C’est-à-dire : « Je vous cite à témoignage – non point qu’ils fussent réellement gens dignes de témoigner, mais pour clore la démonstration – afin que vous sachiez
(أَنِّي بَرِيءٌ مِمَّا)
que je me désavoue du culte des idoles que vous adorez.
(فَكِيدُونِي جَمِيعاً)
Alors, ourdissez donc tous contre moi vos complots, vous et vos idoles, pour me nuire et me combattre ;
(ثُمَّ لَا تُنْظِرُونِ)
et ne me faites aucun délai !
Ces paroles, prononcées alors que les ennemis étaient nombreux, attestent la confiance parfaite qu’il plaçait dans le secours d’Allah – Exalté soit-Il. C’est là un signe prophétique que le Messager, seul face à son peuple, puisse leur dire : « Ourdissez donc tous vos complots contre moi ! » De la même façon, le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – s’adressa aux Quraych, et Noé – sur lui la paix – dit : « Réunissez donc votre décision ainsi que vos associés… » (Yûnus, 71).
Parole du Très-Haut :
(إِنِّي تَوَكَّلْتُ عَلَى اللَّهِ رَبِّي وَرَبِّكُمْ)
« Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et le vôtre », c’est-à-dire : je suis satisfait de Son arrêt et certain de Sa victoire.
(مَا مِنْ دَابَّةٍ)
« Nulle créature qui se meut sur la terre » – l’expression est ici au nominatif comme sujet initial –
(إِلَّا هُوَ آخِذٌ بِناصِيَتِها)
« sans qu’Il ne tienne son toupet », c’est-à-dire : Il la dirige comme Il veut, Il l’empêche de ce qu’Il veut, de sorte que vous n’atteindrez pas à me nuire. Toute être animé est appelé dâbb ou dâbba, le hâ’ final soulignant l’intensité.
Al-Farrâ’ dit : « c’est-à-dire : Il en est le Possesseur et le Tout-Puissant. »
Al-Qutaybî : « Il le domine, car celui dont tu tiens le toupet est forcément dominé. »
Ad-Dahhâk : « Il lui donne la vie puis la fait mourir» – les sens sont proches. La nâsiyah est la touffe de cheveux au front. « Nasaotu ar-rajul » signifie : j’ai tiré son toupet en l’étendant.
Ibn Jurayj explique : « Le toupet est mentionné parce que les Arabes l’emploient pour exprimer l’humiliation et la soumission ; ils disent : “Le toupet d’Untel n’est qu’entre les mains d’Untel”, voulant dire qu’il lui obéit et qu’il le mène comme il veut. Lorsqu’ils capturaient un prisonnier qu’ils voulaient ensuite gracier, ils lui coupaient le toupet pour que ce signe manifeste leur supériorité. C’est donc en usant de leur propre langage qu’il leur parle. »
At-Tirmidhî al-Hakîm dit dans ses « Nawâdir al-Uṣûl » à propos de la parole d’Allah : « Nulle créature sans qu’Il ne tienne son toupet » : « Selon nous, le sens est qu’Allah – Très-Haut – a décrété les mesures des actes des serviteurs, qu’Il les a considérées, puis qu’Il a créé Ses créatures. Sa vision a embrassé, avant qu’Il ne les créât, tout ce qu’ils allaient accomplir. Lorsqu’Il les fit exister, Il plaça la lumière de ce regard dans leurs toupets ; cette lumière tient ainsi leurs toupets et les conduit aux actes qui leur ont été prédestinés au Jour des Décrets. »
Allah créa les Décrets cinquante mille ans avant de créer les cieux et la terre, comme le rapporte ʿAbd-Allâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂṣ : « J’ai entendu le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui – dire : “Allah a fixé les Décrets cinquante mille ans avant de créer les cieux et la terre.” » C’est pourquoi