Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

pour l’édifier, car le verbe est venu sous la forme « istafʿala ». Or cette forme indique : soit une requête verbale adressée à celui qui est inférieur lorsqu’il s’agit d’un ordre, soit une demande formulée par l’inférieur à l’égard du supérieur, par désir.

Je dis : on n’a pas mentionné « istafʿala » au sens de « afʿala », comme dans l’exemple « istawqada » qui signifie « awqada » (allumer) ; nous l’avons déjà signalé. Il s’agit là du quatrième sens, qui renferme une preuve concernant le droit d’habitation (al-iskân) et l’ʿumrâ ; nous avons, dans la sourate « al-Baqarah », exposé la question de la résidence (al-suknâ) et de la ruqbâ.

Quant à l’ʿumrâ, les savants y ont vu trois avis :

  1. Premier avis : l’ʿumrâ confère la propriété de l’usufruit du bien pendant toute la vie du bénéficiaire. S’il ne précise pas « pour tes descendants » et que le bénéficiaire meurt, le bien revient au donateur ou à ses ayants droit. Cet avis est celui d’al-Qâsim b. Muḥammad, Yazîd b. Qusayṭ, al-Layth b. Saʿd ; c’est aussi l’opinion la plus répandue de l’école mâlikite et l’un des avis rapportés de l’imâm al-Shâfiʿî. La preuve de cette position a déjà été donnée dans notre commentaire de « al-Baqarah ».

  2. Deuxième avis : l’ʿumrâ transfère la pleine propriété du bien et de ses fruits ; c’est un don irrévocable. Tel est l’avis d’Abû Ḥanîfa, d’al-Shâfiʿî et de leurs disciples, de Sufyân al-Thawrî, al-Ḥasan b. Ḥayy, Aḥmad b. Ḥanbal, Ibn Shubruma et Abû ʿUbayd. Ils disent : celui qui accorde un bien à quelqu’un en ʿumrâ pour sa vie, le bien appartient au bénéficiaire durant sa vie puis, après sa mort, à ses héritiers, car il en a acquis la nue-propriété. La condition posée par le donateur, qui limiterait la propriété à la durée de vie, est nulle, puisque le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « L’ʿumrâ est valable » et : « L’ʿumrâ appartient à celui à qui elle a été donnée. »

  3. Troisième avis : s’il déclare : « c’est pour ta vie » sans mentionner la descendance, on applique le premier avis ; s’il ajoute : « … et pour tes descendants », on se range au deuxième. C’est l’opinion d’al-Zuhrî, Abû Thawr, Abû Salama b. ʿAbd al-Raḥmân, Ibn Abî Dhîʿb ; elle est également rapportée de Mâlik et ressort de ses propos dans le Muwaṭṭaʾ. Il est toutefois connu de lui et de ses compagnons que, si la lignée du bénéficiaire s’éteint alors que le donateur est encore vivant, le bien lui revient ; sinon, il revient à l’héritier vivant le plus proche.

Selon Mâlik, le terme ʿumrâ ne confère pas non plus la pleine propriété dans le cas d’un ḥabs (bien immobilisé) : si le bien est affecté à un homme et à sa descendance, il ne retourne pas au donateur ; mais s’il est affecté à un homme déterminé pour la durée de sa vie, il revient ensuite au donateur. Il en va de même, par analogie, pour l’ʿumrâ, ce qui est l’apparente portée du Muwaṭṭaʾ.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Jâbir b. ʿAbd Allâh, il est rapporté que le Messager d’Allah — paix et salut sur lui —

