Et la perte est pour eux, non pour lui – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui. C’est comme s’il avait dit : « (rien d’autre que) la perte pour vous, non pour moi. »
On a également dit : le sens est : « Par votre argument consistant à vous réclamer de la religion de vos pères, sans clairvoyance, vous ne m’ajoutez rien sinon votre propre ruine », selon Ibn ʿAbbâs.
Parole du Très-Haut :
« Ô mon peuple ! Voici la chamelle d’Allah… »
Il s’agit d’un syntagme formé d’un sujet et de son prédicat.
« … pour vous, un signe. »
Le terme « un signe » est à l’accusatif, employé comme circonstancielle, régi par le sens de la désignation ou de l’avertissement contenu dans « cette ». On dit « la chamelle d’Allah » parce qu’Il la fit sortir d’une montagne – conformément à leur demande – à la condition qu’ils croiraient. Il fut également rapporté qu’Il la fit surgir d’un rocher compact, isolé, dans la région de Al-Ḥijr, appelé « Al-Kâthibah ». Lorsque la chamelle sortit – ainsi qu’ils l’avaient exigé – le Prophète d’Allah, Ṣâliḥ, leur dit : « Voici la chamelle d’Allah ; elle constitue pour vous un signe. »
« Laissez-la paître… »
C’est un impératif suivi de sa conséquence ; la nûn de « فذروها » a été omise parce qu’il s’agit d’un verbe à l’impératif. On n’emploie « وذَرَ » ou « واذرَ » qu’à titre rare. Les grammairiens donnent deux explications ; Sîbawayh dit : on s’en est passé au profit du verbe « ترك » (laisser). D’autres disent : la consonne wāw étant pesante et la langue possédant un verbe équivalent sans wāw, on l’a abandonnée. Abû Isḥâq az-Zajjâj estime qu’il est permis de porter « تأكل » au nominatif, à valeur circonstancielle ou d’incidente.
« … et ne la touchez pas… »
Verbe à l’apocopé parce qu’il marque l’interdiction. « … d’un mal » : al-Farrâʾ explique : c’est-à-dire en la mutilant. « Alors un châtiment proche vous saisira » : proche du moment où vous l’aurez mise à mort.
Parole du Très-Haut :
« Ils la tuèrent, et [Ṣâliḥ] dit : jouissez dans votre demeure trois jours. »
Deux questions se posent.
Premièrement : « Ils la tuèrent ». En réalité, seuls quelques-uns l’exécutèrent, mais l’acte est imputé à tous parce que le reste y consentit. Nous avons déjà traité de son abattage dans la sourate « Al-Aʿrâf », et nous y reviendrons.
« Il dit : jouissez… »
c’est-à-dire Ṣâliḥ leur dit : « Profitez », autrement dit, jouissez des bienfaits qu’Allah vous accorde avant que ne survienne le châtiment.
« … dans votre demeure » : c’est-à-dire dans votre contrée ; s’Il avait voulu parler des maisons, Il aurait dit « dans vos demeures ». Certains ont dit : chacun de vous jouira dans sa propre maison, comme dans le verset : « Il vous fait sortir [chacun] à l’état d’enfant ». Le verset exprime la jouissance par la vie, car le mort ne goûte ni plaisir ni jouissance.
La chamelle fut mise à mort un mercredi ; ils vécurent ensuite le jeudi, le vendredi et le samedi, puis le châtiment les atteignit le dimanche. Ils ne bénéficièrent donc que de trois jours, parce que le chamelon brama trois fois – ainsi qu’il a déjà été expliqué dans « Al-Aʿrâf » : leur teint jaunit le premier jour, rougit le second, noircit le troisième, puis ils périrent le quatrième. Cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-Aʿrâf ».