Dixième point –
Muslim rapporte d’après Sahl ibn Saʿd :
« Abû Usayd al-Sâʿidî invita le Messager d’Allah — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — à son mariage. Ce jour-là, c’est son épouse elle-même, la jeune mariée, qui leur fit le service. »
Sahl ajouta : « Savez-vous ce qu’elle donna à boire au Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui ? Elle fit tremper quelques dattes la nuit dans un tawr (une bassine) et, lorsque l’on eut mangé, elle les lui fit boire. »
Al-Bukhârî a également rapporté ce récit en titrant : « Chapitre : la femme qui se tient au service des hommes lors de la noce et qui les sert elle-même. »
Nos savants disent : ce hadith atteste la licéité pour la mariée de servir son époux et ses compagnons le jour de ses noces. Il montre qu’il n’y a pas de mal à ce qu’un homme présente les membres de sa famille à ses frères vertueux et qu’il leur demande un service. Il est toutefois possible que cet événement se soit déroulé avant la révélation du verset du voile – Allah est plus Savant.
Onzième point –
Al-Tabarî rapporte que, lorsque Ibrâhîm — sur lui la paix — présenta le veau rôti, ses hôtes dirent : « Nous ne mangeons une nourriture qu’à condition d’en payer le prix. » Il leur répondit : « Son prix consiste à prononcer le Nom d’Allah au début et à Le louer à la fin. » Jibrîl dit alors à ses compagnons : « À juste titre Allah a-t-Il pris cet homme pour ami intime (khalîl). »
Nos savants expliquent : s’ils ne mangèrent pas, c’est que les anges ne mangent pas. Or, tout comme Allah — exalté soit-Il — leur a facilité le fait de se présenter sous forme humaine, Il aurait pu leur accorder la faculté de manger ; mais, selon la majorité des ulémas, Il les a envoyés sous l’apparence d’hommes et Ibrâhîm — sur lui la paix — s’est donné la peine de les honorer. Lorsqu’il constata leur abstention et en conçut de la crainte, la bonne nouvelle lui parvint soudainement.
Douzième point –
Ce récit démontre que la basmala au début du repas et la louange finale sont une prescription déjà en vigueur dans les communautés qui nous ont précédés.
Les Isra’îliyyât rapportent encore qu’Ibrâhîm n’acceptait jamais de manger seul. Quand son repas était prêt, il envoyait chercher quelqu’un pour partager sa table. Un jour, il rencontra un homme ; une fois assis pour manger, Ibrâhîm lui dit : « Prononce le Nom d’Allah. » L’homme répondit : « Je ne sais pas ce qu’est Allah. » Ibrâhîm lui dit alors : « Sors de ma table. »
Après son départ, Jibrîl descendit et dit : « Allah t’informe qu’Il continue de pourvoir cet homme tout au long de sa vie bien qu’il soit mécréant, et toi, tu lui as refusé une simple bouchée ! » Ibrâhîm, saisi de crainte, sortit en traînant son manteau et appela l’homme : « Reviens ! » Celui-ci répondit : « Je ne reviendrai pas avant que tu ne m’expliques pourquoi tu me rappelles sans raison. » Ibrâhîm lui exposa alors ce qui venait de lui être révélé. L’homme déclara : « Voilà certes un Seigneur des plus Généreux ! J’adhère à la foi. » Il revint, mentionna le Nom d’Allah et mangea en croyant.