِبَارَةٌ عَنْ ضِيقِ الْوُسْعِ. وَقِيلَ: هُوَ مَنْ ذَرَعَهُ الْقَيْءُ أَيْ غَلَبَهُ، أَيْ ضَاقَ عَنْ حَبْسِهِ الْمَكْرُوهِ فِي نَفْسِهِ، وَإِنَّمَا ضَاقَ ذَرْعَهُ بِهِمْ لِمَا رَأَى مِنْ جَمَالِهِمْ، وَمَا يَعْلَمُ مِنْ فِسْقِ قَوْمِهِ. (وَقالَ هَذَا يَوْمٌ عَصِيبٌ) أَيْ شَدِيدٌ فِي الشَّرِّ. وَقَالَ الشَّاعِرُ: وَإِنَّكَ إِلَّا تُرْضِ بَكْرَ بْنَ وَائِلٍ ... يَكُنْ لَكَ يَوْمٌ بِالْعِرَاقِ عَصِيبٌ وَقَالَ آخَرُ: يَوْمٌ عَصِيبٌ يَعْصِبُ الْأَبْطَالَا ... عَصْبَ الْقَوِيِّ السَّلَمِ الطِّوَالَا وَيُقَالُ: عَصِيبٌ وَعَصَبْصَبٌ عَلَى التَّكْثِيرِ، أَيْ مَكْرُوهٌ مُجْتَمِعُ الشَّرِّ وَقَدْ. عَصَبَ، أَيْ عَصَبَ بِالشَّرِّ عِصَابَةً، وَمِنْهُ قيل: عصبة وعصابة أي مجتمعوا الْكَلِمَةِ، أَيْ مُجْتَمِعُونَ فِي أَنْفُسِهِمْ. وَعُصْبَةُ الرَّجُلِ الْمُجْتَمِعُونَ مَعَهُ فِي النَّسَبِ، وَتَعَصَّبْتُ لِفُلَانٍ صِرْتُ كَعَصَبَتِهِ، وَرَجُلٍ مَعْصُوبٍ «١» ، أَيْ مُجْتَمِعُ الْخَلْقِ. (قَوْلُهُ تعالى:) وَجاءَهُ قَوْمُهُ يُهْرَعُونَ) فِي مَوْضِعِ الْحَالِ. " يُهْرَعُونَ" أَيْ يُسْرِعُونَ. قَالَ الْكِسَائِيُّ وَالْفَرَّاءُ وَغَيْرُهُمَا مِنْ أَهْلِ اللُّغَةِ: لَا يَكُونُ الْإِهْرَاعُ إِلَّا إِسْرَاعًا مَعَ رِعْدَةٍ، يُقَالُ: أَهْرَعَ الرَّجُلُ إِهْرَاعًا أَيْ أَسْرَعَ فِي رِعْدَةٍ مِنْ بَرْدٍ أَوْ غَضَبٍ أَوْ حُمَّى، وَهُوَ مهرع، قال مهلهل:
(١). في مفردات الراغب: ومعصوب الخلق أي مدلج الخلقة (.)

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