Parole du Très-Haut :
« Ils dirent : “Ô Ṣâliḥ ! Tu étais, parmi nous, un homme en qui nous placions de grands espoirs avant cela.” »
Autrement dit : nous espérions que tu serais pour nous un notable avant cet instant, c’est-à-dire avant que tu ne revendiques la prophétie.
On rapporte aussi que Ṣâliḥ critiquait leurs idoles et les détestait, alors qu’ils escomptaient son retour à leur croyance ; mais lorsqu’il les appela à (l’adoration d’)Allah, ils déclarèrent : « Notre espérance en toi s’est évanouie. »
« Nous empêches-tu… ? » – c’est une interrogation exprimant la réprobation.
« …de vouer un culte… » c’est-à-dire : de ce que nous adorons.
« …à ce que nos ancêtres adoraient. » Ici, « an » tient la place de l’objet direct après la suppression de la préposition.
« Et certes nous sommes dans le doute… » : dans la sourate Ibrâhîm on lit « wa-innâ » ; à l’origine la forme comportait trois nûn, la troisième a été retranchée pour éviter la lourdeur phonétique.
« …au sujet de ce vers quoi tu nous appelles » : l’adresse est faite à Ṣâliḥ ; dans la sourate Ibrâhîm il est dit « vous nous appelez », car l’interpellation s’adresse alors à l’ensemble des messagers – sur eux la prière et la paix.
« …qui nous inspire le soupçon. » Le verbe provient de « arabtuhu » : j’ai accompli à son égard un acte susceptible de susciter chez lui le doute. Le poète huthalî a dit :
« Quand il m’arrivait de revenir de loin,
il flairait mon épaule, tirait mon vêtement,
comme si je l’avais intrigué par quelque chose de suspect. »
Parole du Très-Haut :
« Il dit : “Ô mon peuple ! Que pensez-vous si je m’appuie sur une preuve évidente de la part de mon Seigneur, et qu’Il m’a accordé, de Sa part, une miséricorde… »
Le sens de cette formule a déjà été mentionné à propos de la parole de Noé.
« …qui donc me secourra contre Allah si je Lui désobéis ? » – interrogation à valeur négative : nul ne me protégera contre Lui si je Lui désobéis.
« Vous ne ferez que m’accroître en perdition » – c’est-à-dire en égarement et en éloignement du bien, selon l’interprétation d’al-Farrâʾ.