Ou bien les deux peuvent être mis à l’accusatif : « قَالُوا سَلامًا – قَالَ سَلامٌ », ce qui est admis en arabe.
On a dit aussi : la forme « سَلامًا » est à l’accusatif parce qu’elle tient lieu de maṣdar (complément verbal).
D’autres ont expliqué :
« قَالُوا سَلامًا », c’est-à-dire qu’ils l’abordèrent par une parole correcte, comme dans la Parole : « وَإِذَا خَاطَبَهُمُ الْجَاهِلُونَ قَالُوا سَلامًا » (lorsque les ignorants les interpellent, ils répondent par des paroles justes). Ici, « سَلامًا » représente le sens de leur propos et non son énoncé littéral. Telle est l’opinion d’Ibn al-ʿArabî, qu’il a choisie.
Il dit encore : Ne vois-tu pas que, lorsque Dieu — Très-Haut — voulut rapporter l’expression même, Il l’énonça textuellement, informant au sujet des anges :
« سَلامٌ عَلَيْكُمْ بِمَا صَبَرْتُمْ »
« سَلامٌ عَلَيْكُمْ طِبْتُمْ ».
D’autres ont dit : ils invoquèrent une bénédiction pour lui ; le sens étant : « Puisses-tu être sauf, en parfaite paix ».
« قَالَ سَلامٌ »
Ce nominatif possède deux analyses :
- Par ellipse d’un sujet, c’est-à-dire : « هو سلامٌ » — c’est une paix —, ou bien : « أمري سلامٌ » — mon affaire est paix.
- Ou encore, il signifie « السلام عليكم » employé comme formule de salutation, le prédicat étant alors implicite.
Le terme « سَلامٌ » peut rester indéterminé en raison de son usage très fréquent ; on a donc retranché l’article alif-lâm, tout comme on dit « اللهمّ » après avoir retranché « يا الله ».
Il existe également la lecture « سِلْمٌ ». Al-Farrâ’ dit : « السِّلْمُ » et « السَّلامُ » ont le même sens, comme « الحِلُّ » et « الحلالُ ».
Parole du Très-Haut :
« فَمَا لَبِثَ أَنْ جَاءَ بِعِجْلٍ حَنِيذٍ »
Cette phrase comporte quatorze questions de grammaire.
Première question :
Parole du Très-Haut :
« فَمَا لَبِثَ أَنْ جَاءَ »
Le mot « أَنْ » signifie « حَتَّى » (jusqu’à), selon les grands grammairiens, propos rapporté par Ibn al-ʿArabî. Le sens est : « Il ne tarda pas jusqu’à ce qu’il revînt ».
Une autre explication veut que « أَنْ » soit à l’accusatif parce que la préposition a été omise ; le sens alors : « فَمَا لَبِثَ عَنْ أَنْ جَاءَ », c’est-à-dire qu’il ne tarda pas à apporter un veau. Après la suppression de la préposition, « أَنْ » demeure à la place de l’accusatif.
Dans le verbe « لَبِثَ » se trouve le pronom qui représente Ibrâhîm. Quant à « سَلامًا », c’est ici une particule négative, selon Sîbawayh.
Al-Farrâ’ dit : « فَمَا لَبِثَ مَجِيئُهُ », c’est-à-dire : il ne mit point de retard à venir ; « أَنْ » est alors au nominatif, et il n’y a pas de pronom dans « لَبِثَ ». De même, « سَلامًا » serait une particule négative. Il est néanmoins possible de considérer « سَلامًا » au sens de « celui qui » ; dans ce cas, « لَبِثَ » comprend le pronom d’Ibrâhîm et « أَنْ جَاءَ » constitue le prédicat de « سَلامًا »: Autrement dit, ce par quoi Ibrâhîm tarda, c’est son arrivée avec un veau rôti.
« حَنِيذٍ » désigne ce qui est rôti ; certains disent : rôti sous la chaleur des pierres chauffées sans contact direct avec le feu. On dit : « حَنَذْتُ الشاةَ أَحْنِذُها حَنذًا » — je fais rôtir la brebis — en disposant sur elle des pierres chauffées pour qu’elle cuise, d’où l’on dit qu’elle est « حَنِيذ ».
On dit aussi : « حَنَذْتُ الفرسَ أَحْنِذُهُ حَنْذًا » : on fait courir le cheval un ou deux tours, puis on le couvre de couvertures sous le soleil pour qu’il sue ; il est alors « مَحْنُوذ » ou « حَنِيذ ».
S’il ne transpire pas, on dit : « كَبا ». « حَنَذٌ » est enfin le nom d’un lieu proche.