(Parole du Très-Haut) :
« Et lorsque vint Notre ordre » : c’est-à-dire Notre châtiment destiné à anéantir le peuple de ʿÂd.
« Nous sauvâmes Hûd et ceux qui avaient cru en sa compagnie par une miséricorde émanant de Nous » ; en effet, nul ne peut être sauvé si ce n’est par la miséricorde d’Allâh – Exalté soit-Il –, quand bien même posséderait-il des œuvres pieuses. Dans les Ṣaḥîḥ de Muslim, de al-Bukhârî et d’autres, il est rapporté du Prophète – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – : « L’œuvre de nul d’entre vous ne le sauvera. » Ils dirent : « Pas même toi, ô Messager d’Allâh ? » Il répondit : « Pas même moi, si Allâh ne me couvre pas d’une miséricorde venue de Lui. »
On a dit également que l’expression « par une miséricorde de Notre part » signifie : par le fait que Nous leur avons exposé la guidée, laquelle est en elle-même miséricorde. Ils étaient, d’après une version, quatre mille ; selon une autre, trois mille.
« Nous les sauvâmes d’un châtiment rigoureux » : c’est-à-dire du châtiment du Jour de la Résurrection. D’autres exégètes disent qu’il s’agit du vent stérile, tel qu’Allâh l’évoque dans la sourate « Adh-Dhâriyât » et ailleurs, comme il sera détaillé.
Al-Qushayrî Abû Naṣr a dit : Le châtiment par lequel un Prophète menace sa communauté, lorsqu’il survient, Allâh en préserve le Prophète ainsi que les croyants qui l’accompagnent. Certes, il n’est pas exclu qu’Allâh éprouve un Prophète et son peuple par une calamité générale ; celle-ci sera alors un châtiment pour les mécréants et une purification pour les croyants, tant qu’il ne s’agit pas du châtiment spécifique dont le Prophète les avait menacés.
(Parole du Très-Haut) : « Et telle fut ʿÂd » – sujet et prédicat. Al-Kisâ’î rapporte que certains Arabes ne déclinent pas le nom « ʿÂd », l’employant comme nom du clan.
« Ils renièrent les signes de leur Seigneur » : autrement dit, ils démentirent les miracles et les nièrent.
« Et ils désobéirent à Ses envoyés » : c’est-à-dire à Hûd uniquement, car aucun autre messager ne leur fut dépêché. Un cas analogue se trouve dans la parole d’Allâh : « Ô Messagers ! Mangez des bonnes choses… » (Al-Mu’minûn, 51), qui vise le seul Prophète – paix et bénédictions sur lui – puisqu’aucun autre messager ne vivait alors. Le pluriel est employé parce que celui qui renie un seul messager a, de ce fait, mécru en l’ensemble des messagers.
Il a aussi été dit : ils ont désobéi à Hûd et aux messagers antérieurs ; leur état était tel que, si mille messagers leur avaient été envoyés, ils les auraient tous rejetés.
« Ils suivirent l’ordre de tout tyran obstiné » : autrement dit, les gens de moindre rang suivirent leurs chefs. Le jabbar est l’orgueilleux, et l’ʿanîd le rebelle qui n’accepte pas la vérité et ne s’y soumet pas.
Abû ʿUbayd dit : al-ʿanîd, al-ʿanûd, al-ʿânid et al-muʿânid désignent celui qui s’oppose par contradiction ; de là vient qu’on appelle ʿânid la veine qui se gonfle de sang. Le poète rajaz a dit : « Je suis vieux, je ne supporte plus l’ʿunadâ. »
(Parole du Très-Haut) : « Ils furent, dans cette vie d’ici-bas, suivis d’une malédiction » : c’est-à-dire qu’elle leur fut attachée.
« et (ils le seront) le Jour de la Résurrection » : Ils seront, ce jour-là, poursuivis par la même malédiction. Le propos se conclut sur l’expression « et le Jour de la Résurrection ».
Certes, ʿÂd ont mécru en leur Seigneur.