عِمَارَتَهَا فَإِنَّهُ جَاءَ بِلَفْظِ اسْتَفْعَلَ، وَهُوَ اسْتِدْعَاءُ الْفِعْلِ بِالْقَوْلِ مِمَّنْ هُوَ دُونَهُ إِذَا كَانَ أَمْرًا، وَطَلَبٌ لِلْفِعْلِ إِذَا كَانَ مِنَ الْأَدْنَى إِلَى الْأَعْلَى [رَغْبَةً «١» ]. قُلْتُ: لَمْ يُذْكَرِ اسْتَفْعَلَ بِمَعْنَى أَفْعَلَ، مِثْلَ قَوْلِهِ: اسْتَوْقَدَ بِمَعْنَى أَوْقَدَ، وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ، «٢» وَهِيَ: الرَّابِعَةُ- وَيَكُونُ فِيهَا دَلِيلٌ عَلَى الْإِسْكَانِ وَالْعُمْرَى وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِي " الْبَقَرَةِ" «٣» فِي السُّكْنَى وَالرُّقْبَى. وَأَمَّا الْعُمْرَى فَاخْتَلَفَ العلماء فيها على ثلاثة أقوال: أحدهما- أَنَّهَا تَمْلِيكٌ لِمَنَافِعِ الرَّقَبَةِ حَيَاةَ الْمُعْمَرِ مُدَّةَ عُمْرِهِ، فَإِنْ لَمْ يَذْكُرْ عَقِبًا فَمَاتَ الْمُعْمَرُ رَجَعَتْ إِلَى الَّذِي أَعْطَاهَا أَوْ لِوَرَثَتِهِ، هَذَا قَوْلُ الْقَاسِمِ بْنِ مُحَمَّدٍ وَيَزِيدَ بْنِ قُسَيْطٍ وَاللَّيْثِ بْنِ سَعْدٍ، وَهُوَ مَشْهُورُ مَذْهَبِ مَالِكٍ، وَأَحَدُ أَقْوَالِ الشَّافِعِيِّ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" حُجَّةُ هَذَا الْقَوْلِ. الثَّانِي أَنَّهَا تَمْلِيكُ الرَّقَبَةِ ومنافعا وَهِيَ هِبَةٌ مَبْتُولَةٌ «٤» وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيِّ وَأَصْحَابِهِمَا وَالثَّوْرِيِّ والحسن ابن حَيِّ وَأَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ وَابْنِ شُبْرُمَةَ وَأَبِي عُبَيْدٍ، قَالُوا مَنْ أَعْمَرَ رَجُلًا شَيْئًا حَيَاتَهُ فَهُوَ لَهُ حَيَاتَهُ، وَبَعْدَ وَفَاتِهِ لِوَرَثَتِهِ، لِأَنَّهُ قَدْ مَلَكَ رَقَبَتَهَا، وَشَرْطُ الْمُعْطِي الْحَيَاةَ وَالْعُمْرَ بَاطِلٌ، لِأَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قال: " العمرى جائزة" " والعمرى لِمَنْ وُهِبَتْ لَهُ" الثَّالِثُ- إِنْ قَالَ عُمْرَكَ وليم يَذْكُرِ الْعَقِبَ كَانَ كَالْقَوْلِ الْأَوَّلِ: وَإِنْ قَالَ لِعَقِبِكَ كَانَ كَالْقَوْلِ الثَّانِي، وَبِهِ قَالَ الزُّهْرِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ وَأَبُو سَلَمَةَ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ وَابْنُ أَبِي ذِئْبٍ، وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ، وَهُوَ ظَاهِرُ قَوْلِهِ فِي الْمُوَطَّأِ. وَالْمَعْرُوفُ عَنْهُ وَعَنْ أَصْحَابِهِ أَنَّهَا تَرْجِعُ إِلَى الْمُعْمِرِ، إِذَا انقرض عقب المعمر، إذا كَانَ الْمُعْمِرُ حَيًّا، وَإِلَّا فَإِلَى مَنْ كَانَ حَيًّا مِنْ وَرَثَتِهِ، وَأَوْلَى النَّاسِ بِمِيرَاثِهِ. وَلَا يملك المعمر بلفظ العمرى عند مَالِكٌ فِي الْحَبْسِ أَيْضًا: إِذَا حُبِسَ عَلَى رَجُلٍ وَعَقِبِهِ أَنَّهُ لَا يَرْجِعُ إِلَيْهِ. وَإِنْ حُبِسَ عَلَى رَجُلٍ بِعَيْنِهِ حَيَاتَهُ رَجَعَ إِلَيْهِ، وَكَذَلِكَ الْعُمْرَى قِيَاسًا، وَهُوَ ظَاهِرُ الْمُوَطَّأِ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٌ عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله
(١). الزيادة عن ابن العربي. (٢). راجع ج ١ ص ٢١٢ وص ٢٩٩. (٣). راجع ج ١ ص ٢١٢ وص ٢٩٩. (٤). مبتولة: ماضيه غير راجعة إلى الواهب، من بتلة، قطعه وأبانه.

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