Treizièmement –
Parole du Très-Haut :
« Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d’Isaac ».
Lorsque Ismâʿîl naquit à Ibrâhîm – sur lui la paix – de Hâjar, Sârah désira à son tour avoir un fils, mais elle en avait perdu l’espoir en raison de son âge avancé. Elle reçut alors la bonne nouvelle de la naissance d’un enfant qui serait lui-même Prophète et engendrerait un autre Prophète. Il s’agissait donc pour elle de l’annonce qu’elle verrait le fils de son propre fils.
Quatorzièmement –
Parole du Très-Haut :
« Et, après Isaac, (Nous annonçâmes) Jacob ».
Hamzah et ʿAbd Allâh ibn ʿÂmir lisent « Yaʿqûba » à l’accusatif, tandis que les autres la récitent au nominatif.
– Au nominatif, le sens est : « Il produira pour elle, après Isaac, un Jacob ». Il peut également être rattaché au verbe sous-entendu régi par « min », comme si le sens était : « Il s’est établi pour elle, après Isaac, Jacob » ; ou encore être sujet d’un nouveau début de phrase, placé en position de circonstanciel : « Ils lui annoncèrent Isaac, avec face à lui Jacob ».
– À l’accusatif, le sens devient : « Et Nous lui fîmes don, après Isaac, de Jacob ».
Al-Kisâ’î, l’Akhfash et Abû Hâtim ont admis que « Yaʿqûba » puisse être au génitif, au sens de : « Nous lui annonçâmes, après Isaac, (la naissance de) Jacob ».
Al-Farrâ’ déclare toutefois que le génitif n’est permis qu’en réitérant la préposition ; Sîbawayh dit : « Si tu dis : ‘Je suis passé par Zayd avant-hier et hier ʿAmr’, c’est disgracieux, car tu as séparé le mot régi (Zayd) de ce qui l’associe – à savoir la conjonction wa – comme tu aurais séparé la préposition du terme qu’elle régit ; or la préposition ne souffre aucune séparation ni d’avec son complément, ni d’avec la conjonction wa. »
(« Sarah dit : ‘Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille, et voici mon époux un vieillard ? Cela est vraiment chose étonnante !’ » – Hûd 11 : 72)
Il y a ici deux questions.
Premièrement –
Parole du Très-Haut :
« Malheur à moi ! »
Az-Zajjâj explique : la forme originelle est « yâ waylatî » ; la yâ finale a été changée en alif parce qu’elle est plus légère que la yâ accompagnée de kasrah. Elle ne souhaitait pas réellement le malheur pour elle-même ; c’est plutôt une locution qui vient aisément à la bouche des femmes lorsqu’il leur survient ce qui les surprend. Elle s’étonna de pouvoir enfanter et du fait que son époux fût un vieillard, car cela sort de l’ordinaire ; or tout ce qui sort de l’ordinaire paraît étrange et inouï.
L’interrogation « Vais-je enfanter ? » est ici porteuse d’un sens d’émerveillement.
« Alors que je suis une vieille femme » : c’est-à-dire déjà très avancée en âge. On dit « ʿajuzat » (elle est devenue vieille) à l’inaccompli « taʿjazu » pour exprimer la vieillesse, et « ʿajjazat » au causatif « taʿjîzan » pour signifier : elle a atteint un âge avancé.