Al-Farrâʾ déclara : « Autrement dit, ils ont renié le bienfait de leur Seigneur. » Il ajouta : « On dit : kafartuhu et kafartu bihi, tout comme on dit : shakartuhu et shakartu lahu. »
« Qu’ils soient donc bannis, les ʿÂd, peuple de Hûd ! » – c’est-à-dire : qu’ils demeurent à jamais exclus de la miséricorde d’Allah. Le terme buʿd (éloignement) signifie aussi la perdition et l’éloignement du bien.
On dit : baʿuda – yabʿudu – buʿdan quand il s’est éloigné et s’est tenu à distance ; et baʿida – yabʿadu – baʿadan quand il a péri.
Le poète a dit :
« Puissent ne pas périr ceux de mon peuple qui sont
le venin des ennemis et le fléau des troupeaux. »
Et al-Nâbigha a dit :
« Ne t’éloigne point ; la mort est un lieu d’abreuvement,
et tout homme verra un jour son sort changer. »
« Et aux Thamûd, Nous avons envoyé leur frère Ṣâliḥ ; il dit : “Ô mon peuple, adorez Allah ; vous n’avez d’autre divinité que Lui. C’est Lui qui vous a tirés de la terre et vous y a établis. Implorez-Le donc le pardon, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est, en vérité, Proche, Celui qui exauce.” » (Sourate Hûd, 11 : 61)
Ce passage comporte cinq questions. – Premièrement : la parole du Très-Haut : « Et aux Thamûd… » c’est-à-dire : Nous avons envoyé vers les Thamûd. « Leur frère » s’entend de leur frère par la lignée. « Ṣâliḥ ».
Yahyâ b. Waththâb a lu « wa-ilā Thamûdin » en prononçant la tanwîn dans tout le Coran, et il en a été rapporté de même d’al-Ḥasan. Les autres lecteurs divergent : certains déclinent le nom à un endroit et le laissent indécliné à un autre. Abû ʿUbayda prétendit que, n’eût été la graphie canonique, il eût été préférable de ne pas décliner ce nom, l’usage le plus fréquent étant selon lui le féminin.
Al-Naḥḥâs fit cette remarque : « La parole d’Abû ʿUbayda – qu’Allah lui fasse miséricorde – selon laquelle le féminin l’emporterait est irrecevable ; Thamûd peut désigner un clan ou une tribu, mais l’usage dominant n’en fait pas un féminin ; bien au contraire, d’après Sîbawayh. Selon ce dernier, la déclinaison est plus correcte pour les noms que l’on n’emploie pas avec l’expression “Banû Untel”, tels Qurayš, Thaqîf et similaires ; il en est donc de même pour Thamûd. L’explication en est que le masculin constitue la forme originelle ; or, lorsqu’un mot peut être employé au masculin ou au féminin, on privilégie la forme la plus légère. Le féminin reste toutefois parfaitement recevable et élégant. »
Sîbawayh cita comme exemple en faveur du féminin :
« Al-Walîd a surpassé les généreux en libéralité
et il a suffi à Qurayš face aux difficultés, les dominant. »